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Posts Tagged ‘Les Etats-Unis’

Obama frappera l’Iran s’il est réélu, selon Tzipi Livni

Paru dans Le Figaro, le 14 Septembre 2012

 

 

Confidence de Tzipi Livni, l’ancienne ministre israélienne  des Affaires étrangères: «Je rentre  des États-Unis avec l’impression que si Barack Obama est réélu en novembre, il frappera les installations nucléaires de l’Iran, car il n’aura plus rien à perdre, ce sera son deuxième  et dernier mandat.» «Tandis que  si c’est Romney qui gagne, il ne pourra pas commencer son mandat de président des États-Unis par une guerre», déclarait lors de son récent passage à Paris Tzipi Livni, qui  a démissionné du parti centriste Kadima en mai.

Ministre des Affaires etrangeres israelien condamne les attaques contre les missions diplomatiques américaines en Libye et en Egypte

Communiqué du porte parole du ministère des Affaires étrangères:
 
Le Vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Avigdor Liberman, a condamné les attaques contre les missions diplomatiques américaines en Libye et en Egypte et a déclaré qu’il s’agit de terribles actes de terrorisme dirigés contre l’Occident et le monde démocratique dans son ensemble.
Selon le ministre des Affaires étrangères, les Etats-Unis ont depuis longtemps été dans la ligne de mire du terrorisme islamiste radical. Le fait que ces attaques ont eu lieu exactement 11 années jour pour jour après les évenements du 11 septembre 2001 prouve qu’il s’agit d’une longue et difficile bataille contre ceux qui oeuvrent à semer la mort et la destruction, trouvant chaque fois une meilleure excuse. Les émeutiers qui ont attaqué les missions diplomatiques américaines veulent imposer leurs vues et leurs croyances à n’importe quel prix. A leurs yeux, les idéaux de liberté d’expression et de liberté de conscience sont des concepts qui doivent être retirés de ce monde, et avec eux toute manifestation de la culture occidentale .
L’Etat d’Israël partage la douleur du peuple américain suite au décés tragiques de l’Ambassadeur Christopher J. Stevens et du personnel de l’ambassade des Etats Unis. Monsieur Liberman a ajouté qu’Israël se tient aux cotés des États-Unis dans la lutte pour la liberte et contre le terrorisme.

Washington est contre un Etat palestinien non membre de l’ONU

10 sept 2012 (AFP)

 

 

 

Les Etats-Unis ont exprimé lundi leur opposition à la candidature de la Palestine au statut d’Etat non membre des Nations unies, un projet que le président palestinien Mahmoud Abbas doit présenter fin septembre à l’Assemblée générale de l’ONU.

"Nous continuons de le dire clairement: nous pensons que la seule voie réaliste pour que les Palestiniens aient un Etat passe par des négociations directes" avec Israël, a déclaré la porte-parole du département d’Etat, Victoria Nuland, assurant que Washington était "évidemment en contact avec le président Abbas".

Pour ce projet d’Etat, les Etats-Unis ont toujours plaidé pour des négociations de paix directes israélo-palestiniennes.

Celles-ci sont interrompues depuis septembre 2010 et la communauté internationale fait en vain pression sur les deux camps pour les ramener à la table des négociations.

"Nous travaillons intensément, via le Quartette pour le Proche-Orient (ONU, Etats-Unis, Union européenne, Russie) et directement avec les Israéliens et les Palestiniens pour continuer de les encourager à revenir à la table" des pourparlers, a dit Mme Nuland.

Mais "tout ce que nous pouvons faire, c’est les pousser. Nous ne pouvons pas les forcer. C’est à eux de décider de faire la paix", a-t-elle averti.

 

Trois membres du Hezbollah arrêtés au Mexique

10 sept 2012 (AFP)

 

אילוסטרציה

 

Un membre du Hezbollah, de nationalité américaine, a été arrêté au Mexique et remis aux Etats-Unis, a rapporté dimanche le journal mexicain Reforma.

Rafic Mohammad Labboun Allaboun, recherché par le gouvernement américain, a été arrêté samedi soir dans la ville de Merida, lors d’une opération conjointe de l’immigration et de la police mexicaines, selon le journal.

Deux autres membres du Hezbollah, orginaires du Belize, ont été arrêtés lors de cette opération, selon la même source, qui n’a pas fourni d’autres précisions sur les deux hommes.

M. Allaboun a été transféré dimanche aux Etats-Unis, à Houston (Texas, sud), précise le journal.

 

Barak: les USA prêts à faire face à l’Iran "à tous les niveaux"

 

 

6 sept 2012 (AFP) – Les Etats-Unis sont "prêts à faire face au défi iranien à tous les niveaux", a déclaré jeudi le ministre israélien de la Défense, à l’issue d’une rencontre avec le chef d’état-major adjoint américain, qui a effectué une visite discrète en Israël.

"Il n’y a pas de doute sur le fait que les Etats-Unis sont prêts à faire face à ce défi à tous les niveaux", a assuré Ehud Barak, en faisant référence au programme nucléaire iranien, selon un communiqué de son bureau.

"Les Etats-Unis sont notre plus important allié. La coopération des services de renseignements et le soutien militaire (américain) sont profonds et exceptionnels par leur ampleur. Je suis persuadé qu’il en sera de même dans tout scénario qui pourra se produire à l’avenir", a-t-il ajouté, après une période de fortes tensions entre les deux alliés.

Ce communiqué du ministre de la Défense semble aller dans le sens d’un apaisement voulu par les dirigeants israéliens, même si M. Barak a réaffirmé le "droit souverain" d’Israël "d’agir de façon indépendante".

