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Tel Aviv, la capitale homosexuelle du Moyen-Orient

Paru dans Le Monde, le 8 Juin 2012 

 

Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont défilé, vendredi 8 juin, dans les rues de Tel Aviv pour participer à la 14e Gay Pride organisée dans cette ville balnéaire israélienne. Après une semaine dédiée à la "culture gay", rythmée notamment par le concert de Madonna – lors duquel elle a par ailleurs représenté Marine Le Pen avec une croix gammée - les festivités continuent : parades, danseurs et drag queens ont succédé aux discours de différentes personnalités politiques, telles que Dan Shapiro, l’ambassadeur américain en Israël, Ron Huldai, le maire de Tel Aviv, mais aussi Sheli Yacimovich, leader du parti Labor, ou Nitzan Horowitz (Meretz), qui a déjà révélé publiquement son homosexualité.

Depuis une dizaine d’années, Tel Aviv s’est construite comme une ville au statut unique au sein d’Israël, une sorte de capitale homosexuelle très influencée par la culture occidentale, avec ses boîtes de nuit, ses bars "gay-friendly" et sa vie associative gay très développée. Une ville très tendance qui rappelle l’Europe, avec le soleil en plus, et élue meilleure destination touristique de 2011 par le site américain GayCities.com (largement devant New York et Toronto). "Tel Aviv est une exception dans la région, par rapport à ses voisins arabes, mais aussi au sein d’Israël, explique Sébastien Boussois, spécialiste de la question israélo-palestinienne et collaborateur à l’Université libre de Bruxelles. Elle s’est construite comme l’antithèse de Jérusalem, située à pourtant quelque 45-50 km seulement, où les juifs orthodoxes empêchent la tenue d’une Gay Pride depuis de nombreuses années."

Le surnom de la ville, "La Bulle", n’est d’ailleurs pas anodin. Cette expression a été créée par la droite israélienne pour pointer du doigt son évolution différenciée par rapport au reste du pays. Une expression négative pour dénoncer son autarcie et la corruption morale d’un mode de vie à l’occidentale qu’ils rejettent. Mais ce surnom a très vite été repris par la communauté homosexuelle, à l’exemple du titre du film réalisé en 2002 par le réalisateur israélien Eytan Fox, The Bubble, qui raconte l’histoire d’un amour impossible entre un Israélien et un Palestinien à Tel Aviv.

DANS L’ARMÉE, MIEUX VAUT UN GAY ASSUMÉ

Si le gouvernement israélien n’a décriminalisé l’homosexualité qu’en 1988, six ans après la France, les homosexuels israéliens ont acquis de nombreux droits en très peu d’années. En plus de la reconnaissance des mariages homosexuels contractés en dehors du pays et de la légalisation des adoptions par des couples de même sexe, il existe de nombreux autres exemples de lois destinées à faire avancer les droits des homosexuels, comme l’adoption d’une politique anti-discriminatoire au sein de l’armée israélienne dès 1993.

A la même époque, les Etats Unis mettaient en place la loi "Don’t ask, don’t tell" ["Ne demandez pas, n'en parlez pas"], qui interdisait d’évoquer l’orientation sexuelle des recrues militaires, et qui a été annulée il y a seulement un an. Au contraire, depuis dix ans, l’armée israélienne a vécu "un véritable revirement : la franchise quant à l’orientation sexuelle est désormais encouragée par l’état-major, pour qui un gay assumé met moins son unité en danger"comme l’explique ce reportage du magazine Têtu réalisé en avril 2012.

Pour Sébastien Boussois, cette libéralisation des mœurs s’explique par le fait qu’Israël a toujours été "une terre de passage, un refuge avec une très grande influence extérieure et une importante connexion avec l’Europe, qui a toujours accueilli une grande diversité de nationalités et d’identités". Mais il s’agit de bien différencier les pratiques propres au "Milieu", c’est-à-dire la communauté homosexuelle très libérée, qui se revendique et s’affiche à Tel Aviv. "Le ‘Milieu’ ne représente qu’environ 10 % des homosexuels. Seul ce qui est assumé est visible", nuance Sébastien Boussois. La grande majorité des homosexuels subissent une forte pression sociale. "C’est facile d’assumer son homosexualité quand on est issu d’un milieu progressiste de juifs ashkénazes, mais c’est plus difficile pour les séfarades de Jérusalem", rappelle le chercheur.

