Archive

Archive for the ‘France-Israel’ Category

Israël et Moyen-Orient – Revue des Médias français et israéliens – 22 Octobre 2014

CAFE_PRESSE_LOGO

Le Hamas préparait une attaque terroriste majeure contre Israel. Selon Times of Israel, le Hamas prévoyait d’envoyer 200 terroristes armés pour attaquer des zones civiles en Israël et « infliger des pertes massives» selon un article publié mardi par le magazine américain Vanity Fair.

DPRK2

Israël en France.  L’actualité israélienne est trop faiblement traitée aujourd’hui dans les médias français pour l’objet d’une analyse éditoriale représentative.
Le président Reuven Rivlin. Le Figaro rend compte aujourd’hui de la polémique née de la vente par des Palestiniens de leurs maisons situées dans le quartier de Siwan à Jérusalem Est à des nationalistes israéliens. Des achats qui, selon Cyrille Louis, compliqueraient « un peu plus un éventuel partage de la ville en cas d’accord de paix ». Bien que souvent présenté en France comme nationaliste, le président Reuven Rivlin, a tenu à mettre en garde contre ses agissements : «Jérusalem ne peut pas devenir une ville dans laquelle les constructions se déroulent secrètement, et où les gens se glissent dans des appartements à la faveur de la nuit.»

Moyen Orient.
Lutte contre les terroristes de l’EI.

Le 1er Ministre irakien se rend cette semaine en Iran pour, selon le quai d’Orsay » obtenir une coopération plus importante du gouvernement iranien lui aussi dirigée par des Chiites ». Selon un diplomate français cité aussi par le Canard enchainé, « Washington et Téhéran se rapprochent grâce aux djihadistes ».
Téhéran arme les kurdes et aurait envoyé des conseillers militaires en Irak (Brève le Parisien). G. Malbrunot du Figaro avertit que les djihadistes de l’EI  viennent d’attaquer  une ville proche de l’Iran…
L’EI voudrait ouvrir un nouveau front au Liban et en Jordanie selon le gouvernement libanais (Canard enchainé)
Contexte Proche et Moyen – Orient.

Les médias israéliens se font aujourd’hui largement l’écho de la baisse du pouvoir d’achat ainsi que des rumeurs d’élections démenties par le 1er Ministre Netanyahou.

 

Vie quotidienne en Israel.

Hausse des denrées de bases. Selon une enquête réalisé par le média britannique The Marker, le prix des aliments casher serait deux fois plus élevé en Israël qu’en Grande-Bretagne.

Cette information dont le Haaretz se fait l’écho s’inscrit dans les multiples formes de la contestation sociale contre la vie chère et l’appel à l’exil des israéliens de Berlin. Un appel vivement dénoncé en Israel y compris par le parti de Yesh Atid de Yair Lapid qui est parvenu au pouvoir au nom de la lutte contre la vie chère en Israel.

Kahlon : Mon parti permettra de lutter contre le coût de la vie croissant en Israël.  « le coût de la vie n’est pas une fatalité ou un décret du ciel, », a déclaré l’ancien ministre du Likoud Moshe Kahlon à Israel Ayom. L’ancien Ministre Moshe Kahlon qui aurait l’intention de lancer un nouveau parti politique, a déclaré lundi que sa première priorité serait la lutte contre la montée du coût de la vie en Israël.

Netanyahou: La dernière chose dont nous avons besoin maintenant, c’est une élection.  Selon les médias israéliens, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a tenu mercredi matin une réunion  avec les chefs des autres partis de la coalition dans le but de désamorcer les tensions et de stabiliser son gouvernement.
Le mouvement intervient après une série d’affrontement partisans, suscités entre autres par l’abandon d’un projet de réforme de la politique de conversion religieuse.

Processus de paix.