"Nous faisons face à un défi commun mais le rythme du compte à rebours est différent pour chacun de nous. Nous avons aussi nos différences. Israël conserve son droit souverain d’agir de façon indépendante et les Etats-Unis le comprennent", a déclaré M. Barak, selon ce communiqué.

Après avoir fait grimper la tension avec Washington, en laissant croire à une frappe israélienne imminente contre l’Iran, le Premier Benjamin Netanyahu a tendu ces derniers jours une perche aux Etats-Unis en demandant plus de fermeté à l’égard du régime de Téhéran pour éviter une crise avec l’allié américain.

Le chef d’état-major adjoint américain, l’amiral James Winnefeld, a effectué ces deux derniers jours une visite en Israël qui s’est déroulée quasi secrètement en raison notamment du caractère politique sensible des discussions entre Israël et les Etats-Unis sur la manière d’empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire.

L’armée israélienne a annoncé jeudi soir la fin de la visite de l’amiral américain.

"L’amiral Weinfeld était l’hôte de son homologue israélien, le général Yaïr Naveh. Pendant sa visite, il a rencontré plusieurs haut responsables militaires israéliens, notamment le chef d’état-major Benny Gantz et il a visité plusieurs sites importants de coopération militaire (israélo-américaine)", peut-on lire dans le communiqué, qui ne donne pas davantage de détails.

D’autres hauts gradés américains sont attendus prochainement en Israël, selon le site d’informations Ynet.

Nucléaire iranien : Israël et la "surprise d’octobre"

LE MONDE | 05.09.2012 à 14h23

Par Natalie Nougayrède

 

En janvier 2009, quelques jours avant la passation de pouvoir à Washington, George Bush et Barack Obama se sont vus en tête à tête. Le premier a révélé au second l’existence d’un programme américain sans précédent de sabotage et d’attaques informatiques sur les sites nucléaires iraniens, appelé "Jeux olympiques". Il lui a conseillé de ne pas l’abandonner : "Ça peut faire la différence entre la guerre et la paix avec l’Iran."

 

 

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, lors d'une visite d'inspection d'une centrale au nord de Téhéran, le 15 février.

 

 

Barack Obama a hésité, puis a décidé de conserver cette opération clandestine de "cyberguerre", à laquelle étaient déjà associés les Israéliens, tout en menant de front sa politique de la "main tendue" à l’Iran et un effort – sans cesse accru, à partir de 2010 – de sanctions internationales et à caractère extraterritorial.

Au début de son mandat, quand il a été informé par les agences de renseignement américaines, Barack Obama a par ailleurs appris qu’un site iranien appelé Fordow, creusé dans une montagne sous 90 mètres de granit, près de la ville chiite religieuse de Qom, avait été détecté comme une source considérable d’inquiétudes : était-ce là que les Iraniens allaient éventuellement fabriquer, dans le secret et à l’abri des bombes, la matière fissile nécessaire à une arme atomique ?

Près de quatre ans plus tard, ces deux éléments – la guerre de l’ombre et la surveillance du site de Fordow, décrits par le livre Confront and Conceal, paru cette année, du journaliste du New York Times David Sanger, auquel ont parlé de nombreux responsables de l’administration américaine – forment une partie importante de la difficile équation à laquelle est confronté Barack Obama, sur un dossier qui continue, comme le disait George Bush, de poser la question de la guerre ou de la paix au Proche-Orient.

CAPACITÉS DE REPRÉSAILLES DE L’IRAN

Tout cela dans un contexte où les "interactions" de la crise syrienne sur l’imbroglio nucléaire sont analysées de manières diverses. D’un côté, Israël pourrait juger que les capacités de représailles de l’Iran en cas de frappes ont d’ores et déjà été diminuées, du fait de la mise hors jeu de l’allié syrien, en pleine guerre civile, et des calculs du Hezbollah, soucieux de ménager sa place politique au Liban. D’un autre côté, l’Iran, qui n’a jamais été aussi isolé sur la scène internationale et régionale, malgré le récent "show" du sommet des non-alignés organisé à Téhéran, pourrait tirer la conclusion que la course à la bombe représente décidément son seul viatique pour affirmer une puissance, et, en conséquence, l’accélérer.

Le dernier rapport de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), diffusé fin août, a en tout cas conforté l’analyse faite par le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou : les sanctions internationales, en particulier l’embargo pétrolier, ont certes endommagé l’économie iranienne, mais "elles n’ont pas retardé" les travaux iraniens sur l’atome, a-t-il dit.

A Fordow, où l’uranium est enrichi à 20 %, un niveau proche des degrés militaires, le nombre de centrifugeuses a doublé, relève l’AIEA. "Bientôt, l’Iran sera en mesure de convertir son uranium à 20 % en uranium hautement enrichi [à 90 %, utilisable dans une bombe] en seulement quelques semaines", analyse l’expert Bruno Tertrais, de la Fondation pour la recherche stratégique, à Paris.

M. Nétanyahou a appelé, lundi 3 septembre, "la communauté internationale" à fixer une "ligne rouge claire" à l’Iran. L’équipe Obama semble peser le pour et le contre d’une sorte d’ultimatum à la République islamique : de quoi rassurer, sans doute, les Israéliens, mais qui lierait aussi les mains de l’administration, qui s’engagerait ainsi formellement à intervenir militairement une fois la "ligne rouge" franchie.