 UNE "GÉNÉRATION DU MUR" GAY-FRIENDLY

Cette problématique a récemment été illustrée dans le film de Haim Tabakman sorti en 2009, Eyes Wide Open [Tu n'aimeras point, en français], dans lequel,pour reprendre les mots de Jean-Luc Douin"un homme marié et père de quatre enfants tombe amoureux d’un jeune et bel étudiant. L’aîné est boucher, l’autre devient son apprenti. Ils sont religieux l’un et l’autre, et les collègues de synagogue menacent de faire savoir à tout le quartier que la viande de ces gars-là n’est pas casher".

Dans une tribune publiée jeudi sur le site du quotidien israélien Haaretz, le chanteur de hip-hop Y-Love, converti au judaïsme ultra-orthodoxe en 2000, raconte la manière dont il a vécu la découverte de son homosexualité, secrètement, et acceptant les rendez-vous et vacances avec des femmes organisés par la communauté. Mais depuis son "coming-out", il y a quelques semaines, il a été étonné par l’ouverture avec laquelle il a été accueilli par son public, gagnant trois fans homosexuels à chaque fois qu’il en perdait un désapprouvant son orientation sexuelle.

Il dessine également les contours d’une "génération du Mur" en Israël, comparable à celle des pionniers homosexuels de New York en 1969. "Pour la première fois, même des adolescents orthodoxes ont accès à des refuges soutenant les LGBT[lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres], à des groupes de soutien et à des alliés. Et les voix anti-gay sont en train d’être marginalisées par une culture qui n’est plus nourrie par la bigoterie", écrit-il.

La question est de savoir si le virement religieux qu’est en train de vivre Israël risque ou non de rogner ces droits acquis au cours des vingt dernières années. Pour Sébastien Boussois, le pays est "en train de vivre une époque transitoire, à un moment où Benyamin Netanyahou ne peut se séparer des religieux pour diriger le pays, mais malgré les tensions sociales des derniers mois, les droits des homosexuels ne devraient pas être remis en cause".

Israël et Moyen-Orient dans les Médias français: Analyse quotidienne- 17 Février 2012


 Contexte général et international.  Le début du Duel Sarkozy- Hollande.  L’actualité française est dominée par les attaques et petites phrases entre les deux principaux candidats en campagne qui se répondent par médias et meeting interposés. Au niveau international, l’intensification de la répression en Syrie malgré l’opposition non contraignante de 137 pays à l’ONU et l’état des libertés d’opinion et d’expression en Russie font l’objet d’une attention particulière.  

Israël en France. La couverture de l’actualité israélienne est aujourd’hui trop faible pour être traité d’un point de vue éditorial représentatif. A Noter.  Le danger israélien selon Hubert Védrine.  L’alerte éditoriale lancée hier aux medias français dans le point presse n’a visiblement pas ému l’ancien Ministre des affaires étrangères. Au contraire, Hubert Védrine met avant une ligne éditoriale sous jacente parfois dans la presse française.

Qui est le plus dangereux ? Un Iran nucléaire ou les conséquences d’une attaque israélienne ? Dans sa chronique hebdomadaire sur France culture, Hubert Védrine a présenté une  éventuelle « action unilatérale » militaire israélienne contre les installations nucléaires iraniennes, « en dehors de toute résolution de l’ONU », insiste t’il,  comme tout aussi voir plus dangereuse que l’accession à l’arme atomique de l’Iran. Qualifiant les décisions israéliennes « d’incontrôlables »,  Hubert Védrine  a déclaré que selon lui la question n’était plus de savoir si Israel allait attaquer l’Iran, mais de savoir quand.

Il faut rappeler que la diplomatie française est première ligne sur le dossier iranien, aux cotés des USA et d’Israel, de la Ligue arabe et de l’ensemble de la communauté internationale.   Au niveau militaire, la coopération entre le Royaume Uni, les USA, Israel, certains pays arabes mais aussi la France sont aussi du domaine public aujourd’hui.

