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De source gouvernementale: Relance des pourparlers de paix entre Israéliens et Palestiniens en juin 2013

Paru sur Ynet, le 10 Mai 2013

Traduction  de l’Hébreu  de Betty Harel

 

 

La reprise  des négociations  entre Israéliens et Palestiniens aura-t-elle bien lieu en juin 2013?  Telle est la grande question.

Compte tenu des intenses efforts déployés par le Secrétaire d’Etat  américain John Kerry pour relancer les pourparlers de paix entre Israéliens et Palestiniens,  les négociations pourraient en effet reprendre le mois prochain, juin 2013.  Tels sont les propos tenus (hier jeudi 9 mai) par un haut responsable Israélien, fortement impliqué dans les contacts qui se tiennent en coulisses  entre Jérusalem et Washington.

« Israël a présenté aux Etats-Unis une série de mesures qu’il serait prêt à adopter,  y compris le gel ou le ralentissement du rythme des constructions  à l’extérieur des trois grands blocs d’implantations »,  a déclaré ce même haut-responsable.  « Nous attendons maintenant une réponse du côté Palestinien.  « Ces derniers doivent faire part de leur position et exprimer leur volonté de reprendre les négociations même s’il semble bien que nous nous acheminions vers une reprise des négociations dans un proche avenir », a encore précisé cette même source.

De hauts fonctionnaires Israéliens ont récemment indiqué  qu’en aucun cas  Israël n’accepterait de conditions préalables à la reprise des négociations.  Il semblerait cependant que Benjamin Netanyahu serait, à la demande de Washington,  disposé  à  infléchir sa position et accepterait de prendre les mesures nécessaires, susceptibles  de faciliter le retour des Palestiniens à la table des négociations.  « Les choses seront plus claires dans les semaines à venir » a  encore déclaré ce haut-responsable.

 

Pour le texte intégral:

En hébreu http://www.ynet.co.il/articles/0,7340,L-4378474,00.html

En Anglais http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-4378537,00.html

 

De Jérusalem à Versailles, le pèlerinage des calices

LE MONDE | 08.05.2013 

Par Florence Evin

 

Des frères franciscains portant des objets de culte (calices et flambeaux royaux) devant le Saint-Sépulcre à Jérusalem (Israël).

Jérusalem (Israël). Troisième dimanche de carême, dix heures du matin, à Jérusalem. A la porte du Saint-Sépulcre, l’apparition fait sensation. Robe marron ceinturée d’une corde blanche, pieds nus dans ses sandales, Frère Stéphane, géant de deux mètres, un flambeau à fleurs de lys en argent doré dans chaque main, sort à grands pas de la basilique. Le suivent quatre acolytes tenant serrés ciboire, calices et chandeliers, présents offerts en aumônes par Louis XIII et Louis XIV. Sur l’esplanade de pierres blondes baignée de soleil, la scène, incongrue, fige un instant la foule des pèlerins avant qu’elle ne s’engouffre dans le saint des saints sombre comme une grotte et saturé d’encens.

Voilà nos cinq franciscains filant le long des ruelles pavées du souk, dérobant en partie leur royal butin sous de méchants sacs plastiques bleu et vert de supérette. Ils se faufilent entre les étals où embaument le musc, le santal, la cardamome et le cumin, frôlent les pyramides de grenades et d’oranges, manquent d’emporter dans leur élan les piles de châles brodés et les guirlandes de chapelets en bois d’olivier.

Vingt minutes plus tard, les frères mineurs arrivent sains et saufs à l’ombre des remparts qui verrouillent la vieille ville et son lacis de venelles. Ils ont touché au but et rejoint leur couvent Saint-Sauveur, siège de la Custodie de Terre sainte. Ce "ministère" de l’ordre fondé par François d’Assise en 1209 englobe les régions du Levant baignées par la Méditerranée : Israël, Palestine, Jordanie, Syrie, Liban, Egypte, les îles de Chypre et de Rhodes. Les franciscains sont les gardiens du Saint-Sépulcre, depuis la bulle du pape Clément VI signée en Avignon le 21 novembre 1342.

Ont-ils pris un risque ? Cette escapade leur semble toute naturelle. La vieille ville est sous la haute garde de l’armée israélienne, qui patrouille jusque dans la basilique sacrée. Il n’empêche, Frère Stéphane précise : "Ces pièces uniques valent des fortunes. On évite de dire où on s’en sert et pour quelle occasion. Ici, on a une mafia très efficace, rien n’empêcherait une mésaventure. Mais personne n’a jamais pillé les sacristies. Tout est resté."Trente messes chaque jour sont célébrées à Bethléem, vingt-cinq au Saint-Sépulcre, avec celles des cérémonies où cette vaisselle d’or prend place sur les autels.

