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Posts Tagged ‘la Syrie’

Un assassinat confirme le soutien de Téhéran à Damas

Paru dans Le Figaro, le 15 Février 2013

Hassan Chateri avait été envoyé au Liban sous un faux nom par les gardiens de la révolution.

Tué par des rebelles syriens, Hassan Chateri, qui se présentait comme un envoyé spécial de Téhéran en charge de la reconstruction au Liban, était en fait un commandant des gardiens de la révolution en mission secrète.

Sur sa carte de visite, frappée du drapeau iranien embrassant un Cèdre, il s’appelait Hessam Khochnevis, «directeur du comité iranien pour la reconstruction du Liban». Dans sa vraie vie, l’envoyé spécial de Téhéran chargé de remettre sur pied à coup de pétrodollars iraniens la banlieue chiite de Beyrouth, ratiboisée par les missiles israéliens de 2006, avait pour vrai nom Hassan Chateri. À l’ombre de ses activités «caritatives», il n’était autre qu’un cadre haut placé des gardiens de la révolution en mission secrète à Beyrouth.

Jeudi, la révélation posthume de sa véritable identité par l’agence de presse Fars, après l’annonce de son assassinat entre Damas et le Liban par des rebelles syriens a mis fin au mystère qui planait sur cet étrange personnage à la barbe poivre et sel. Surtout, elle a permis d’offrir une pièce à conviction au lien triangulaire – souvent difficile à prouver – qui unit Téhéran, Damas et le Hezbollah libanais et que la chute d’Assad mettrait en péril.

Secret d’État

En persan, «Khochnevis», signifie «celui qui écrit bien». Un nom taillé sur mesure pour cet homme au double visage, dont la mort a trahi la fiction dont il était l’auteur. Des rares informations qui circulent aujourd’hui sur ce double personnage, on sait qu’il était un vétéran de la guerre Iran-Irak: un conflit de huit ans pendant lequel il fit ses preuves au sein des pasdarans, l’armée d’élite du régime. Rapidement repéré par ses supérieurs, il intègre ultérieurement la Force al-Qods, son unité spéciale chargée des opérations à l’étranger, pour laquelle il part en Afghanistan dès la chute du régime taliban, en 2001. Mais quand il arrive au Liban, en 2006, à la fin de la guerre entre Israël et le Hezbollah chiite, c’est sous l’étiquette de «M. Reconstruction» qu’il pose ses valises. L’homme ne cache pas ses affinités avec le Parti de Dieu – son partenaire dans la remise sur pied de Dahiyé, la banlieue Sud de Beyrouth. Pour le reste, c’est secret d’État.

«Il m’était apparu comme quelqu’un de très sérieux et très austère», se souvient le journaliste libanais Raed Rafei, qui l’interviewa en 2007 pour leLos Angeles Times dans le cadre d’un article sur le rôle iranien dans la reconstruction du Sud-Liban. «Contrairement aux autres pays, nous ne disposons pas d’un budget fixe pour la reconstruction du Liban (…) La République islamique a décidé de dépenser autant qu’il le faut sur le terrain», avait alors confié Hessam Khochnevis au reporter, en mettant en avant la «générosité iranienne» – une aide équivalant, à l’époque, à 155 millions de dollars (environ 25 millions de plus que l’aide américaine). «L’entretien, en langue arabe, s’était déroulé sans traducteur dans son bureau de Haret Hreik (où se trouve le «périmètre de sécurité» du Hezbollah, au cœur de la banlieue Sud). Sur le mur, il y avait une grande carte de Dahiyé. Il semblait très concentré sur son dossier», ajoute Raed Rafei.

50.000 combattants iraniens en Syrie

Jeudi, c’est avec surprise qu’il a reconnu la photo de son interlocuteur dans les médias évoquant sa disparition, mais sous un autre nom, et une autre identité. D’ailleurs, c’est dans la confusion la plus totale que l’assassinat de «l’agent iranien» a d’abord été annoncé. Tandis que le Hezbollah et l’ambassade faisaient aussitôt part de «la mort des mains des terroristes» de «l’ingénieur Hessam Khochnevis» lors de son trajet entre Damas et Beyrouth, l’agence Fars publiait un communiqué des pasdarans précisant que le général Hassan Chateri était tombé dans une embuscade tendue «par des mercenaires à la solde de l’entité israélienne»… Avant de mettre fin au mystère, quelques heures plus tard, en précisant qu’il s’agissait du même et unique personnage.