THÉORIE DE LA "ZONE D’IMMUNITÉ"

Les menaces de frappes israéliennes contre l’Iran sont chroniques et elles ont joué un rôle central dans l’accroissement des sanctions ces dernières années. Mais elles ont aussi gagné en intensité en 2012, en vertu de la théorie dite de la"zone d’immunité". En effet, l’avancée du programme iranien ne se mesure plus, côté israélien, en fonction des différents "seuils" technologiques atteints, mais en fonction de la capacité de l’Iran à poursuivre son programme dans un lieu hypersécurisé, en l’occurrence Fordow.

Les "faucons" israéliens calculeraient qu’une attaque aérienne conduite par l’Etat juif avant la présidentielle américaine du 6 novembre obligerait les Etats-Unis à s’en solidariser et à y prêter main-forte. Les analystes appellent cela le scénario de la "surprise d’octobre". M. Nétanyahou utilise le levier de la campagne américaine, en sachant que M. Obama a la hantise d’une action militaire qui ferait flamber les prix du pétrole.

Il ne manque pas de voix, en Israël, pour mettre en garde contre des frappes "en solo", en particulier celle du président Shimon Pérès, et d’une bonne partie des cadres chargés de la sécurité. Mais plus l’administration Obama fournira d’assurances à Israël, moins l’Etat juif ressentira le besoin de "régler" le problème seul, comme il l’avait fait en 1981 (bombardement du site d’Osirak en Irak) et en 2007 (destruction de celui d’Al-Kibar en Syrie).

DIPLOMATIE ET ACTIONS CLANDESTINES

Or les propos tenus, fin-août, par le chef d’état-major américain, Martin Dempsey, ont relancé les soupçons en Israël, où la confiance envers Barack Obama n’a jamais été très grande. Des frappes aériennes "retarderaient le programme nucléaire de l’Iran, mais ne le détruiraient pas", a dit le général, ajoutant : "Je ne voudrais pas être complice s’ils choisissent de le faire." Et de souligner que "la coalition internationale" exerçant des pressions sur l’Iran "pourrait se défaire, si l’Iran [était] attaqué de manière prématurée".

L’équipe Obama s’emploie, depuis, à multiplier les signaux de fermeté, tout en considérant qu’il reste encore du temps pour la diplomatie et les actions clandestines. Le New York Times rapporte qu’une amplification du programme "Jeux olympiques" est à l’étude. Les Etats-Unis dépêchent dans la région du Golfe de plus en plus de navires et d’équipements antimissile. Des manœuvres militaires sont prévues à la mi-septembre.

L’espoir d’une négociation de la dernière chance avec l’Iran, caressé par Washington, semble mal parti car l’AIEA a échoué, en août, dans ses tentatives de dialogue sur les aspects les plus opaques du programme nucléaire.

L’Iran double ses capacités à Fordo et fait de l’obstruction à Parchin (AIEA)

Source AFP, le 30 Aout 2012

Par Simon STURDEE

 

הכיסוי הוורוד בבסיס פרצ'ין. מה הם מסתירים? (צילום: אתר ISIS)

 

Malgré les sanctions internationales, l’Iran a doublé ses capacités d’enrichissement d’uranium sur son site de Fordo, selon un rapport jeudi de l’Agence internationale de l’énergie atomique, qui accuse aussi le pays, en des termes sévères, d’entraver son travail sur le site de Parchin.

La République islamique avait installé environ 2.000 centrifugeuses à Fordo au 18 août, contre environ un millier en mai, selon le document. Sur ce nombre, environ 700 sont en activité, précise l’AIEA.

Les diplomates à Vienne, siège de l’agence onusienne, avaient misé sur environ 350 centrifugeuses de plus.

"L’activité d’enrichissement d’uranium de l’Iran, en particulier l’installation continue de centrifugeuses à Fordo, sont profondément troublantes", a indiqué à l’AFP un diplomate occidental sous couvert d’anonymat.

La Maison Blanche a averti l’Iran que le temps de la diplomatie ne durerait pas indéfiniment. "La fenêtre pour résoudre (ce dossier) reste ouverte (…) mais elle ne restera pas ouverte indéfiniment", a déclaré Jay Carney, le porte-parole du président Barack Obama.

Le site de Fordo, enfoui sous une montagne et difficile à attaquer, a une capacité de quelque 3.000 centrifugeuses.

L’uranium enrichi est utilisé pour la production d’électricité ou d’isotopes médicaux, servant à diagnostiquer certains cancers, mais purifié jusqu’à 90%, il entre dans la fabrication de l’arme atomique. L’Iran ne va pas au delà de 20%.

 

L’AIEA reproche toutefois à l’Iran de ne pas coopérer suffisamment avec elle, ce qui l’empêche, après plus de huit ans d’enquête, de déterminer avec certitude si le programme est bien purement pacifique comme il l’affirme.

Dans le rapport, elle l’a directement accusé d’entraver son travail de vérification sur la base militaire de Parchin, où l’AIEA soupçonne des activités nucléaires illicites.

L’Iran "a mené des activités" à Parchin "qui entraveront considérablement la capacité de l’agence à mener une vérification efficace", dénonce l’AIEA, laissant clairement entendre que Téhéran a fait disparaître des traces suspectes.

L’agence soupçonne les autorités d’avoir procédé dans un conteneur à des tests d’explosion conventionnelle pouvant être applicables au nucléaire sur cette base militaire, ce que l’Iran dément.

L’AIEA demande depuis le début de l’année à l’Iran d’accéder à Parchin, sans succès. S’appuyant sur des images satellite, elle avait dit craindre que l’Iran ne nettoie l’endroit avant d’autoriser les inspecteurs de l’agence de procéder à leur vérification.

"Quand l’agence aura accès à l’endroit (en question), sa capacité de mener une vérification efficace aura été considérablement entravée", déplore-t-elle dans le rapport.