Moyen-Orient. Syrie.   Le massacre continu en Syrie malgré la  résolution de l’ONU. Comme annoncée sur France info mercredi, Alain Juppé a défendu en vain  jeudi son projet de couloir humanitaire à l’ONU. Le Figaro le constate  aujourd’hui, comme prévu, Moscou demeure inflexible sur la Syrie. Sur 193 pays membres de l’Assemblée, 137 ont voté en faveur du texte, 17 se sont abstenus  et 12 ont voté contre ; parmi eux la Russie, la Chine, Cuba, l’Iran, la Corée du Nord…

Les sujets non traités dans les médias français

Les médias français traitent aujourd’hui de peu de sujets d’informations retenues par les médias israéliens.

Contexte Proche et Moyen-Orient.

Attentats contre des diplomates israéliens en Inde et en Thaïlande. La piste iranienne confirmée.  Les médias israéliens font aujourd’hui le point sur l’enquête. Des informations nouvelles fournies par les services israéliens ont permis aux polices nationales concernées d’accentuer la sécurité dans les ports et les aéroports en Inde et Thaïlande. Les médias israéliens mentionnent des faits précis de l’enquête. Parmi les 6 terroristes impliqués, la presse signale le retour en Iran d’un des responsables des attentats. D’autres auraient fui en Malaisie ou certains auraient été déjà arrêtés et en attente d’être extradés vers la Thaïlande.   

 

מחבלים ונהנים (צילום מסך מאת bangkokpost.com)

 

L’Iran et le Hezbollah nient leur implication. "Notre vengeance pour la mort de Moughnieh ne sera pas dirigée contre des soldats et des diplomates israéliens ou des israéliens ordinaires", affirmé le chef du Hezbollah, M. Nasrallah.

Hezbollah leader Nasrallah speaks to supporters

 

Dossier nucléaire iranien. Comme chaque jour les médias israéliens traitent particulièrement de l’avancée du programme nucléaire iranien. Et peut être, parce que c’est vendredi, certains médias en analysent les derniers développements sur le mode de l’humour.

Qui a le plus peur des sanctions : l’Iran ou les Européens ? Le régime iranien aurait ainsi peur de vaciller sous le poids de sanctions et pour cela, mettrait en scène, de fausses avancées significatives dans le nucléaire comme l’a fait remarquer jeudi le ministre de la Défense Ehud Barak. Ou l’Europe ? Qui a voté des sanctions et qui semble, aujourd’hui, avoir  peur qu’elles n’aient vraiment de l’effet et de subir ainsi les représailles de l’Iran.  Cet état d’esprit de la presse « dominicale » israélienne  s’inspire de la déclaration jeudi du ministre Alain Juppé, qui a beaucoup surpris,  selon qui, la lettre envoyée aux USA par l’Iran constituait le début d’une ouverture de dialogue….

L’Iran privé de finances ? Les médias iraniens ont recemment publié la liste de tous les nouveaux accords pétroliers signés avec l’Iran par l’Inde, le Pakistan, la Chine…. De gros contrats énergétiques qui semblent atténuer les effets de l’embargo européen.

C’est peut être pourquoi, le 1er Ministre israélien Netanyahou, durant sa visite historique à Chypre, vient de déclarer que les sanctions ne fonctionnent pas : "J’espère que les sanctions fonctionnent mais jusqu’ici elles n’ont pas marché et nous sommes face à un régime qui viole toutes les règles, ils n’ont absolument aucun respect pour les normes internationales"

 "A notre connaissance, Israël n’a pas décidé d’attaquer l’Iran", vient de déclarer le directeur du renseignement militaire américain, le général Ronald Burgess aux sénateurs de la commission de la Défense.

Interview de Marine Le Pen à la télévision israélienne. Les Israéliens ont une "fausse idée de Jean-Marie Le Pen».  Des déclarations que les médias israéliens remettent aujourd’hui dans le contexte des nouvelles condamnations judiciaires en France à l’encontre de Jean Marie Le Pen pour négation de la Shoah. "Bien sûr qu’il y a de l’antisémitisme en France, qui est bien souvent la conséquence du fondamentalisme islamique. Il n’y a pas d’antisémitisme au Front national", a-t-elle affirmée.

David Banoun – Responsable de l’Analyse des Médias

Madame Le Pen et les nostalgiques autrichiens du IIIe Reich

Paru dans Le Point, le 2 Février 2012

Par BERNARD-HENRI LÉVY

http://www.lepoint.fr/editos-du-point/bernard-henri-levy/madame-le-pen-et-les-nostalgiques-autrichiens-du-iiie-reich-02-02-2012-1426506_69.php

Bernard-Henri Lévy

L’évènement n’a pas fait autant de bruit qu’il aurait dû.