Bien que démentie par Téhéran, l’implication des gardiens de la révolution en Syrie est régulièrement évoquée dans les capitales occidentales. Lundi encore, le quotidien américain Washington Post citait une source de l’Administration Obama évoquant la présence d’au moins 50.000 combattants iraniens sur le territoire syrien. Quand au fameux «Khochnevis», il avait en fait retenu l’attention de Washington dès le début de l’année 2010, date à laquelle le département du Trésor américain l’avait placé sur sa liste de sanctions renforcées en l’accusant d’apporter un soutien financier, matériel et technique au Hezbollah. Aujourd’hui, le fait est que la révélation de la double identité du personnage – qui s’apparente à une erreur de coordination entre différentes institutions iraniennes – vient confirmer, en grandeur réelle, l’ingérence iranienne en Syrie.

Netanyahou: "Le danger pour le monde c’est l’Iran.. et la Syrie"

Paru dans Libération, le 9  Janvier 2013

libe 9.1

Iran- guerre secrète en Syrie

Paru dans Valeurs Actuelles, le 1 Novembre 2012

Par Frederic Pons

La Turquie confisque une cargaison suspecte dans un avion syrien

Paru dans Les Echos, le 11 Octobre 2012

 

אנקרה הקפיאה את הטיסות האזרחיות אל סוריה וממנה. המטוס שיורט (צילום: EPA)

 

Alors que la tension reste forte entre Ankara et Damas, la Turquie a confisqué une cargaison suspecte découverte à bord d’un avion de ligne syrien après avoir intercepté l’appareil qui effectuait un vol entre Moscou et Damas, un peu plus tôt dans la journée, selon la chaîne de télévision NTV. La cargaison pourrait contenir des parties de missiles. L’avion attend le feu vert d’Ankara pour pouvoir reprendre son vol avec 35 passagers à bord.

Israël: le feu aux frontières

Paru dans le nouvel observateur, le 11 Octobre 2012

Par René Backmann 

 

Le défi au Hezbollah

Paru dans le nouvel observateur, le 11 Octobre 2012

 

Les Kurdes de Syrie voudraient profiter de la chute d’Assad

NY TIMES, LE FIGARO le 5 Octobre 2012

Par Tim Arango

Dan Meridor : «Il faut casser l’axe Iran-Syrie-Hezbollah»

Paru sur Figaro.fr, le 5 Octobre 2012
 Par Marc de Boni

 

INTERVIEW VIDÉO- Le numéro 2 du gouvernement israélien espère qu’une chute du régime de Bachar el-Assad permettra de disloquer l’alliance hostile à Israël formée par Damas, Téhéran et le Hezbollah.

 

http://www.lefigaro.fr/international/2012/10/05/01003-20121005ARTFIG00470-dan-meridor-il-faut-casser-l-axe-iran-syrie-hezbollah.php

Israël et Moyen-Orient dans les Médias français: Analyse quotidienne- 5 Octobre 2012

La coalition contre l’Iran n’est pas si faible et l’Iran n’est pas si fort », Dan Méridor

 

Israël en France.    L’actualité israélienne en France est médiatiquement trop faible aujourd’hui pour être analysée d’un point de vue éditorial représentatif.

A Noter. De plus en plus de jeunes israéliens se font tatouer le numéro de déportation d’un membre de leur famille par devoir de mémoire.(Journal de 20h de France 2- Claude Sempère)

Une réunion de presse s’est tenue jeudi à Paris entre le Ministre Israélien du renseignement, Dan Meridor, et les représentants des principaux médias français.Arrivé mardi à Paris, le ministre Dan Meridor a rencontré notamment le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, le ministre de l’intérieur Manuel Valls, le conseiller diplomatique de François Hollande, Paul Jean-Ortiz, et s’est entretenu avec  l’ancien président Nicolas Sarkozy.