Le site de Parchin avait été évoqué dans le sévère rapport de l’AIEA publié en novembre dernier.

L’agence avait pour la première fois présenté des éléments indiquant que l’Iran avait travaillé à la mise au point de l’arme atomique avant 2003, et peut-être ensuite.

 

La menace des armes chimiques syriennes

Paru dans Le Monde, le 27 Aout 2012

Par Natalie Nougayrède

 

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A défaut d’intervention en Syrie au nom de la "responsabilité de protéger" les civils – alors que les deux derniers mois ont été les plus meurtriers depuis le début du conflit et que le massacre de plus de 300 personnes à Daraya semble confirmer ce sanglant engrenage – la présence, dans le pays, d’un considérable stock d’armes chimiques pourrait-elle fournir la justification à une action militaire extérieure ouverte ?

Depuis que Barack Obama a évoqué ce scénario, le 20 août, la question est dans tous les esprits. "Le moindre mouvement ou emploi d’armes chimiques" en Syrie entraînerait "d’énormes conséquences" et constituerait une "ligne rouge" pour les Etats-Unis, a déclaré le président américain, annonçant que "toute une série de plans d’urgence" était prête. La mise en garde s’adressait "au régime Assad, mais aussi à d’autres acteurs sur le terrain". L’usage ou la perte de contrôle par Damas d’armes chimiques "changerait mes calculs", a insisté M. Obama.

Deux jours plus tard, cette position était endossée par le premier ministre britannique, David Cameron. François Hollande, qui doit prononcer lundi 27 août un discours de politique étrangère, pourrait à son tour évoquer cet aspect ultrasensible de la crise syrienne. Le sujet suscite de lourdes inquiétudes dans toute la région, à commencer par Israël, qui a déjà fait savoir que le transfert d’armes chimiques au Hezbollah libanais constituerait casus belli.un

DILEMME INDÉDIT

Le régime syrien, en reconnaissant pour la première fois, le 23 juillet, par un communiqué de son ministère des affaires étrangères, qu’il détenait un arsenal chimique, a ouvert la boîte de Pandore. "La Syrie n’en fera usage qu’en cas d’agression extérieure", précisait la déclaration, d’emblée ambiguë puisque la propagande officielle qualifie la rébellion anti-Assad de "complot de l’étranger".

Cette menace, brandie au moment où le troisième veto russo-chinois à l’ONU venait de relancer le débat, aux Etats-Unis, sur une action militaire, a inscrit la crise syrienne dans un contexte radicalement nouveau. La Syrie n’est désormais plus seulement le théâtre de crimes de masse perpétrés par un pouvoir contre son propre peuple, mais un dossier où les Occidentaux se retrouvent face à un dilemme inédit : comment conduire une politique ouverte de changement de régime face à un Etat détenteur d’armes de destruction massive ? L’argument brandi par l’administration Bush en 2003 pour intervenir en Irak était, on le sait, fallacieux. Dans le cas syrien, la possession par le régime de telles armes ne fait aucun doute.

La réaction de la Russie a été, à cet égard, significative. Moscou aurait moins d’arguments pour opposer un veto à l’ONU si des armes chimiques étaient employées ou partaient dans la nature. La Russie n’a pas cherché à nier le problème, et a rappelé la Syrie au respect du protocole de Genève de 1925 interdisant l’emploi d’armes chimiques Cependant, Damas n’a jamais signé la convention de 1993, qui vise à la destruction de tous les stocks.

RODOMONTADES

Les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France se sont déjà coordonnés sur les modalités d’une éventuelle opération de "sécurisation" des armes chimiques, mais chacun compte sur la dissuasion pour éviter d’en arriver là. La grande crainte est de voir ces armes tomber aux mains d’extrémistes, d’autant que des éléments d’Al-Qaida ont été détectés en Syrie. Le pouvoir de Damas irait-il jusqu’à cette extrémité ? Certains pensent que le régime syrien s’est livré à des rodomontades, notant que Damas est vite revenu sur son "aveu" du mois de juillet. D’autres n’excluent pas un geste de folie d’un régime aux abois ou de militaires isolés. Le chaos de la guerre civile fait craindre le pire, y compris après la chute attendue de Bachar Al-Assad, qui pourrait, selon une hypothèse, se retrancher dans un "réduit alaouite" avec des engins de mort.

Les services de renseignements occidentaux estiment que les armes chimiques syriennes sont pour l’heure "sous contrôle". La Russie, qui semble aussi inquiète que les Etats-Unis, a assuré qu’elle avait obtenu des "garanties du gouvernement syrien". Moscou a aussi demandé que les Occidentaux usent de leur "influence"pour empêcher que des "terroristes au sein de l’opposition" s’emparent de ces substances.

Parfois décrites comme "l’arme atomique du pauvre", des armes chimiques ont été acquises par la Syrie à partir des années 1970, avec l’aide initiale de l’Egypte, puis de l’Union soviétique. La Russie et l’Iran ont ensuite prêté main-forte au programme. Adapté à des bombes, des têtes de missiles Scud et des obus d’artillerie, l’arsenal chimique syrien (gaz moutarde, sarin, agent VX) est décrit comme le plus important du Moyen-Orient. Il est "massif, sophistiqué et étendu"sur de nombreux lieux de stockage, commente un officiel occidental. La défection, en juillet, du général Adnan Silou, ancien chef du programme d’armement chimique syrien, aurait permis de mieux localiser certains sites.

 

Israël et Moyen-Orient dans les Médias français: Analyse quotidienne- 27 Août 2012

           

Israël en France.   L’actualité israélienne en France est médiatiquement trop faible aujourd’hui pour être analysée d’un point de vue éditorial représentatif.