 

Grand bassin, un présent de Louis XIII en 1625. Argent repoussé, ciselé et doré réalisé par l'orfèvre parisien Claude Caignet. Diamètre : 39 cm. Jérusalem, Custodie de Terre Sainte. A noter : la présence d'une large aile plate ciselée d'une rangée de fleurs de lys et bordée d'une frise d'oves. Le fond est repoussé et ciselé d'un semé de quatre rangs concentriques de fleurs de lys de tailles décroissantes mettant en valeur, au centre, les armes de France et de Navarre.

 

DEUX CENTS ŒUVRES D’ORFÈVRERIE

Pour l’heure, les calices des rois de France sont attendus dans une cellule de Saint-Sauveur afin d’être inventoriés avant leur départ pour la France où ils seront exposés, pour trois mois, au château de Versailles (Yvelines). Avec plus de deux cents œuvres d’orfèvrerie et des chasubles multicentenaires, chapes, dalmatiques en brocart de soie à fils d’or et d’argent, dont les frères ne mesuraient ni l’ampleur ni le prix avant de les voir ensemble. Un trésor offert au fil des siècles par les cours européennes.

Mains gantées, lunettes sur le nez, manches retroussées, Béatrix Saule, conservatrice générale du patrimoine, directrice du Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, est à pied d’œuvre dans la cellule exiguë de Saint-Sauveur où s’entassent jusque sur le sol les flambeaux, lampes, et autres objets liturgiques en argent et en or. Il faut dresser un état minutieux de chaque pièce en partance, noter les éclats sur la dorure, l’absence d’un saphir ou d’un rubis, signaler les éléments à restaurer. "Les rois d’Espagne envoyaient trois calices par an, lance-t-elle pour justifier une telle profusion. Le registre d’entrées permet de dater les objets, les poinçons identifient les auteurs. L’Italie donnait les hommes, l’Espagne l’argent et la France la diplomatie."

Soulevant délicatement le couvercle en bois d’une longue boîte poussiéreuse, la commissaire s’émeut devant le parfait état de la crosse dorée offerte par Louis XIV qui repose dans son étui d’origine. Examinant l’ostensoir en or massif piqué de rubis, d’émeraudes et de diamants offert par Charles de Bourbon, roi de Naples – grâce aux aumônes de tout un royaume – et arrivé à Jérusalem le 27 janvier 1747, elle reste sans voix. La pièce d’exception rivalise par sa finesse d’exécution avec le baldaquin et son crucifix – de la même provenance –, aux rocailles et marbrures réalisées en saphirs et lapis-lazuli agrémentées de sarments de vigne et grappes de rubis.

DÉPART DE TRENTE-CINQ CAISSES

Suit l’essayage par Frère Stéphane d’une chasuble en damas rouge, semé de fleurs, fruits, rubans, trophées, griffons, anges, chérubins… brodé aux fils de soie "en peinture à l’aiguille" : le plus spectaculaire des vestiaires liturgiques de ce trésor, provenant de la République de Gênes (1686-1697). Ses dix pièces – chasubles, chapes, dalmatiques, antependium… – ont retrouvé leur éclat après la minutieuse restauration réalisée pendant deux ans par les sœurs adoratrices du Saint-Sacrement de Bethléem.

Soixante-six centimètres de carrure : la mesure relevée par Béatrix Saule entre les épaules du franciscain lui sert de repère en vue de l’installation de cet ornement liturgique à Versailles. La commissaire est à l’affût du moindre détail utile avant le départ des trente-cinq caisses de Jérusalem. Il faut imaginer la mise en scène de cet ensemble inédit pour faire parler l’Histoire.

Devant cette profusion, il est précisé que tout n’arriva pas à bon port. L’exemple de l’aumône de Louis XIII expédiée en 1624 et de sa mésaventure en dit long – 7 125 piastres et une chapelle composée de lampes, flambeaux, croix, bassins, aiguières, boîtes à hosties… en argent doré à fleurs de lys qui complétaient les présents de paramentique (vêtements liturgiques) envoyés trois ans plus tôt.

"Tout laisse à penser, notent Danièle Véron-Denise et Michèle Bimbenet-Privat dans le très complet catalogue qui accompagne l’exposition, que l’escale à Saïda fut désastreuse et qu’y furent dérobés les calices, patènes, croix d’autel, corbeilles, clochettes…", ensemble ciselé entre 1617 et 1624 par l’orfèvre parisien Claude Caignet.

Devant une telle accumulation de richesses, Frère Stéphane le dit sans détour : "Avant les calices des rois de France, les vraies pierres précieuses sont les chrétiensCe sont les gens, la population locale, nos pierres vivantes, nous sommes une église." Une population qu’il soigne, éduque et souvent loge – sur les terrains achetés au XIXe siècle par la Custodie et bâtis.