Livni, Lapid unissent leurs forces pour faire avancer la reprise des pourparlers de paix avec les Palestiniens. Selon le Yediot, la Ministre de la justice Tzipi Livni et le ministre des Finances Yair Lapid uniront leurs forces pour former un front commun diplomatique pour faire avancer le processus de paix.
«Dès la semaine prochaine, à la Knesset nous formerons un seul bloc, 25 mandats » en faveur d’un arrangement diplomatique avec les Palestiniens a déclaré en substance Tzipi Livni.

לפיד ולבני ישתפו פעולה במטרה לקדם תהליך מדיני  (צילום: אלי מנדלבאום, גיל יוחנן)

Le Hamas préparait une attaque terroriste majeure contre Israel. Selon Times of Israel, le Hamas prévoyait d’envoyer 200 terroristes armés pour attaquer des zones civiles en Israël et « infliger des pertes massives» selon un article publié mardi par le magazine américain Vanity Fair.
Une attaque via les tunnels. Il s’agirait, selon le porte-parole de Tsahal, Peter Lerner, d’un plan coordonné, qui visait à attaquer par surprise, via les tunnels,  plusieurs endroits en Israël de manière simultanée  lors de la fête de Rosh Hashana. L’action israélienne dans la bande de Gaza a permis entre autres d’empêcher cette vague d’attentats terroristes du Hamas sans précédent contre des civils israéliens.

Un soldat dans un tunnel à Gaza (Crédit : IDF Spokesperson/FLASH90)

Sans Transitions. Economie et High Tech.
Un contrat de 85 millions de dollars pour ELBIT.  Selon Globes, Elbit Systems (ESLT) a annoncé aujourd’hui la signature d’un contrat avec un pays asiatique non communiqué pour un montant total d’environ 85 millions de dollars. Le contrat comprendrait entre autre une mise à niveau des avion de chasse F-5.

northrop_f5e

 

 Service de Presse

Service de Presse

Publicités

L’Ambassadeur d’Israël en France: “LE HAMAS TENTE PAR TOUS LES MOYENS DE S’IMPOSER COMME UN INTERLOCUTEUR”

Paris Match, le 14 Aout 2014

Paris Match

 

Alors que la trêve conclue le 8 août a failli voler en éclats et que des pourparlers entre Israël et le Hamas sont en cours au Caire, l’ambassadeur d’Israël en France, Yossi Gal, répond aux questions de Paris Match.

 

Paris Match. Une nouvelle trêve de trois jours a été acceptée le 11 août au matin, la 8ème depuis le début de l’opération, croyez-vous que celle-ci puisse amener la paix ?
Yossi Gal. Israël avait répondu à nouveau favorablement à l’appel de l’Egypte, demandant de prolonger de 72 heures le cessez-le-feu que le Hamas et le Djihad islamique avaient refusé une première fois. En n’acceptant pas, à plusieurs reprises, l’instauration de la trêve, le Hamas a révélé une fois de plus son identité terroriste et son irresponsabilité politique. Le Hamas tente par tous les moyens de s’imposer comme un interlocuteur politique, ne se souciant guère du sort des Palestiniens et ignorant les conditions posées par la communauté internationale : la reconnaissance d’Israël, la renonciation à la violence et la reconnaissance des accords conclus dans le passé entre Israël et l’OLP. Israël veut la paix et veut mettre un terme à ce cycle de violence initié par le Hamas.  A nos yeux le bien-être de la population de Gaza est intimement lié à la sécurité d’Israël. Aujourd’hui la communauté internationale a pris conscience que pour assurer la reconstruction de la bande de Gaza et son développement, il est impératif de désarmer les organisations terroristes et de garantir que l’aide internationale soit utilisée d’une manière appropriée.