A Noter.   J’ai le sentiment que nous avons un ami d’Israël à l’Elysée.  Tel est le sentiment du leader du parti travailliste israélien, Shelly Yacimovitch, lors de sa rencontre avec le Président Hollande la semaine dernière. Confidentiels Figaro. 

A Noter aussi. Apprendre en dormant serait possible selon les derniers travaux de chercheurs israéliens de l’Institut Weizmann à Haifa – Figaro santé

Dossier nucléaire iranien. Malgré l’échec retentissant des dernières négociations entre l’Iran et l’AIEA, les médias français s’intéressent peu aux enjeux du dossier nucléaire iranien. Le régime Ahmadinejad au bord du dépôt de bilan. Alexandre Adler estime dans le Figaro du week-end, que compte tenu de la situation en Syrie et au Liban, la stratégie de l’Iran au Moyen-Orient serait au bord du dépôt de bilan. Paradoxalement, analyse-t-il, les menaces d’intervention militaire israélienne pourraient fournir à l’Iran l’oxygène nécessaire à sa survie régionale. Mais de préciser que les chefs de l’armée et du Renseignement israéliens ne souhaitent pas fournir cette porte de sortie à l’Iran, par une intervention militaire, selon lui, sans lendemain. 

Moyen-Orient. La Syrie sous les bombes. Les civils pris pour cible. Exécutions, tortures, les témoignages des combats et des violences se multiplient dans les médias français qui en soulignent chaque jour davantage l’horreur.

A Noter. Le discours du Président Hollande, aujourd’hui à 17h30, lors de la conférence annuelle des ambassadeurs français devrait préciser la politique française à venir en Syrie et au Moyen-Orient.

Révolutions arabes et islamisme.

Tunisie. Les médias français attirent aujourd’hui  l’attention sur la répression de la liberté d’expression et de la presse en Tunisie. La disgrâce des guignols tunisiens. Les suites de la censure de l’émission d’informations humoristiques inspirées des guignols de l’info de Canal Plus.

En Egypte aussi, les médias notent l’affirmation islamiste du nouveau pouvoir égyptien. L’Egypte du président Morsi sous l’influence islamiste (le Monde).

En Libye, ce sont des destructions à la talibane qui retiennent l’attention des médias français.

Contexte Proche et Moyen-Orient.

Rentrée des classes en Israël. Une semaine avant les écoliers français, c’est près de deux millions d’élèves qui reprennent le chemin de l’école en Israël. Une rentrée scolaire sous haute sécurité dans le sud d’Israël, notent les médias israéliens, qui rappellent le bombardement quasi quotidien par des roquettes palestiniennes.

 

ראש הממשלה נתניהו ושר החינוך בבית ספר סאלד בירושלים (צילום: נועם (דבול) דביר)

 

Terrorisme palestinien. Le Sud d‘Israël à nouveau bombardé dimanche. 4 roquettes lancées depuis Gaza se sont abattues sur Sderot, heureusement sans faire de victimes mais des dégâts matériels dans la zone industrielle de la ville, indique la presse israélienne. 

 

נפילת קסאם סמוך לשדרות

 

Iran. Sommet des pays non alignés.  Les médias israéliens soulignent la nouvelle position de l’Egypte à l’égard de l’Iran.  Téhéran  peut  "faire partie de la solution" à la crise syrienne, estime la nouvelle présidence islamiste égyptienne.  

 

Non-Aligned Movement summit in Tehran

 

1ère visite en 30 ans. Invité en Iran au sommet des Non-Alignés les 30 et 31 août prochains, il s’agiraitde la première visite d’un chef d’Etat égyptien en Iran depuis la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays il y a plus de trente ans.

L’Iran reste aux côtés d’Assad. "Nous considérons la sécurité de la Syrie comme la nôtre", a déclaré M. Boroujerdi, président de la commission parlementaire iranienne pour la politique étrangère. "En conséquence, nous resterons aux côtés de nos frères syriens", a tenu à ajouter le haut responsable iranien.   

L’Iran attend des pays non alignés qu’ils soutiennent son programme nucléaire, rendent compte aujourd’hui les médias israéliens.

Dossier nucléaire iranien. Nouvel échec des négociations entre l’AIEA et l’Iran. Consciente de l’impasse des négociations, l’AIEA devrait reconnaitre qu’une visite du site de Parchin n’aurait plus grande utilité, estime un diplomate occidental :  "J’attends que le rapport de l’AIEA dise à l’Iran : vous êtes à l’évidence en train de désinfecter, les images satellites le montrent, et quand l’accès nous sera accordé, vous aurez modifié tellement les lieux que notre visite sera sans objet", a-t-il déclaré.

L’Iran court à la bombe et se moque des négociations.  Les médias israéliens se font aujourd’hui encore largement l’écho des dernières déclarations sur le dossier nucléaire iranien. "Hier encore, nous avons reçu des preuves supplémentaires sur le fait que l’Iran continue à accélérer ses efforts pour obtenir l’arme nucléaire, ignorant totalement les demandes de la communauté internationale", a déclaré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Jeudi le Washington Post dévoilait un prochain rapport de l’AIEA qui révélait la  mise en place des centaines de nouvelles centrifugeuses qui permettraient à l’Iran d’accélérer sa production de combustible nucléaire.

Israël prêt à intervenir au Liban en cas de provocation du Hezbollah. Selon le Haaretz, le 1er ministre Netanyahou aurait prévenu la semaine dernière le gouvernement libanais, qu’Israël se tenait prêt à intervenir contre le Hezbollah au cas où celui-ci agirait  contre Israël.