Sa mission est d’un autre ordre. Curé de Bethléem, il est fier d’animer la première école catholique fondée au XVIe siècle (sur les quatorze de Palestine), et d’avoir pu envoyer la première athlète palestinienne aux Jeux olympiques, entraînée grâce aux équipements de sport… Il se réjouit de voir les enfants de toutes confessions dans les cours de musique dispensés à Saint-Sauveur. Et rappelle que toutes les écoles de la Custodie cultivent la mixité : "A Jéricho, nous avons 98 % de musulmans."

"On est en Orient ici avant d’être chrétien, rappelle Frère Stéphane. Vivre ensemble dans un lieu exigu, c’est un œcuménisme au quotidien." Pour le franciscain, le Saint-Sépulcre, "la cathédrale du souk", est un "chez-soi universel". Une Babel où résonnent et s’emmêlent les chants de toutes les communautés chrétiennes, latine, grecque, arménienne, éthiopienne, syriaque, copte.

Une Babel qui bientôt disposera d’un musée du christianisme à Saint-Sauveur. "L’exposition de Versailles nous donne l’occasion de mieux comprendre la nature et la valeur de notre patrimoine", analyse Frère Pierre-Baptiste Pizzabolla, patron de la Custodie qui veut en assurer la sauvegarde. Le temps aussi, est-il convaincu, de tisser encore les liens entre les communautés, même si eux, les franciscains, n’arrivent pas à faire tomber les hauts murs dressés par l’Etat.

Nucléaire iranien : un arsenal de pointe américain promis à Israël

LE MONDE | 23.04.2013 

Par Laurent Zecchini

Si ce n’est pas un feu vert implicite donné à Israël pour se lancer dans l’aventure de frappes militaires contre les sites nucléaires iraniens, cela y ressemble fort… Mais, consciente de ce risque, l’administration américaine a beaucoup insisté pour que sa décision de fournir des armements sophistiqués à l’Etat juif ne soit pas interprétée comme un accord tacite à une accélération de la planification d’une attaque de l’Iran.

 

Le secrétaire d'Etat américain à la défense, Chuck Hagel (au centre), son homologue israélien, Moshé Yaalon (à gauche), et l'ambassadeur des Etats-Unis en Israël, Dan Shapiro, survolent en hélicoptère le plateau du Golan, lundi 22 avril.

 

En arrivant à Jérusalem, dimanche 21 avril, le secrétaire américain à la défense, Chuck Hagel, a reconnu que ce contrat de vente d’armes américaines à Israël était un "signal très clair pour l’Iran". Israël "prendra la décision qu’il doit prendre pour se protéger et se défendre lui-même", a-t-il ajouté. La tournée régionale de M. Hagel – après Israël, il se rend en Jordanie, en Arabie saoudite et dans les Emirats arabes unis – est clairement placée sous le signe des menaces iranienne et syrienne.

Les commandes ayant reçu l’imprimatur de la Maison Blanche concernent des capacités militaires stratégiques au profit d’Israël, mais aussi de l’Arabie saoudite et des Emirats, trois Etats menacés à des degrés divers par les projets iraniens. Leur montant total s’élèverait à 10 milliards de dollars (7,67 milliards d’euros), dont près de la moitié consacrée à l’achat par les Emirats de vingt-cinq avions de chasse F-16, un marché incluant la formation de pilotes émiratis aux Etats-Unis.

Alors que Riyad (qui avait déjà bénéficié d’un faramineux contrat d’armement de plus de 29 milliards de dollars en 2010) pourra notamment acquérir des missiles sophistiqués, le type d’armes fournies à Israël est particulièrement significatif, puisqu’il comprend, selon M. Hagel, "des missiles antiradiation et des radars perfectionnés pour les chasseurs, des avions de ravitaillement en vol KC-135 et surtout des appareils de transport V-22 Osprey, que les Etats-Unis n’ont fourni à aucun autre pays".

LA QUESTION DU RAVITAILLEMENT EN VOL DES CHASSEURS ISRAÉLIENS

Cela fait plusieurs années qu’Israël réclamait en vain de pouvoir acheter des KC-135 – le président américain George Bush s’y était opposé en 2008 – afin de renouveler sa flotte vieillissante de Boeing 707 modifiés en avions ravitailleurs. La question du ravitaillement en vol des chasseurs bombardiers israéliens F-15 et F-16, qui auraient pour éventuelle mission d’aller détruire des sites iraniens, est l’un des principaux défis que doit relever Israël, même si l’option aérienne n’est pas la seule.

De même, en acceptant de livrer des avions hybrides V-22 à Israël – l’Osprey, à la fois avion de transport et hélicoptère, est un appareil adapté aux opérations spéciales lointaines, comme celles menées par les Etats-Unis en Irak, en Afghanistan et en Libye –, Washington manifeste sa volonté, comme l’a souligné Chuck Hagel, de fournir à l’Etat juif "tout le soutien qui lui sera nécessaire pour maintenir sa supériorité militaire et aérienne face à tout Etat, coalition d’Etats ou acteurs non étatiques".