La coalition contre l’Iran n’est pas si faible et l’Iran n’est pas si fort »a tenu à souligner le ministre israélien en se déclarant pour de nouvelles sanctions. "La question centrale, c’est la lutte entre l’Iran et le monde occidental. Il faut qu’elle s’achève par une victoire contre le régime de Téhéran ou en tout cas contre la militarisation du régime. Aujourd’hui, c’est le moment d’intensifier et d’élargir les sanctions pour que l’Iran comprenne qu’il a un choix à faire entre la poursuite de son programme nucléaire et la survie du régime" (La Croix)

La remise en cause des accords de Camp David avec L’Egypte n’est pas une option. Israël souhaite que les pays occidentaux, notamment la France a souligné Dan Meridor, fasse comprendre au nouveau président égyptien, que la remise en cause du traité « n’est pas une option«, et que celle-ci ne serait pas même discutée.

Nous souhaitons que d’autres traités soient signés avec des pays arabes : "Il est très important pour nous que le traité avec l’Egypte soit respecté. Car nous souhaitons que d’autres traités soient signés avec des pays arabes, et que vaudrait l’exemple égyptien si le premier traité signé devait être déchiré? »

Attention, il règne un faux calme dans les territoires palestiniens « On croit que la situation est calme, mais c’est faux«, analyse le ministre des renseignements. « Israël a reconnu l’OLP comme représentant du peuple palestinien, or il y a une lutte entre l’OLP et le Hamas, où l’on retrouve une rivalité commune à tout le monde arabe entre nationalistes et religieux. C’est avec Abou Mazen que nous voulons négocier, mais le Hamas exerce une forte pression sur lui. L’Autorité palestinienne n’a aucun contrôle sur les 10 000 roquettes et missiles du Hamas dans la bande de Gaza. »

Il faut du courage pour dire : le conflit est fini. « Il faut du courage pour le dire, analyse Dan Meridor, car l’OLP a bel et bien été créée en 1964 pour le retour des réfugiés en Palestine." Yasser Arafat en 2000 puis Abou Mazen en 2008 ont reculé devant l’idée d’admettre qu’il n’y aurait désormais plus rien à négocier, plus de revendications possibles et que les 5 millions de réfugiés et descendants de réfugiés ne reviendraient jamais en Israël.

Ehud Olmert a tout proposé il y a 4 ans. Dan Meridor estime que l’ancien premier ministre, Ehud Olmert a tout proposé à Abou Mazen : un Etat palestinien indépendant, un retour aux frontières de 1967 avec des échanges de territoires, le partage de Jérusalem et le retour de 5000 réfugiés. Or Abou Mazen n’a pas accepté. »

Abou Mazen ne recherche plus un accord avec Israël. " Abou Mazen a changé les buts et les moyens de l’Autorité palestinienne. Le but n’est plus un accord avec Israël mais une démarche unilatérale à l’ONU. Les moyens ne sont plus des négociations avec Israël mais des pressions venant de l’extérieur. Or ce choix est une erreur pour les Palestiniens"

Moyen-Orient. La dangereuse escalade entre la Turquie et la Syrie. Les médias français s’inquiètent et craignent une internalisation du conflit. . Qu’adviendra-t-il si les bavures se multiplient sur le territoire turc, s’interroge Direct matin ? Pour l’heure, estime libération, la Turquie bombe le torse pour rétablir sa crédibilité militaire face à la Syrie.

Un simple avertissement musclé ?  Il faut savoir que la Turquie dépend énergétiquement des importations en gaz en provenance de la  Russie et de l’Iran, deux des principaux alliés du régime Assad. L’Iran vient aussi de faire savoir à Ankara que toute offensive militaire turque serait considérée comme le dépassement d’une ligne rouge. (Figaro). C’est peut-être pourquoi le 1er ministre Erdogan a tenu à répéter, malgré le feu vert du parlement turc à des opérations militaires : "Non,  la Turquie n’a pas l’intention de déclencher une guerre contre la Syrie (Métro). Interrogé ce matin sur France Inter, le numéro deux de l’Ambassade de Turquie en France a déclaré : "nous ne souhaitons pas la guerre  mais nous n’hésiterons pas à donner les réponses adéquates aux agressions"

76 % des turcs seraient opposés à une intervention  militaire en Syrie selon un dernier sondage des médias locaux.  Pourtant, la presse turque citée aujourd’hui par les Echos  considère que les vents de la guerre soufflent sur la région.