 

נאומו של נסראללה מוקרן בפרברי ביירות, לפני עשרה ימים

 

Attentats de Munich. Des rencontres clandestines entre le gouvernement allemand et Septembre noir. Selon le journal allemand Der Spiegel, cité par les médias israéliens, après Munich, le gouvernement allemand aurait gardé le contact avec les organisateurs du groupe terroriste palestinien, Septembre noir, responsable de l’assassinat de 11 sportifs israéliens aux Jeux olympiques de 1972, pour selon le ministre des Affaires étrangères allemand, créer une nouvelle base de confiance.

 

11 Israeli athletes killed in 1972 Munich attack

 

David Banoun – Responsable de l’Analyse des Médias  

Desinfo.com: interview avec le porte parole de l’ambassade d’Israël en France

Par Hélène Keller-Lind

Faire un tour d’horizon avec Yaron Gamburg, porte-parole de l’ambassade d’Israël à Paris est à la fois passionnant et préoccupant. Passionnant du fait de son parcours si riche qui explique une finesse d’analyse peu courante et un décryptage remarquable des complexités de la situation actuelle, non seulement proche-orientale, mais aussi mondiale. Préoccupant aussi, en un moment crucial, alors que le menace existentielle iranienne se précise pour Israël, mais aussi pour le monde.

« Israël n’est pas au cœur des problèmes du Moyen-Orient, ce sont l’Islam radical, la corruption, les régimes autoritaires qui le sont et il faut le rappeler aujourd’hui ». Tel est le cadre que pose le porte-parole de l’ambassade d’Israël en France, rappelant que les problèmes actuels découlent du colonialisme d’antan, des frontières qui ont été tracées, des populations différentes qui ont été rassemblées. Un ensemble de facteurs qui débouchent sur « ce grand bouleversement auquel on assiste aujourd’hui et qui touche toute la région, Jordanie, Libye, Irak, Turquie y compris. « Mais Israël est beaucoup moins menacé par la crise syrienne, » dit-il, constatant qu’il y a « 150.000 réfugiés syriens en Jordanie, 70.000 en Turquie ou qu’il y a une exportation de ce conflit au Liban avec le Hezbollah ». Il ajoute : « ce qui nous concerne en Israël et nous inquiète, ce sont les stocks d’armes chimiques et non conventionnelles syriennes, les plus importants au monde ».

Quant à « l’après Assad, des groupes islamistes chiites ont pénétré en Syrie, ce qui va changer l’équilibre des forces. L’Iran va perdre son allié arabe le plus important, le Hezbollah va perdre sa base de réarmement, cela va leur porter un coup sérieux. La Syrie compte 70 % de Sunnites et des minorités, comme les Druzes et les Chrétiens qui sont inquiètes pour leur avenir. Des rebelles ont brûlé des drapeaux du Hezbollah et des drapeaux iraniens en Syrie, mais des forces des Gardiens de la Révolution iraniennes s’y trouvent et ce n’est plus seulement en fournissant des armes que l’Iran intervient. L’Iran est isolé aujourd’hui, pas seulement par l’Occident, même s’il faut des sanctions plus fortes, paralysantes, comme nous le disons. L’Iran est isolé aussi par ses voisins du Golfe persique, l’Arabie saoudite ou le Qatar et la chute d’Assad sera un coup dur pour le régime iranien. Qui a également des problèmes avec la Turquie, pays qui a des problèmes avec tous ses voisins et a aussi un dossier kurde ». Il ajoute : « On est en pleine transition sur le plan géopolitique et on ne sait pas où on va ».

Quant au nucléaire iranien, Yaron Gamburg le qualifie de « problème central, le plus inquiétant pour le gouvernement israélien. Il s’agit d’une menace existentielle. Car pour le régime iranien le but déclaré est la disparition d’Israël et l’établissement d’un État palestinien sur tout le territoire d’Israël, la Cisjordanie et Gaza. C’est un régime antisémite qui est dans la rhétorique du complot sioniste dans le but de régner sur le monde, « les Protocoles des Sages de Sion » ont d’ailleurs été traduits en persan… L’Iran, régime anti-sioniste et antisémite va se doter d’armes de destruction massives, ils ont des missiles qui couvrent le territoire israélien et au-delà, allant même jusqu’à l’Italie ».

En ce qui concerne Israël, précise-t-il, « l’Iran a franchi une ligne rouge et a tous les composants pour fabriquer une bombe atomique ». Il salue « l’attitude forte de la France avec qui nous avons beaucoup de points communs », regrettant toutefois que « les États-Unis et les pays occidentaux continuent à essayer des sanctions et des négociations qui sont sans effet alors que l’Iran poursuit l’enrichissement de l’uranium, ce qui n’a pas été observé seulement par Israël mais par les services de renseignement américains. Il y a une semaine, ceux-ci ont envoyé un rapport dans ce sens au Président Obama. Cela n’est un secret pour personne. Les sanctions que privilégie la communauté internationale sont sans effet car ce régime ne prend pas en compte les souffrances de sa population.Par ailleurs, comme vient de le dire l’ambassadeur d’Israël à Washington, Michael Oren, notre horloge tourne plus vite que celle de la communauté internationale, car nous sommes directement menacés et la première cible visée ».

« Il y a actuellement en Israël des préparations pour la défense civile. S’il y a une frappe israélienne sur le nucléaire iranien, il faudra gérer le Hezbollah au nord et peut-être le Hamas au sud. Toutefois le Hamas a beaucoup de problèmes, il n’est pas nécessairement financé par l’Iran, alors que le Hezbollah est le bras armé de l’Iran, comme on l’a vu avec cet attentat en Bulgarie et des tentatives d’attentats anti-israéliens au Kenya, à Chypre et en Géorgie ».