Il n’en demeure pas moins que, comme le souligne le New York Times,Washington n’a toujours pas accepté de fournir à Israël les bombes ultrapuissantes GBU-57 AB, seules capables de détruire les installations profondément enfouies de l’usine d’enrichissement nucléaire iranienne de Fordow, située près de la ville sainte de Qom.

Ces décisions, a souligné le secrétaire américain à la défense, montrent que la coopération militaire entre les Etats-Unis et Israël "est plus forte que jamais et qu’elle n’ira qu’en se renforçant à l’avenir". Washington a donné récemment des gages dans ce sens en annonçant une aide de 220 millions de dollars pour financer une sixième batterie du système antimissile Iron Dome, qu’Israël déploie sur son territoire en fonction de l’évolution des menaces provenant de Gaza, de la région du Golan (frontalière avec la Syrie) ou de sa frontière nord, face au Hezbollah libanais.

L’OPTION MILITAIRE CONTRE L’IRAN DOIT ÊTRE LE "RECOURS ULTIME"

L’Etat juif souhaite, d’autre part, obtenir des Etats-Unis la vente de carburant (notamment pour son aviation) pour un montant de 2,67 milliards de dollars. M. Hagel a soufflé alternativement le chaud et le froid au cours de sa visite à Jérusalem, soulignant que l’option militaire contre l’Iran devait être le "recours ultime", tout en reconnaissant que c’est à Israël de décider, en tant que "nation souveraine", s’il doit ou non se lancer dans une offensive contre Téhéran. Bon prince, le ministre de la défense israélien, Moshé Yaalon, a indiqué que son pays ferait preuve de "patience"avant de s’y résoudre.

Cet engagement ne veut pas dire grand-chose, dans la mesure où les responsables israéliens maintiennent à dessein l’ambiguïté sur leurs intentions. Lors de la visite du président Barack Obama à Jérusalem, le 20 mars, le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, s’était montré conciliant, c’est-à-dire prêt à accepter le calendrier des Etats-Unis, pour qui Téhéran n’aura pas franchi de "ligne rouge" nucléaire avant environ un an.

Le chef d’état-major de l’armée israélienne, le général Benny Gantz, a cependant souligné, il y a quelques jours, qu’Israël avait la capacité militaire d’attaquer seul les installations nucléaires iraniennes. De ce point de vue, l’adoption, le 15 mars, par la commission des affaires étrangères du Sénat américain, d’une résolution prévoyant un soutien militaire et diplomatique automatique des Etats-Unis, au cas où Israël, par "légitime défense", se sentira "obligé" d’engager une action militaire contre l’Iran, a été accueillie avec satisfaction à Jérusalem.

Israël et Moyen-Orient: Revue des Médias français et israéliens- 11 Avril 2013

 

Première rencontre officielle à Jérusalem Est entre un ministre occidental et israélien.  Un tabou vient d’être brisé estiment les médias israéliens après la rencontre mercredi entre John Baird et Tzipi Livni à Jérusalem est.

 Contexte France. Choc Cahuzac contre électrochoc du gouvernement Hollande. Les mesures d’éthique et de transparence annoncées mercredi par le Président Hollande pour réglementer toute activité politique annoncée mercredi font l’objet de très vifs débats médiatiques et polémiques. Cette première crise de la présidence Hollande s’accompagne d’un raidissement des mouvements d’oppositions au sein du gouvernement et du parti socialiste. Nombreux sont les commentateurs politiques qui notent le choix médiatique du président socialiste de l’Assemblée nationale, Claude Bartelone, qui prend position aujourd’hui dans le quotidien de droite le Figaro : "Rendre public (son patrimoine), c’est du voyeurisme". Les députés ne doivent pas être jetés en pâture».  

Israël en France. Le traitement de l’actualité israélienne est aujourd’hui encore trop faible  pour être analysée d’un point éditorial représentatif.

i24 news lancé cet été. La nouvelle chaine d’information israélienne lancée cet été (Humanité). Diffusée à l’internationale en français, en anglais et en arabe, cette nouvelle chaine d’information continue se positionne comme une nouvelle concurrence pour France 24 et Al Jezira (France info). Selon Franck Melloul, son directeur français, ancien conseiller medias du 1er ministre  Dominique de Villepin, la lettre "i" a été choisie pour symboliser les valeurs portées par la nouvelle chaine : information international, innovation, interactive et Israël .