 

חמישה אזרחים טורקים נהרגו מהירי הסורי (צילום: AFP)

 

La communauté internationale appelle au calme, car ni l’Otan, ni les USA ne veulent être forcés à intervenir dans la guerre civile syrienne (la Croix et 20 minutes)   

Contexte Proche et Moyen-Orient.  

Dossier nucléaire iranien.  Inacceptable. Selon des révélations du New York Times citées par les médias israéliens, les USA aurait refusé un vrai-faux plan de sortie de crise proposé par l’Iran. Un plan en neuf étapes pour renoncer à son programme nucléaire en échange de la levée de toutes les sanctions. Un plan pour faire du bruit médiatique.LesÉtats-Unis auraient rejeté l’offre iranienne, jugeant irréalistes les concessions demandées à l’Occident. Selon le rapport cité par la presse américaine, il  s’agirait davantage pour l’Iran de créer un buzz médiatique. 

Israël et les USA n’ont pas les moyens d’effacer le programme nucléaire iranien. Les médias israéliens se font aujourd’hui l’écho des déclarations du Secrétaire d’Etat à la Défense, Robert Gates. Une attaque militaire américaine ou israélienne contre l’Iran renforcerait le programme nucléaire iranien, a-t-il ajouté. 

 

 

Les diplomates européens préparent de nouvelles sanctions. L’Union européenne s’apprête à interdire les importations de gaz naturel iranien dans le cadre d’une série de nouvelles mesures pour accentuer la pression sur la République islamique.   

Des Elections en Israël  le 12 février 2013 ? Le Premier ministre Benyamin Netanyahu aurait déjà pris sa décision selon les médias israéliens.   

Reuven Rivlin appelle à des élections anticipées. Le président de la Knesset, en visite à Paris la semaine dernière, estime nécessaire la tenue d’élections législatives anticipées compte tenu de la situation économique du pays. L’incapacité de la majorité à voter le budget 2013 rend inévitable des élections anticipées, analyse R. Rivlin, qui  appelle à la dissolution de la Knesset le plus tôt possible. 

Alliance contrariée entre E.Barak et le Likoud. Les médias israéliens estiment que le refus du Likoud de placer l’actuel Ministre de la Défense parmi les têtes de liste du Likoud serait la cause des tensions entre B. Netanyahou et E. Barak.

 

 

Terrorisme palestinien. Les  USA ont imposé jeudi des sanctions financières contre deux "ONG libanaises"  qui collectaient des fonds pour financer des projets du Hamas à Jérusalem, sous couverts d’actions caritatives.

Le sud d’Israel à nouveau bombardé depuis Gaza. Une roquette palestinienne s’est abattue jeudi soir dans la région d’Ashkelon, sans faire heureusement ni dégâts ni victimes.

 

David Banoun – Responsable de l’Analyse des Médias  

La rébellion ou le régime, l’impossible choix des réfugiés palestiniens de Syrie

LE MONDE 29.09.2012

Par Laure Stephan 

 
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Ali se tient debout, devant le petit logement qu’il occupe dans le camp palestinien de Jalil, à l’entrée de Baalbek, dans la Bekaa. Sa femme le supplie de ne pas parler de politique. Cet étudiant de 27 ans, originaire de Yarmouk (le plus grand camp de réfugiés palestiniens de Syrie), dans le sud de Damas, parle avec hésitation, joue nerveusement avec ses lunettes. Pourtant, à Yarmouk, le jeune homme n’est pas resté inactif. Aux nombreux déplacés venus de la capitale depuis les violents combats de juillet, ou plus tôt, d’autres régions harcelées par le régime et dévastées par les affrontements, Ali a distribué de l’aide et ouvert les écoles comme abris. Un acte politique ? "Un geste de bienfaisance, un devoir. Je suis neutre", se défend Ali, sous le regard des chats qui ont colonisé les rues de Jalil.

Comme Ali, plus de 1 000 Palestiniens de Syrie, pour la plupart originaires de Yarmouk, ont gagné le camp de Jalil – 7 000 habitants – depuis juillet. Les nouveaux venus ont fui les violences qui ont ensanglanté Yarmouk au cours de l’été. L’endroit, où vivent quelque 150 000 Palestiniens mais aussi des dizaines de milliers de Syriens, est entouré par des quartiers rebelles, théâtres de combats entre insurgés et militaires. Il a plusieurs fois été bombardé par l’armée, notamment en septembre. "Le danger est incessant, la vie s’est arrêtée, les enfants sont perturbés", raconte Ali, qui vit à la lisière de Tadamoune, l’un des fiefs rebelles.