Or il est au moins aussi important que les prestations récentes de Hollande et Sarkozy.

Pour le dire d’un mot, Mme Le Pen, la troisième de la course, celle qui talonnait les autres et menaçait d’un nouveau 21 avril, vient peut-être, en quelques heures, de ruiner ses chances d’être au second tour de l’élection.

Que s’est-il passé ?

Il y a, à Vienne, une tradition, unique en Europe, vivace, belle, qui est la tradition des grands bals légendaires façon Autriche-Hongrie des Habsbourg.

Mais il y a, parmi ces 500 et quelques bals ponctuant la saison qui, le 31 décembre de chaque année, commence avec le chiquissime bal de l’Empereur, un événement qui jure avec le reste et fait même honte à la ville – il y a un bal qui, chaque fois, doit se tenir sous protection policière tant il est vilipendé par tout ce que la société autrichienne compte de démocrates ou de conservateurs bon teint et qui, par parenthèse, vient peut-être de vivre sa dernière édition car les autorités semblent s’être résolues à l’interdire : ce bal, c’est le bal des "Burschenschaften", ces corporations estudiantines nées au milieu du XIXe siècle, grandies dans la haine de la France napoléonienne et des juifs qu’elle a émancipés, et fédératrices, aujourd’hui encore, de tout ce que le pays compte d’adeptes de l’antisémitisme et du nazisme.

Or c’est celui-là même dont Mme Le Pen était l’invitée d’honneur vendredi dernier et où l’accompagnait Martin Graf, chef de file de l’aile dure du parti d’extrême droite FPÖ – c’est ce bal des Burschenschaften, ce mauvais bal, ce bal de la vilenie, où elle a paru si fière de se produire dans une longue robe noire (sic) et sous les applaudissements (re-sic) de l’habituelle troupe d’étudiants vieillis, nostalgiques du IIIe Reich, dont l’appartenance se marque à la balafre qu’ils portent sur la joue depuis le duel au sabre censé avoir été, dans leurs jeunes années, le sommet de leur initiation.

Pourquoi la candidate a-t-elle commis ce qui, compte tenu de sa stratégie dite de dédiabolisation, ne peut apparaître que comme une erreur ?

Comment a-t-elle pu prendre le risque d’aller valser dans le seul des bals viennois interdit, de fait, aux juifs et aux journalistes ?

Comment, pourquoi, s’est-elle ainsi exposée aux côtés des militants d’Olympia, l’une des plus dures, des plus extrémistes, des plus ouvertement "néo" de ces Burschenschaften et qui était à l’origine de l’invitation ?

Peut-être la faute à Jean-Marie Le Pen, qui était, il y a quatre ans, l’invité d’honneur de la même manifestation et qui semble avoir, décidément, moins "décroché" qu’on ne le dit…

Peut-être, oui, le loser compulsif qui vient, ce week-end, de plomber la campagne de sa fille avec deux nouvelles provocations: l’une à propos d’Intouchables, le film qui a bouleversé les Français et où il ne veut voir que la métaphore d’une France infirme sauvée par des immigrés sournois et maléfiques ; l’autre à propos, justement, de ce bal où il prétend n’avoir entendu – ah, le gracieux jeu de mots… – que du "Strauss sans Kahn"…

Ou bien elle toute seule, Marine Le Pen, qui, ignare en ces matières comme en bien d’autres, aurait réellement confondu (d’où le communiqué du FN, pathétique, qui a immédiatement répondu à la révélation de l’affaire par la presse, puis par l’UEJF et SOS Racisme) le bal de l’Opéra, le Blumenball, le Kaiserball ou le bal des Wiener Philharmoniker avec les fastes kitsch et frelatés d’une manifestation néonazie…

Ou encore – et c’est le plus probable – la vérité, juste la vérité, celle des langues, des mémoires et des inconscients politiques qui est, comme toujours, la loi de tout et qui serait, comme le naturel, revenue au triple galop…

Le résultat, en tout cas, est là.

Mme Le Pen s’est affichée avec des antisémites avérés.