Vous vous êtes ému de l’emploi par notre magazine du terme de ville martyre se rapportant à Gaza, pourquoi ?
Parce que vous avez déformé le sens de ville martyre, un événement tragique dans l’imaginaire collectif français, et occulté les méthodes utilisées par le Hamas, une organisation terroriste et cynique. Ce n’est que lorsque les journalistes ont quitté la bande de Gaza, hors de portée de la menace du Hamas, que des preuves ont pu être présentées à l’opinion publique, révélant ainsi la façon dont le Hamas tire ses missiles depuis des zones résidentielles, à forte population, y compris à partir d’écoles, d’hôpitaux, de mosquées et de bâtiments des Nations-Unies. Les reportages diffusés sur  France 24 ou la chaine de télé indienne NDTV, exemples parmi d’autres, démontrent comment le Hamas assemble et lance des roquettes depuis des zones densément peuplées à Gaza.

Le Hamas, d’une manière délibérée, rend quasiment impossible la distinction entre terroristes et simples civils non impliqués dans les combats, comme en témoigne le photographe du journal “New York Times”, Tyler Hycks : “Les combattants ne portent pas d’uniformes. Si un blessé arrive à l’hôpital, il est impossible de savoir s’il s’agit d’un simple commerçant ou d’une personne qui vient juste de lancer des roquettes sur Israël.” A trois reprises, l’UNWRA a vivement dénoncé le stockage  de roquettes par le Hamas,  dans ses établissements scolaires.

 “LE NOMBRE D’HOMMES CIVILS TUÉS DANS LES COMBATS EST PLUS DE TROIS FOIS SUPÉRIEUR AU NOMBRE DE FEMMES”

Les médias internationaux ont soulevé de sérieuses interrogations concernant le nombre de victimes civiles palestiniennes publié par les Nations Unies. Le responsable des statistiques à la BBC, Anthony Reuben, se référant aux données du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Droits de l’Homme, a constaté que le nombre d’hommes civils tués dans les combats est plus de trois fois supérieur au nombre de femmes. “Si les attaques israéliennes ont été menées sans discernement … il est difficile de comprendre pourquoi plus d’hommes que de femmes civiles ont été tués,” note Reuben dans son article du 8 août. L’analyse du “New York Times” rejoint ce même raisonnement.

“L’EMPLOI DU TERME VILLE-MARTYRE EST DÉPLACÉ ET INDUIT À UNE COMPRÉHENSION ERRONÉE DES FAITS”

Il faut aussi savoir que le Hamas a piégé de nombreuses maisons palestiniennes provoquant la mort de Gazaouïs qui rentraient chez eux après avoir fui les zones de combat. En outre, plus de 100 roquettes tirées sur Israël se sont abattues accidentellement sur le sol palestinien, provoquant de nombreuses victimes. Voilà pourquoi je m’insurge contre l’emploi du terme ville-martyre. Cette association à la ville-martyre française, dont le récit horrible est ancré dans la mémoire collective, est déplacée et induit à une compréhension erronée des faits.

Pour lire la suite:

 http://www.parismatch.com/Actu/International/Le-Hamas-tente-par-tous-les-moyens-de-s-imposer-comme-un-interlocuteur-Yossi-Gal-580604

Des milliers de personnes aux obsèques d’un soldat franco-israélien tué à Gaza

22 juillet 2014 (AFP)

 

גורדון

 

 

Plus de 6.000 personnes ont assisté mardi au cimetière d’Ashkelon (sud d’Israël) aux funérailles de Jordan Bensemoun, 22 ans, un soldat franco-israélien, tué lundi à Gaza, a constaté un journaliste de l’AFP.

« Le choix de vie de Jordan était une leçon de sionisme », a déclaré l’ancien ministre de la Défense Shaoul Mofaz qui a prononcé un éloge funèbre, en partie couvert par le bruit des drones qui survolent Gaza et celui des explosions au loin.

Le défunt, qui avait immigré de Lyon en Israël à l’âge de 16 ans, et qui faisait partie de l’unité d’élite Egoz, a été accompagné à sa dernière demeure par de nombreux franco-israéliens touchés par la nouvelle.

« Je ne le connaissais pas personnellement mais j’ai senti que je devais venir lui rendre hommage car je me sens proche de lui », confie à l’AFP, Laura, une jeune fille franco-israélienne habitant la ville voisine d’Ashdod.