A ce propos Yaron Gamburg estime que « le refus de l’Union européenne de placer le Hezbollah sur sa liste d’organisations terroristes est une honte, d’autant plus qu’un attentat a été commis dans l’espace européen. C’est irrationnel car cela pose un problème patent en Europe également. Le Hezbollah a frappé des Américains et des Français dans les années 80 au Liban aussi. Et aujourd’hui tous les services de renseignement savent qu’il est présent en Europe ».

Le Hamas, lui, a un problème majeur d’identité, explique-t-il. « Il est pro-syrien, pro-iranien, anti-israélien mais ses racines sont les Frères musulmans, ils ont une même école idéologique. L’Iran lui demande de répondre à toute attaque menée contre lui mais tous les indicateurs montrent que le Hamas ne tient pas à s’engager. Il est ambivalent, est allié avec les Sunnites, les Frères musulmans, le Qatar, l’Égypte, même si l’Iran et lui ont un ennemi commun qui est Israël. Le Hamas a également un problème avec le Jihad mondial, comme on l’a vu avec l’attentat dans le Sinaï, mais je ne me fais pas trop d’illusions, c’est quand même un mouvement frère ».

A propos de l’Égypte, Yaron Gamburg rapporte ce qui n’est pas qu’une simple anecdote mais illustre bien la réalité. Il s’agit de l’échange de courriers entre le Président Péres et le Président Morsi. A l’occasion du Ramadan Shimon Pères avait envoyé un message au nouveau Président égyptien, issu des Frères musulmans. Ce qui était un second courrier, le premier ayant été envoyé pour le féliciter de son élection à la présidence de l’Égypte. Mohamed Morsi répondit à cette seconde missive, le remerciant et l’assurant de tous ses efforts pour contribuer à remettre en route le Processus de Paix, afin d’assurer « la sécurité et la stabilité de tous les peuples de la région, Israéliens compris ».

Lettre égyptienne qui fut publiée, mais dont l’existence fut aussitôt démentie par Le Caire. Une affaire rapportée sur Nosnondits, où figure une copie de la lettre venue d’Égypte

Le porte-parole de l’ambassade rappelle « qu’il y a deux ans au début de ce qu’on a appelé le « printemps arabe », Israël a été très critiqué par nombre d’hommes politiques, d’experts, de médias, pour ce qui était qualifié alors d’une prudence israélienne excessive. Or, dès le début, le gouvernement, des experts israéliens, s’ils disaient qu’il s’agissait d’un vrai mouvement démocratique, ajoutaient qu’il n’était pas du tout évident que la fin de cette histoire verrait la victoire des valeurs démocratiques, du pluralisme, de la tolérance envers les femmes, les minorités religieuses et ethniques ». Prudence justifiée car « aujourd’hui, le Moyen-Orient est beaucoup plus ultra-religieux, islamiste. Y a-t-il plus de démocratie ? Non.Le Moyen-Orient est plus islamiste, pas plus démocratique ».

Cette prudence venant des leçons tirées notamment de « ce qui s’est passé avec le Hamas à Gaza ». Car « des élections ne sont pas en soi l’étape ultime du développement de la démocratie, mais la première. On sait qu’après des élections il peut y avoir des forces plus réactionnaires, plus antidémocratiques. On l’a vu en Tunisie, en Libye et, bien sûr en Égypte. Il est vrai qu’il n’y avait pas de vraie démocratie sous Moubarak, mais aujourd’hui, il y a eu une mise à pied de la presse, un accroissement de l’emprise de la charia sur la société ».

Voilà pour la toile de fond. Il y ajoute un point essentiel : « Israël et l’Égypte ont un traité de paix depuis plus de trente ans qui est important pour les deux pays et a changé la région du Moyen-Orient. Israël et l’Égypte ont intérêt à conserver ce traité de paix qui conduit à un avantage régional et mondial sur le plan politique, stratégique et économique ». Il cite en exemple « le gazoduc qui fournit en gaz Israël, l’Égypte et la Jordanie. Mais qui a fait l’objet ces deux dernières années d’une vingtaine d’attentats réussis ayant suspendu la fourniture de gaz ».

Il cite encore la coopération économique très importante entre les deux pays, avec « une zone de libre échange qui permet à l’Égypte d’exporter pour plus d’un milliard de dollars aux États-Unis en étant exempté de droits de douane, grâce à un traité d’exemption entre Israël et les États-Unis ». Il y enfin et surtout, la question de la « sécurité. La situation dans le Sinaï, qui s’était dégradée avant même la révolution a atteint aujourd’hui un niveau tel que les experts parlent de chaos, de perte de contrôle de l’armée et du gouvernement égyptiens ». Pour preuve, dit-il, ces attaques par le Jihad mondial avec ce bilan de seize policiers égyptiens tués. Ce qui remet en question la sécurité de la frontière entre l’Égypte et Israël.

D’où aujourd’hui une coopération et coordination des armées israélienne et égyptienne, datant de la période Moubarak mais qui ont continué après l’élection du Président Morsi. La présence de tanks égyptiens dans le Sinaï, interdite par le traité de paix, a donc été autorisée par Israël.

Pourtant, Yaron Gamburg déplore qu’il n’y ait pas de contacts directs au niveau politique entre les deux pays, notant, par ailleurs que l’on ignore ce que sera le rôle à venir de l’armée en Égypte en cette période de transition nécessairement difficile. S’il y a aujourd’hui un ambassadeur d’Israël avec une petite équipe au Caire, il n’y a plus à proprement parler d’ambassade, celle-ci ayant été attaquée particulièrement violemment en novembre 2011 et aucune autorisation pour la réinstaller dans un site plus sécurisé n’ayant été donnée à ce jour.