Le Hamas contesté par les Palestiniens. Selon un sondage palestinien, en cas d’élections, les islamistes du Hamas qui dominent la bande de Gaza obtiendraient deux fois plus de votes que le Fatah dirigée par M. Abbas, 42,6 % contre 20,6%, soit une baisse de près de 8 points par rapport au sondage réalisé en décembre dernier après l’Opération Pilier de défense (Les Echos).  1/ 4 des palestiniens pour la lutte armée. Il faut noter que 65,1% des personnes interrogées soutiennent la position de la direction palestinienne de ne pas reprendre les négociations de paix avec Israël sans gel des implantations. Plus d’un quart de palestiniens interrogées, 25,1 %, se déclarent aussi pour la lutte armée contre Israël. (Source JMCC)

Le Hamas torture et fait la chasse aux collaborateurs palestiniens. "Des milliers de Palestiniens sont à la solde d’Israël", déclare un responsable du Hamas qui met en scène les aveux d’un prisonnier palestinien, accusé d’avoir fourni des informations à Israël (Arte journal).

Moyen-Orient.  Al Qaida en Syrie.  " En Syrie, l’Etat islamique sera construit par tout le monde, sans exclusion d’aucune partie ayant participé au Djihad". Cette déclaration du chef d’Al Nosra et son allégeance à Al Qaida va aggraver la défiance parmi les soutiens internationaux à la rébellion syrienne (G. Malbrunot, Figaro)

"Quand le monde chancelle". Dans sa chronique de littérature géopolitique dans le Figaro, Eric Zemmour explique comment depuis la révolution iranienne de 1979, la religion est devenue un projet politique majeur des sociétés musulmanes. "Chacun arrose de dollars les masses pour les ré islamiser et finance le terroriste djihadique".

Le nouveau visage du djihadisme français. C’est en Syrie que la présence de Djihadistes français est la plus forte constate Jacques Follourou du Monde : de l’ordre de 80 terroristes français selon un conseiller ministériel cité par le quotidien.  D’autres djihadistes cherchent à rejoindre le Sahel, l’Afghanistan et le Pakistan.

Contexte Proche et Moyen-Orient.

Accident mortel de la route en Israël. L’ensemble des médias israéliens consacrent leur actualité à ce terrible accident de la route qui s’est produit  près de Haïfa, provoquant la mort de 6 personnes et faisant 16 blessées. Ce tragique accident a mobilisé 29 ambulances et 8 véhicules d’urgence. Le conducteur était déjà sous le coup de 28 infractions routières.

 

Magen David Adom ambulances.

 

Salam Fayyad, une démission annoncée. Selon les medias israéliens, le 1er ministre palestinien Salam Fayyad devrait annoncer jeudi sa démission de ses fonctions. Au cas où celle-ci serait acceptée par le président Abbas, pour l’instant, aucun nom ne circule pour le remplacer.

Première rencontre officielle à Jérusalem Est entre un ministre occidental et israélien. Le ministre des Affaires étrangères canadien John Baird s’est rendu officiellement mercredi  à Jérusalem est, pour y rencontrer la ministre israélienne de la Justice, en charge des négociations avec les Palestiniens, Tzipi Livni, dont  le ministère est situé à Jérusalem Est. Un tabou vient d’être brisé. Les médias israéliens font remarquer que c’est la première fois qu’un ministre occidental accepte une rencontre officielle avec des ministre israéliens, à Jérusalem Est.

Benyamin Netanyahou assistera aux obsèques de Mme Thatcher. La presse israélienne se fait aujourd’hui l’écho des messages personnels adressés au premier ministre israélien par la Dame de Fer. En 1999, après sa défaite aux élections législatives, Benyamin Netanyahou aurait reçu un message de soutien de l’ancienne premier ministre britannique. Il se serait aussi rendu à Londres en 2000 pour lui rendre visite.

 

בני הזוג נתניהו עם תאצ'ר ב-2004 (צילום: משרד ראש הממשלה)

 

Semi- grève au ministères des Affaires étrangères. La grève des passeports diplomatiques se poursuit au sein du Foreign Affairs israélien. Il s’agit du deuxième mouvement de protestation d’ampleur de diplomates et fonctionnaires israéliens du ministère. Les semi-grévistes réclament une augmentation de salaires, notamment pour les diplomates en fonction à l’étranger, ainsi qu’un système de nominations et de promotions plus transparent. Depuis plusieurs semaines notent les médias israéliens,  le ministère des Affaires étrangères est entré en demi-grève et refuse notamment de délivrer de nouveaux passeports diplomatiques.

Cette grève des passeports pourrait empêcher le 1er ministre israélien de se rendre en Angleterre pour assister aux obsèques de M. Thatcher le 17 avril prochain. Selon les médias israéliens, une partie de la nouvelle équipe du 1er ministre israélien ne serait pas encore accréditée de nouveaux passeports diplomatiques.

John Kerry fait pression sur la Turquie. Le 1er ministre Erdogan a reporté sa visite dans la bande de Gaza suite à des discussions avec le nouveau secrétaire d’Etat américain John Kerry. Les médias  israéliens rappellent que des discussions seront engagées entre Israel et la Turquie, le 22 avril prochain, pour mettre un terme à l’affaire du Marvi Marmara.