Comme elle, des milliers de personnes venues de tout le pays, certains dans des bus organisés par des associations francophones se sont joints au cortège funéraire.

« Tu seras pour nous l’exemple de la force du lien qui unit les juifs de la diaspora à Israël », a ajouté M. Mofaz cédant en suite la parole au père de la victime, qui a récité la prière des morts de la liturgie juive.

Des soldats ont ensuite tiré trois salves comme c’est la tradition dans les enterrements militaires.

Avant que l’enterrement ne commence, un responsable de la Défense passive a rappelé les consignes de sécurité aux participants en cas de tir de roquette, Ashkélon étant quotidiennement ciblée par des tirs de projectiles palestiniens.

Deux autre soldats franco-israéliens ont été blessés dans les combats à Gaza et sont toujours hospitalisés. Neuf autres soldats israéliens tués dans la bande de Gaza ont été enterrés mardi en Israël.

 

Catégories :France-Israel, Presse française Étiquettes : , , , , ,

Barnéa Hassid, Consul général d’Israël en France : «Le Hamas s’est servi des civils comme protection»

LaDepeche.fr, le 22 Juillet 2014

Recueilli par Enzo Diaz

Actualités

Comment analysez-vous l’invasion terrestre de Gaza par Israël ?

On se trouve dans une situation où on fait face à une organisation terroriste dans la bande de Gaza qui attaque la société civile israélienne impunément. Nous avons essayé de ne pas nous laisser entraîner dans un conflit militaire. Nous avons privilégié une solution diplomatique au départ, mais à partir du moment où le Hamas a fait usage de la force avec l’envoi de roquettes sur la population civile israélienne, la situation exigeait une réaction.

Cette réponse de Tsahal et l’offensive de jeudi dernier vous paraît-elle justifiée ?

Cette offensive est menée justement dans le but même de démanteler l’arsenal du Hamas contre Israël. La société civile israélienne se rend compte désormais horrifiée de ce que préparait le Hamas pour Israël avec un arsenal de guerre meurtrier. Ce mouvement n’est pas pour la paix. Il cherche à créer du chaos.

L’attaque sur Chadjaya, au cours de laquelle de nombreux civils palestiniens sont morts, a choqué l’opinion ?

D’abord, il faut signaler que cette opération a été annoncée plusieurs jours auparavant aux civils palestiniens par message portable. Aucune armée dans le monde n’annonce ses intentions de cette manière avant d’attaquer. Malheureusement, le Hamas s’est servi des civils comme une protection. Une protection pour enflammer l’opinion publique mondiale. Le Hamas a forcé les civils palestiniens à rester sur place. Malgré tous nos efforts. On ne peut pas nous empêcher de défendre notre société civile. Le Hamas est seul responsable de ce qu’il s’est passé à Chadjaya. Les civils sont otages des agissements du Hamas. Ils mènent une politique de la mort, ils ne sont pas pour une solution de deux États, pour deux peuples comme peut l’être l’Autorité palestinienne.

Pour lire la suite de l’interview:

http://www.ladepeche.fr/article/2014/07/22/1922619-barnea-hassid-consul-general-israel-france-hamas-est-servi-civils.html

Catégories :France-Israel, Presse française Étiquettes : , ,

72e anniversaire de la rafle du Vél’ d’Hiv – Discours du Premier ministre Manuel VALLS

Paris, dimanche 20 juillet 2014. Discours du Premier ministre pour la Cérémonie commémorative à la Mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l’Etat français (Vel d’Hiv)
Mesdames, messieurs les ministres,
Monsieur le président de l’Assemblée nationale,
Mesdames, messieurs les parlementaires,
Madame la maire de Paris,
Messieurs les présidents du CRIF et du Consistoire Central israélite de France,
Monsieur le Grand rabbin,
Mesdames, messieurs,L’honneur d’une nation, sa grandeur c’est de reconnaître ce qui, un jour, a fait son
déshonneur. Le déshonneur de la France, ce lieu en porte la cicatrice béante, c’est d’avoir
été complice de l’occupant, en envoyant vers une mort certaine des femmes, des hommes,
des enfants, parce qu’ils étaient juifs.