De nombreux habitants de Yarmouk se sont montrés solidaires "des Syriens qui souffrent du régime", selon les mots d’Ali. C’est le cas de Yassine, 42 ans. Portant une fine moustache, ce commercial dans l’industrie pharmaceutique raconte, dans un salon aux murs dénudés, avoir accueilli des civils, mais aussi des combattants ou des manifestants blessés dans les quartiers voisins. L’un de ses proches amis, médecin palestinien, vient d’être relâché ; il a été torturé pour avoir soigné clandestinement des blessés dans le camp.

"DU CÔTÉ DE LA RÉVOLTE MAIS EN SILENCE"

Pour Yassine, tout a basculé avec la révolte syrienne. "Jusqu’alors, j’avais vécu dans cet idéal d’un régime syrien défenseur de la cause palestinienne. Avec la répression de la révolte, ce credo s’est effondré, sans que je rejoigne l’opposition. Mais je me disais, comment soutenir un régime qui s’affiche pro-palestinien mais tue son peuple ? Au fond, quelles opérations de résistance contre Israël a-t-il jamais lancé ?", explique Yassine. Il estime que "pour la majorité des Palestiniens, le masque des Assad est tombé. Les réfugiés sont du côté de la révolte, mais en silence, car ils ont peur pour leur avenir". Selon lui, seule une poignée de Palestiniens ont pris part aux manifestations qui ont eu lieu avant l’été à Yarmouk."Ce n’est qu’en juillet, avec les bombardements, que les Palestiniens sont vraiment descendus dans la rue. Mais l’ampleur reste limitée", ajoute-t-il.

Dans le petit labyrinthe des ruelles pauvres de Jalil, où l’intimité est un luxe, Yassine est l’un des rares à s’exprimer aussi directement. Peut-être encore plus que d’autres en Syrie, les réfugiés palestiniens redoutent de prendre parti, et de perdre ce qu’ils ont pu construire. "Personne ne peut dire qui l’emportera en Syrie. Le sang qui coule nous fait horreur. Mais par le passé, les Palestiniens ont toujours perdu, quand ils se sont impliqués sur la scène nationale de leurs pays hôtes, comme au Liban", croit Amal, l’épouse de Yassine. Le mot d’ordre, répété par les factions politiques, est la prudence. "Les Palestiniens ont besoin d’amis, pas d’ennemis. La neutralité est notre meilleure protection", affirme un responsable du Fatah à Jalil, selon qui personne ne veut, à Yarmouk, de la présence de l’armée ou des rebelles, afin de préserver le camp.

"QUELLES GARANTIES NOUS OFFRE L’OPPOSITION ?"

Le sort peu enviable des Palestiniens du Liban, soumis à de sévères restrictions (sur l’accès à l’emploi, la propriété…) n’est pas pour encourager les nouveaux arrivants à risquer d’être chassés de Syrie. "Nous y sommes parfaitement intégrés, les réfugiés ont mieux vécu que dans d’autres pays d’accueil arabes", reprend Amal l’ingénieur.

Pourtant, les craintes des Palestiniens de Syrie renvoient à un statut peut-être moins favorable. "Nous sommes égaux avec les Syriens, même si, par exemple, nous n’avons pas le droit de vote. Mais nous restons à la merci des dirigeants. Chaque partie, opposition ou régime, instrumentalise la cause palestinienne et réclame notre soutien, juge Sleimane, 19 ans, lycéen, un bandeau de poignet à la main droite sur lequel est écrit "I love Palestine". "Moi, j’ai participé aux manifestations palestiniennes près du Golan occupé en 2011, et j’ai perdu trois amis, le régime s’est joué de nous. Même s’il nous a donné beaucoup de droits par le passé, dit Sleimane, devant un parterre d’enfants qui font claquer des pétards. Quelles garanties nous offre l’opposition ? Les Palestiniens sont solidaires, sur un plan humain, et pas seulement à Yarmouk. Mais risquer de mettre la communauté en danger par des opinions politiques est une ligne rouge. Pourquoi devenir une cible facile ?"

 

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