Des femmes en Talith arrêtées devant le Kotel. La police a procédé à l’arrestation de cinq femmes portant le châle de prière alors que la cour suprême s’y était opposée.

 

חברות הכנסת שביקשו להתלוות למעוכבות נתקלו בתחילה בסירוב של המשטרה (צילום: אוהד צויגנברג)

 

David Banoun – Responsable de l’Analyse des Médias 

Le Canada renouvelle son alliance "spéciale" avec Israël

9 avr 2013 (AFP)

Le ministre canadien des Affaires étrangères John Baird a renouvelé mardi l’alliance "étroite et spéciale" de son pays avec Israël à l’issue d’une longue visite dans la région.

"A la suite d’une rencontre chaleureuse et constructive entre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le ministre canadien des Affaires étrangères John Baird, les deux hommes ont réaffirmé les liens d’amitié étroits et spéciaux qui caractérisent les relations bilatérales", selon un communiqué conjoint.

"Aujourd’hui, le Peuple Juif est maître de son propre destin, comme les autres nations, dans son propre Etat Juif et souverain", a ajouté ce communiqué publié après un entretien entre MM. Baird et Netanyahu à Jérusalem.

Les deux dirigeants se sont entretenus des "questions régionales, y compris du programme nucléaire iranien et du soutien de l’Iran au terrorisme international, mais aussi de la crise en Syrie et de l’importance de la relation israélo-turque", a précisé le texte.

Au cours de sa visite en Israël, largement éclipsée par celle de son homologue américain John Kerry, M. Baird a rencontré les principaux dirigeants israéliens, notamment le président Shimon Peres, ainsi que des représentants des milieux d’affaires.

La délégation canadienne a discuté avec ses interlocuteurs de coopération dans les domaines économique, commercial, énergétique, sécuritaire et scientifique, entre autres.

Le Canada est l’un des soutiens les plus solides d’Israël, en particulier dans la crise nucléaire iranienne, et a été l’un des rares grands pays à s’opposer à la démarche des Palestiniens pour obtenir le statut d’Etat observateur à l’ONU, une initiative couronnée de succès en novembre 2012.

Le chef de la diplomatie canadienne a d’ailleurs pris acte du "désaccord" avec les Palestiniens lors de son bref séjour samedi à Ramallah (Cisjordanie), au cours duquel il a été reçu par le président Mahmoud Abbas, le Premier ministre Salam Fayyad et son homologue Ryad al-Malki.

"Nous restons d’avis que les négociations sans conditions préalables constituent la voie idéale pour garantir une paix durable", a répété M. Baird.

Le Canada s’est engagé à verser 300 millions de dollars sur cinq ans en faveur de l’aide au développement et de la sécurité en Cisjordanie.

Au Proche-Orient, Kerry se méfie de toute précipitation

Paru dans Le Figaro, le 10 Avril 2013

Par Adrien Jaulmes

 

John Kerry a rencontré Benyamin Nétanyahou hier à Jérusalem au cours d'un entretien qu'il a jugé constructif.

 

John Kerry veut y croire. Après une visite de trois jours en Israël et dans les Territoires palestiniens, le secrétaire d’État américain se dit convaincu qu’il existe une solution au conflit contemporain «le plus profond, le plus long, le plus compliqué et le plus frustrant».

«Je crois qu’on peut y arriver», a dit Kerry au personnel diplomatique américain à Jérusalem. «J’y crois vraiment ou alors je n’aurais pas accepté ce poste à la demande du président ; je ne serais pas revenu ici pour la énième fois en temps que sénateur, et pour la troisième fois comme secrétaire d’État». Après la visite officielle d’Obama, où le président américain est parvenu à rétablir des relations cordiales avec Nétanyahou et avec l’opinion israélienne, John Kerry est chargé de la partie plus ingrate: relancer le processus de paix interrompu depuis quatre ans. Avec une équipe de négociateurs renforcée, Kerry a prévu de se rendre régulièrement dans la région, au rythme de deux visites par mois.

Le nouveau plan américain est de transférer les pourparlers en Jordanie, et, plutôt que de laisser Israéliens et Palestiniens face-à-face, de mener les négociations à quatre en incluant les USA et les Jordaniens.

Pourtant, malgré ses rencontres avec Benyamin Nétanyahou et Mahmoud Abbas, qu’il a qualifiées de «très constructives», le secrétaire d’État américain en est encore à l’étape préliminaire. Il doit commencer par négocier pour ramener Israéliens et Palestiniens à la table des négociations.

Le président de l’Autorité palestinienne refuse toujours de reprendre les pourparlers sans un gel de la colonisation israélienne en Cisjordanie et à Jérusalem-Est – demande qu’il répète depuis quatre ans, et qui constitue l’un des principaux points de blocage.