C’est cette horreur, ce déshonneur que nous regardons aujourd’hui en face, comme nous
le faisons depuis 1993 et l’instauration d’une journée nationale commémorative. Et c’est
l’honneur de la France d’assumer son histoire, de se rassembler dans le souvenir des
disparus pour transmettre la mémoire de la Shoah, cette destruction des Juifs qui porta
atteinte à l’essence même de ce qu’est l’humanité.

Et comment ici ne pas repenser aux larmes des enfants arrêtés, qui ne comprenaient pas
ce que leur voulaient les « grands » ? Comment ne pas imaginer la terreur des adultes
parqués, qui pressentaient le sort qui leur était réservé ? Lieu de larmes, de terreur, lieu
de départs vers la mort, tel fut le Vélodrome d’Hiver en ce mois de juillet 1942, il y a 72
ans.

Pendant longtemps, la réalité de l’extermination des Juifs de France a été tue, l’époque de
l’après-guerre était à l’indifférence. Sous une chape de plomb, on a remisé les mémoires.
On a voulu oublier les morts des camps. On a invité les survivants au silence. La France
ne voulait ni voir, ni savoir. Sans doute pensait-elle que pour se reconstruire, il fallait
tirer un trait sur le passé.

C’est seulement 30 ans plus tard, à l’initiative notamment de Serge et Béate KLARSFELD
– que le président de la République honorera cet après-midi – que les consciences ont
commencé à s’éveiller. La France a pu, pas à pas, prendre la juste mesure de ce qui s’était
passé. Et nous devons être profondément reconnaissants envers le président Jacques
CHIRAC qui, en 1995, a eu enfin le courage de nous libérer de nous-mêmes en établissant
la vérité. Oui, les 16 et 17 juillet 1942, la France s’est compromise. C’est elle, et elle seule,
ici, qui a commis l’irréparable. Le président François HOLLANDE, il y a deux ans, pour le
70ème anniversaire de la rafle du Vel d’Hiv, a su trouver, lui aussi, les mots justes et forts
pour lever les incompréhensions de notre passé. Ces mots, ceux de deux présidents de la
République devraient être écrits à la place de ceux qui sont inscrits sur cette stèle.

La rafle du Vel d’Hiv ne fut pas la première ni la dernière rafle, mais elle fut la plus
massive, la plus méthodique, par le nombre de personnes arrêtées, par le dispositif mis en
place et surtout par cette décision, pour la première fois, d’arrêter les femmes et les
enfants, tous les enfants, même les nourrissons.

Depuis la France, entre 1940 et 1944, à la demande des autorités nazies, 76 000 juifs
français ou étrangers dont 11.000 enfants ont été déportés. Sur ces 76 000, seuls 2 000
rentreront. Ce bilan effroyable met nos consciences face à un terrible gouffre, celui de ces
74 000 absents, et face à une terrible question : comment la France, terre d’accueil et de
refuge pour les Juifs, pays de leur émancipation qui fit d’eux de citoyens à part entière, a-t-elle pu devenir, en si peu de temps, ce territoire hostile ?

Pour en arriver là, il a fallu le déchainement de la haine. Il a fallu que les morsures de la
barbarie l’emportent sur les valeurs universelles. Il a fallu le naufrage d’une classe
politique qui crut trouver son salut dans la collaboration. Elle fut une déroute morale, un
reniement, une ignominie.