Par ailleurs,Yaron Gamburg se montre dubitatif quant aux annonces faites par les agences de presse iraniennes, selon lesquelles le Président égyptien participerait au sommet des Pays Non Alignés de Téhéran à la fin du mois. Ce qui est annoncé par l’Iran comme un événement décisif dans un rapprochement égyptien après un froid datant de 1979 et de la révolution islamique. « Il n’est pas clair qu’il y aille lui-même », dit-il, citant de fausses informations similaires données récemment par l’Iran, notamment à propos de soi-disant participations annoncées à une conférence sur la Syrie e ».

Il ajoute un point qu’il est « important de souligner. Si le nouveau gouvernement égyptien soutient l’Iran, principal fournisseur d’aide militaire au régime de Bachar el-Assad, cela n’est pas une bonne idée sur le plan interne égyptien, où il y a une opposition à un rapprochement avec un Iran qui aide le régime syrien à tuer son propre peuple, commettant des actes proches d’un génocide ».

Si le porte-parole de l’ambassade d’Israël à Paris affirme que « le Président des États-Unis et le peuple américain ont les mêmes valeurs que nous », s’il se réjouit que « les relations militaires avec les États-Unis sont sans précédent », à propos de la question de l’Iran il réutilise la formule « nous avons des horloges qui tournent à des vitesses différentes », tout en espérant que « les États-Unis trouveront la façon de stopper l’Iran », estimant que « les Iraniens doivent comprendre que l’option militaire est une option très sérieuse. Et alors l’Iran pourrait changer de comportement, ce qui n’est pas le cas maintenant puisqu’il accélère ses activités nucléaires ».

A propos des Palestiniens, le fait que Mahmoud Abbas ait été reçu par les plus hautes autorités françaises un mois à peine après leur arrivée au pouvoir ne choque pas Yaron Gamburg qui remarque que « il a été reçu par tous les nouveaux Présidents, la France, comme l’Europe, a toujours été impliquée dans le dossier palestinien, a une relation très proche, apporte un soutien financier et politique. Israël n’est pas contre un État palestinien, le Premier ministre israélien a dit il y a trois ans qu’Israël est en faveur d’une solution à deux États. La question étant de savoir si les Palestiniens sont prêts à assumer une telle responsabilité et sont prêts à négocier. C’est la première fois qu’un gouvernement israélien a gelé les constructions dans les Territoires, aucun autre gouvernement israélien ne l’avait fait avant. Mais Abbas n’a rien fait… » Quant à la politique des Présidents Sarkozy et Hollande, elle est claire, dit-il, « pour eux la négociation est la seule voie possible et pas des démarches unilatérales. Cela a été dit publiquement et au cours de nos échanges ».

Il regrette cependant que « lorsque le moindre petit balcon est construit dans un village juif en Cisjordanie le Quai d’Orsay le dénonce ». Autre point de désaccord : « Jérusalem est la capitale éternelle d’Israël, mais comme cela a été dit, on peut trouver des solutions », le maître mot étant « négociations ». Il estime que l’admission de « la Palestine » à l’UNESCO « n’a rien changé », mais regrette la manière dont l’agence onusienne « politise les choses ». Comme, récemment avec cette affaire de l’Église de la Nativité. Israël, dit-il, « n’était pas opposé à ce qu’elle soit reconnue comme patrimoine, mais pas de cette manière ». Il évoque aussi les majorités automatiques contre Israël, soutenues par la France et d’autres pays.

Certes, « la France est en faveur d’une solution négociée, pas imposée, mais il faut convaincre Abbas que c’est là la seule voie ». Tache ardue, « malheureusement car après son échec total au Conseil de Sécurité [ où il avait demandé l’adhésion de « la Palestine » à l’ONU en septembre 2011 ] il va recommencer avec l’Assemblée générale des Nations unies où il y a une majorité automatique arabo-musulmane. Mais est-ce que cela va changer quelque chose ? Rien, si ce n’est décourager Israël. De plus Abbas manque de légitimité et de contrôle. Il est persona non grata à Gaza et on peut parler de trois États éventuels plutôt que deux, avec deux États palestiniens…En effet, après trois ans de négociations entre Hamas et Fatah il n’y a aucune solution pour mettre fin à leurs divisions. Ils sont divisés comme en 48 alors qu’Israël était prêt à reconnaître la partition proposée par l’ONU. Rien n’a changé. Certains n’acceptent pas Israël et il y a cette incitation à la violence contre Israël, même dans les manuels scolaires ».

Toutefois, Yaron Gamburg ne veut pas être négatif. Il y a, dit-il, « une coopération sécuritaire, économique, Israël fournit de l’eau aux Palestiniens, il y a des programmes d’aide ». Force est de constater, pourtant, que « malgré tous ces gestes d’Israël, Abbas préfère la voie unilatérale et l’incitation à la haine d’Israël… »

C’est sans la moindre hésitation que le porte-parole de l’ambassade d’Israël en France fait état de « rapports très proches et très bons avec le gouvernement français, d’échanges et de dialogue très ouverts », soulignant qu’au cours des trois premières semaines du gouvernement Hollande /Ayrault, « il y a eu la visite du Conseiller de Benjamin Netanyahou à l’internationale et du ministre Danny Ayalon ». Il conclut que « en dépit de différences, nous avons un dénominateur commun ».

Pour l’article intégrale:

http://www.desinfos.com/spip.php?page=article&id_article=32462

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