Pour compliquer encore un peu plus la tâche de Kerry, Mahmoud Abbas demande aussi un geste significatif de bonne volonté de la part des Israéliens, comme la libération de prisonniers palestiniens, en particulier ceux emprisonnés depuis l’époque précédant les accords d’Oslo de 1993. Abbas a ajouté à ses requêtes que le gouvernement israélien produise une carte du territoire qu’il est prêt à céder à un futur État palestinien.

Les Israéliens refusent d’accéder à des demandes qu’ils qualifient de «préconditions». Tzipi Livni, ministre de la Justice, et chargée des pourparlers, avait été la seule à donner un signe de bonne volonté, en renonçant à exiger comme préalable aux négociations la reconnaissance d’Israël comme État juif, a été de son côté critiquée par plusieurs ministres.

La tâche de John Kerry n’est donc pas simple. Le secrétaire d’État américain, qui incarne la nouvelle approche moins frontale décidée par Obama, ne veut pas forcer la main des uns ou des autres. Il devrait plutôt tenter, selon l’analyse des diplomates, d’obtenir des engagements discrets, ou même secrets, de chaque partie: les Israéliens suspendraient sans l’annoncer les nouvelles constructions en dehors des grands blocs de colonies, et les Palestiniens s’abstiendraient en échange de nouvelles initiatives diplomatiques à l’ONU. «Il est plus important de bien faire que d’aller vite», a dit Kerry.

Un Goëring bientôt "Juste parmi les nations "?

Source: ynet et globes

Albert Goering,  frère du  criminel nazi Hermann Goering,   commandant en chef de la Luftwaffe et bras droit d’Hitler, pourrait être reconnu comme  "Juste parmi les nations" à titre posthume.
Le dossier Albert Goering est actuellement à l’étude sur la table d’Irena Steinfeldt, qui dirige le Département des "Justes parmi les Nations" à Yad Vashem (Jérusalem).  Le titre de Juste est considéré comme la plus haute distinction civile en Israël. Il n’est attribué, au terme d’une longue et minutieuse enquête, que s’il est prouvé et confirmé, par au moins deux témoins, que le récipiendaire a sauvé des Juifs au péril de sa propre vie et sans aucune rétribution financière.Albert, le frère cadet d’Hermann Goering exécrait  l’idéologie nazie.  Usant de son nom et de l’influence que lui conférait  la position de son frère au sein du III ème Reich, il aurait sauvé la vie de plusieurs dizaines de juifs et d’opposants politiques durant la seconde guerre mondiale. Il aurait ainsi aidé des victimes persécutées par les nazis avec de l’argent et des faux papiers. Mais ses actes de résistance et de sauvetage ne sont pas encore à ce jour publiquement reconnus.

Durant presque toute  la seconde guerre mondiale,  Albert Goering fut  employé comme directeur export de l’usine Skoda en Tchécoslovaquie, pays qui fabriquait d’importantes quantités d’armes destinées à  la machine de guerre nazie.
Arrêté à la fin de la guerre, Albert Goering passa deux ans en prison.  Il fut finalement acquitté suite aux nombreux témoignages de travailleurs de l’usine qui témoignèrent en sa faveur.

On suppose qu’Albert Goering était en fait le fruit d’une relation extra-conjugale secrète  de sa mère avec son parrain, le Docteur  Hermann Von Epenstein, ayant des origines juives.

 Les biographes nazis se sont efforcés de passer  sous silence cette  liaison. On attribuait par ailleurs à Albert Goering   une indéniable ressemblance physique avec  Von  Epenstein. 

Albert Goering  mourut  en 1966 à l’âge de 71 ans seul et dans le dénuement.    

Si l’enquête de Yad Vashem aboutit positivement, l’Etat d’Israël pourrait décerner à un membre de la famille Goering,  le titre  de  Juste  parmi les Nations et comme la tradition  le veut,  planter un arbre à sa mémoire sur les hauteurs de Jérusalem.   

 

 

Les amis français de l’université de Jérusalem célèbrent Jean d’Ormesson

Paru dans Le Figaro, le 19 Mars 2013

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Jérusalem la fringante

 

Paru dans Le Point, le 28 Fevrier 2013

Par Clement Petreault 

 

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Le mocassin d’Oz

 

LE MONDE DES LIVRES | 15.02.2013

Par Florence Noiville

Quoi de plus naturel pour un écrivain que de commenter son dernier ouvrage dans les locaux de son éditeur ? Amos Oz s’en étonne pourtant. Comme si, à y bien réfléchir, il trouvait cela étrange. Incongru. "Regardez-moi, dit-il. Je suis assis devant vous, dans ce salon de Gallimard, entouré de livres et vous parlant des miens. Quelle ironie du sort, quand j’y pense… Je veux dire, c’est tellement contraire à…"

A quoi ? A ses rêves de jadis. Dans un an, Oz aura vécu trois quarts de siècle. A près de 75 ans, il est unanimement considéré comme l’écrivain israélien le plus important de sa génération. Tant pour son œuvre de fiction ou de souvenirs - Mon MichaëlToucher l’eau, toucher le ventUne histoire d’amour et de ténèbres(Gallimard, 1995, 1997, 2004) – que pour ses essais engagés en faveur de la paix - Aidez-nous à divorcer ! ou Comment guérir un fanatique (Gallimard, 2004 et 2006). Mais justement. C’est peut-être cette impression d’accomplissement qui le pousse aujourd’hui à regarder en arrière. Et l’ironie du sort, c’est que, dans sa jeunesse, Amos Oz aurait tout donné pour… ne pas "finir" écrivain !