Oui, la France était à Vichy. Et elle était à Paris. Là, des gens, des personnages hargneux,
animés des pires préjugés théorisaient la supériorité de certains Hommes sur d’autres
Hommes, et appelaient à la « haine du juif ». Ils croyaient en une patrie pure, purifiée,
fantasmée, en la prétendue nécessité de la régénérer et de chasser les ennemis qui se
cachaient en son sein. Mais, au milieu de l’horreur il y eut la dignité. Au milieu du
déshonneur, il y eut la grandeur.

Car la France elle était aussi à Londres incarnée par DE GAULLE. Elle était en Outre-Mer.
Elle s’était surtout abritée dans les coeurs des résistants, dans les coeurs des Justes, de ces femmes, de ces hommes qui, sans même hésiter – nous venons de l’entendre –, au péril de leur propre vie, s’exposèrent à tous les risques. Par leurs gestes anonymes, multipliés
dans chaque recoin de la France, leurs gestes tout à la fois simples et héroïques, des milliers de vies ont pu être sauvées.

Et ces gestes anonymes, il faut nous les représenter : l’image d’une main qui conduit un
juif vers une cache, l’image de ces femmes ou de ces hommes qui ne dénoncent pas leurs
protégés, même sous la menace d’un officier nazi, l’image de ces enfants confiés avec
déchirement à des familles, à des instituteurs, à des curés, à des bonnes soeurs pour qu’ils puissent survivre.

On trouve caché dans un joli livre de Pauline DE PANGE ces mots qui résument au fond
tout le sens de ce que nous faisons aujourd’hui, des mots qui devraient en permanence
nous inspirer. Pauline DE PANGE disait : « je dédie ces images à mes petits-enfants afin qu’ils se rendent compte de l’accélération de l’histoire, et qu’ils apprennent à mieux discerner dans les incertitudes actuelles ce qui se passe et ce qui est éternel ».

Dans le flot des événements, dans ce monde où tout va désormais beaucoup trop vite et
où plus rien n’est remis en perspective, c’est au fond cela le message des Justes. Même si
les repères vacillent, nous devons toujours savoir distinguer ce qui passe de ce qui est
éternel ; et ce qui est éternel ce sont nos valeurs et nos principes.

C’est grâce aux Justes, aux résistants, aux combattants de la France libre, à ces
parlementaires trop peu nombreux qui refusèrent de saborder la République, mais aussi à
tous ces héros inconnus – il y en eut dans l’administration, la police ou la gendarmerie –
que notre idéal est resté intact, qu’il a pu renaître. Nous avons le devoir d’être à la
hauteur de leur combat, à la hauteur de leur sacrifice.

Et être à la hauteur, c’est d’abord veiller scrupuleusement à ce que la réalité historique de
la Shoah ne soit jamais contestée par ces professionnels du mensonge. C’est veiller
également à ce qu’elle ne soit pas relativisée ou livrée aux mains coupables de ceux qui la
caricaturent, la banalisent, en font le sujet de plaisanteries infâmes. Rire ainsi de la Shoah,
c’est insulter les morts, c’est insulter les survivants et c’est donc insulter la France. Et ne
rien faire face à ces insultes qui salissent les mémoires serait une faiblesse impardonnable.

Etre à la hauteur, c’est transmettre inlassablement – et en particulier aux jeunes
générations – le souvenir de ce que fut la barbarie nazie. Aux six millions de Juifs
assassinés s’ajoutent des millions d’autres victimes. En France, des résistants, des francs-maçons, des religieux, des Tziganes, des homosexuels ont été déportés. Cette vérité doit
être également dite, rappelée, martelée, sans cesse.

Dans un monde fait d’un trop plein d’images, la mémoire est souvent fragile et elle
réclame donc notre part de volontarisme, et je dirais même d’abnégation pour qu’elle vive
pleinement et soit mise au service de notre présent. Et c’est bien sûr, en premier lieu, à
l’école de la République de transmettre, d’enseigner, d’éveiller les consciences sans que
personne ne mette d’obstacle sur sa route. Jamais, dans aucune classe, la Shoah ne devrait et ne doit faire débat. Elle doit être enseignée comme toute vérité historique incontestable.