Mme Le Pen a marqué de sa présence un lieu où, chaque année, l’on fait fête à des négationnistes type John Gudenus ou David Irving.

Mme Le Pen a, le jour anniversaire de la libération d’Auschwitz, valsé avec des "étudiants combattants", samouraïs au petit pied qui, pour certains (les membres de la corporation d’Innsbruck), comptent l’ancien commandant du camp d’extermination de Treblinka au nombre de leurs camarades à titre posthume.

Mme Le Pen a, avant cela, pris le temps de dîner avec Heinz-Christian Strache, numéro un d’un FPÖ qui vient de renouer avec un pangermanisme radical qui, pour toute oreille autrichienne historiquement constituée, consonne avec le nazisme.

Et Mme Le Pen a, tant qu’à faire, saisi l’occasion pour retrouver, au cours d’une "réunion de travail", ses partenaires de l’Alliance européenne pour la liberté, fondée fin 2010 et qui, du FPÖ au Vlaams Belang flamand ou aux nationalistes slovaques et hongrois, rassemble tout ce que le continent compte d’excités de l’anti-Europe, d’obsédés de la menace tsigane et juive, ou de soutiens à une dictature iranienne menacée par le "bellicisme" d’Israël.

Qu’une candidate à la présidentielle, créditée par les sondages de 17 à 20 % des voix, puisse commettre pareille saloperie n’est pas une bonne nouvelle pour la démocratie.

Mais c’est une nouvelle qui a le mérite, au moins, de clarifier le débat : je disais, la semaine dernière, que Mme Le Pen n’aimait pas la France ; eh bien, c’est normal puisqu’elle flirte avec ceux qui, depuis toujours, travaillent à sa ruine et à celle de ses valeurs.

Prasquier (Crif) ne "croit pas qu’il y ait un vote juif pour Marine Le Pen"

Source AFP, le  7 décembre 2011

 

Le président du Crif, Richard Prasquier, a jugé mercredi à Tel Aviv inconcevable "qu’il y ait un vote juif pour Marine Le Pen", la candidate du Front National (extrême droite) à la présidentielle.

"Je ne crois pas qu’il y ait un vote juif pour Marine Le Pen", a déclaré à l’AFP M. Prasquier, à l’occasion de la visite en Israël d’une délégation du Conseil représentatif des juifs de France (Crif).

"Le discours de Marine Le Pen ne correspond pas à la réalité mais obéit à une posture électorale. Je suis énormément choqué qu’elle appelle des juifs à voter pour elle", a-t-il expliqué dans une interview mercredi soir.

"Son père qui est derrière elle a déjà démontré que l’antisémitisme ne lui était pas étranger et elle ne veut pas se distancier de son père sur le sujet de la Shoah", a-t-il ajouté.

La veille, lors d’une conférence à l’Institut français de Tel Aviv sur le thème "Demain, les juifs de France", le président du Crif avait estimé "inconcevable de voter Marine Le Pen".

"On a une candidate du FN à 20%, plus intelligente et plus dangereuse que son père. Elle veut arriver au pouvoir, contrairement à lui. Mais les idées restent les mêmes. Voter pour Marine Le Pen c’est irresponsable politiquement et écoeurant d’un point de vue moral", avait-il assuré.

Fustigeant "l’antisémitisme en filigrane dans les programmes de certains partis français", M. Prasquier a également critiqué, lors de l’interview, l’extrême gauche et les Verts qui "ont fait de la détestation d’Israël un des éléments de leur programme politique".

Interrogé sur la récente tension dans les relations entre la France et Israël, il a reconnu "des différences entre Nicolas Sarkozy et Benjamin Netanayhu qui n’ont pas la même conception du conflit israélo-palestinien".

"Mais le président français nous a confirmé son amitié et son admiration pour le Premier ministre israélien", a ajouté le président du Crif en précisant avoir été reçu récemment par M. Sarkozy.

 

Réaction officielle sur la rencontre entre Marine Le Pen et l’ambassadeur d’Israël à l’ONU

4 novembre 2011 1 commentaire

ISRAEL MFA

Concernant la brève entrevue entre Madame Le Pen et l’ambassadeur d’Israël à l’ONU, Ron Prosor, il s’est agit d’un malentendu. La position d’Israel vis à vis du Front National reste inchangée.

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