Nous avons pour cela des lieux : le Mémorial de la Shoah, le Mémorial de Drancy ou le
camp des Milles à Aix-en-Provence. Ces lieux appartiennent à chacun d’entre nous. Ils
sont ouverts sur notre époque. Avec pédagogie, exigence, vigilance, ils rappellent quelles
sont les valeurs de respect, de tolérance, de refus des fanatismes que nous devons
défendre et promouvoir.

Etre à la hauteur, c’est enfin lutter sans relâche contre l’antisémitisme sous toutes ses
formes. A l’antisémitisme « historique », « traditionnel », cette vieille maladie de l’Europe
qui, de siècle en siècle, a prospéré jusqu’à conduire à Sobibor, Treblinka, Belzec ou à
Auschwitz, s’ajoute un antisémitisme d’une forme nouvelle qu’il est hors de question de
nier ou de cacher, et qu’il faut regarder en face. Il se répand sur internet, sur les réseaux
sociaux, il se répand aussi dans nos quartiers populaires, auprès d’une jeunesse souvent
sans repères, sans conscience de l’histoire et qui cache sa « haine du Juif » derrière un
antisionisme de façade et derrière la haine de l’Etat d’Israël.

Cette confluence entre les antisémitismes nous commande d’agir sans la moindre
hésitation, car l’évidence est là sous nos yeux. Il n’y a pas à tergiverser, analyser, à
débattre. Il nous faut d’abord agir, éduquer, rappeler, partager mais aussi sévir et, si
nécessaire, interdire au nom même de l’ordre républicain, de l’autorité nécessaire pour
rappeler nos valeurs.

Ce qui s’est passé hier encore à Paris, des débordements inacceptables, justifie d’autant
plus le choix qui a été fait, avec courage, par le ministre de l’Intérieur, d’interdire une
manifestation. La France ne laissera pas les esprits provocateurs alimenter je ne sais quel
conflit entre les communautés. Ce n’est pas cela, la France. La France, c’est la République.

Et la France ce sont des valeurs, qui sont des valeurs plus que jamais universelles.

La lutte contre l’antisémitisme, ce n’est pas seulement le combat des Juifs, c’est le combat
de chacun d’entre nous, de toute une nation. Et aujourd’hui tout particulièrement, j’en
appelle à notre responsabilité collective, celle de tous les responsables politiques, mais
aussi celle de tous nos compatriotes. Et j’en appelle à un véritable sursaut de la société.
Oui, c’est une cause nationale.

Je sais, je sais les craintes, l’angoisse des Juifs de France, je connais leurs perplexités qui
sont devenues une douleur quotidienne. Après le meurtre d’Ilan HALIMI, après les
crimes de Toulouse, après les attaques, les profanations, les violences, les insultes, ils
regardent leur pays, leur propre pays, la France, en s’interrogeant. Ils se demandent si
l’Histoire n’est pas sur le point de se répéter, arrivant même, pour beaucoup, à nourrir le
projet de partir, et pour d’autres à le réaliser. Ils attendent alors de l’Etat, de ses plus
hautes autorités, d’être rassurés et protégés.

Ce qui s’est passé dimanche dernier, dans les rues de Paris, sont des faits d’une extrême
gravité. Rue des Tournelles, dans ce quartier qui fut le lieu des rafles et des arrestations, et rue de la Roquette, à deux pas du gymnase Japy, qui fut un premier lieu de rassemblement avant le Vél’ d’Hiv’, on a entendu : « Mort aux Juifs ». Une fois de plus, une fois de trop ! On s’en est pris, à nouveau, à des synagogues, pas seulement avec des mots, mais avec des gestes, avec la volonté de s’attaquer à ce qu’est une synagogue, c’est-à- dire un lieu de paix, en voulant, au fond, au nom d’un conflit qui a lieu à des milliers de kilomètres, mettre de nouveau les Juifs hors de notre territoire national. Mais nos synagogues, comme nos églises, nos temples, nos mosquées, ce sont notre patrimoine commun, ce sont des parties indivisibles de la France, protégées par notre idéal de laïcité.

Du haut de cette tribune, dans ce lieu dont je mesure le poids qu’il donne à mes mots, et
dans ces circonstances lourdes, je veux inviter les Juifs de France à avoir confiance en leur
pays, en sa détermination à ne jamais céder. Ici, après le chaos, la communauté juive de
France a su se reconstruire, relever la tête, et aller de l’avant. Elle a su briller à nouveau,
au coeur de la diaspora. Les Juifs de France, les Français juifs, sont d’abord la France. Et
sans eux, la France ne serait plus elle-même.

Et la France, c’est la République, qui protège toutes les confessions, tous les citoyens,
quelle que soit leur origine ou leur croyance. Et c’est ce message qui doit plus que jamais
nous rassembler.

Dans ce lieu de souffrances, regardant notre histoire, ensemble, avec lucidité, nous
l’affirmons : s’en prendre à un Juif parce qu’il est juif, c’est s’attaquer à la France. Et parce
qu’elle sait le déshonneur de ne pas veiller sur ses enfants, parce qu’elle se souvient, la
France répondra avec la plus grande force, la plus grande intransigeance, en tous lieux, et
toujours.

Vive la République, et vive la France !

Catégories :Divers, France-Israel Étiquettes : , , , ,

Bienvenue en Israël aux 430 olim français !

Paru sur The Times of Israel, le 17 Juillet 2014

 

Arrivée des Juifs de France entourés de Natan Sharansky (Crédit : David Salem)

« Votre alyah est la meilleure réponse aux ‘roquettes’ de nos ennemis », affirme le président de l’Agence juive Natan Sharansky

Quelque 430 immigrants venus de France ont atterri en Israël mercredi soir au milieu des tirs de roquettes sur leur nouveau pays d’accueil.

Deux vols charters organisés par l’Agence juive pour Israël et par le ministère de l’Alyah et de l’Intégration ont atterri mercredi soir à l’aéroport Ben Gourion, et les nouveaux immigrants, pour la plupart de Paris et de sa banlieue, ont été accueillis lors d’une cérémonie spéciale. Parmi les olim, 18 bébés et 195 enfants et adolescents.

« Votre alyah est la meilleure réponse aux roquettes de nos ennemis », a déclaré le président de l’Agence Juive Natan Sharansky lors de la cérémonie. « Bienvenue dans la famille. »

http://fr.timesofisrael.com/bienvenue-en-israel-aux-430-olim-francais/

Gaza-Paris/Bernard-Henri Lévy

le 15 Juillet 2014
En ligne !

 

Ainsi donc il s’est trouvé des milliers d’hommes et de femmes pour, ce dimanche, à Paris, sous couvert de « défense de la Palestine », s’en prendre à nouveau aux juifs.

A ces imbéciles doublés de salopards, ou l’inverse, on rappellera, à toutes fins utiles, que confondre juifs et Israéliens dans une même réprobation est le principe même d’un antisémitisme qui, en France, est puni par la loi.

On rappellera qu’aucune indignation, aucune solidarité avec quelque cause que ce soit ne saurait, je ne dis même pas autoriser, mais excuser, ce geste virtuellement pogromiste qu’est la tentative d’intrusion, par la violence, dans une synagogue.

A ces salopards doublés d’imbéciles, ou l’inverse, on redira que se rassembler derrière des Qassam en carton-pâte censés reproduire les obus tirés, à l’aveugle, sur les femmes, les enfants, les vieillards, bref, les civils d’Israël, n’est pas un acte anodin mais un geste de soutien à une entreprise terroriste.

http://laregledujeu.org/bhl/2014/07/15/gaza-paris/

Catégories :France-Israel Étiquettes : , , , , ,
%d blogueurs aiment cette page :