"EN RÉBELLION"

"C’est même pire que ça, raconte-t-il. A l’époque, j’avais quitté la maison pour m’enfuir au kibboutz. J’étais en rébellion contre mon père. Je détestais ce qu’il incarnait. Pendant longtemps, j’ai voulu être son exact contraire. Il votait conservateur, j’étais socialiste. Il pensait que la terre d’Israël n’appartenait qu’aux juifs, je voulais me battre pour la partager avec les Palestiniens. Il était petit, je voulais devenir grand – ça, je vous l’accorde, ça n’a pas du tout marché ! Enfin, mon père était un intellectuel et j’avais décidé de devenir… conducteur de camions."

Conducteur de camions ? Vraiment ? De ses yeux clairs, Oz observe malicieusement son interlocuteur par-dessus sa tasse de café. "Oui, vraiment… Mais, après quelque temps, j’ai déchanté. Les gars du kibboutz étaient bronzés et costauds. Moi, le citadin, le pâlot, le gringalet, je n’étais pas bon à grand-chose." Il admet que les filles, par ailleurs, l’ont rapidement accaparé. "Pour les épater, je me suis mis à inventer des histoires. A en écrire aussi." Conduire ou séduire, il faut parfois choisir. C’est ainsi que la fiction a détrôné les camions. C’est ainsi qu’Amos Oz est devenu écrivain.

De cet épisode, le grand auteur israélien tire aujourd’hui deux leçons. La première, c’est que "toutes les rébellions sont vouées à l’échec". La seconde, que le milieu clos du kibboutz est un formidable laboratoire pour étudier les passions, les faiblesses et les désirs humains. "Bien sûr que je me suis servi de mon expérience de kibboutznik pour écrire Entre amis, dit-il. Mais le kibboutz n’est qu’un prétexte. Ce qui m’intéresse dans ce livre, comme d’ailleurs dans une grande partie de mon oeuvre, ce sont des choses très complexes et très simples. Le sentiment du manque, de la perte, la peur de la mort, l’isolement, la solitude."

"SOLITUDE INCURABLE"

On a tort de dire qu’Amos Oz est un écrivain. Il est en fait, tel Janus, deux écrivains à la fois. Il y a d’abord l’intellectuel engagé, celui dont les essais, les articles et une partie des livres – dont La Boîte noire (Calmann-Lévy, 1987, puis Gallimard, 1994) – aborde la question du conflit israélo-palestinien et du combat contre les extrémismes. Mais il y a aussi – moins visible, peut-être ? – un Amos Oz poète de l’intime, du quotidien, de la vie minuscule. Celui-là même qui, assis devant nous dans le salon de Gallimard, raconte sa jeunesse, ses vrais-faux rêves de camionneur, ses déboires avec les filles… Et qui, sans cesse revient à cette"solitude incurable" qui hante ses héros dans leurs kibboutz, depuis Terres du chacal (Stock, 1965) jusqu’à Entre amis, en passant par Ailleurs peut-être(Gallimard, 1966). "Pensez à la peinture de Michel-Ange au plafond de la chapelle Sixtine, dit-il. C’est ainsi que je vois mes personnages. Ils tendent la main l’un vers l’autre. Leurs doigts s’effleurent presque, mais ne se rejoignent jamais."

Oh, il ne s’en faut pas de beaucoup. Quelques millimètres, à peine. Mais le fait est : les personnages d’Amos Oz ont beau se rapprocher, ils ne se touchent pas. Ne se retrouvent pas. L’écrivain ne croirait-il pas à cette autre "chose très complexe et très simple" que l’on appelle l’amour ? "Vous avez raison, dit-il, j’écris beaucoup sur l’amour, mais d’une façon non sentimentale. Parce que l’amour, voyez-vous, n’est pas toujours un cadeau. C’est même parfois un obstacle dans l’existence."

Que veut-il dire par là ? Que l’on se méprend gravement sur l’amour. "Un de mes illustres compatriotes, Jésus, croyait en l’amour universel. Comme David Dagan, l’un de mes personnages, il pensait que tout un chacun, s’il veut bien s’en donner la peine, doit parvenir à aimer son prochain. Il avait tort. L’amour est une denrée rare. Je le montre dans nombre de mes livres, aucun de nous ne peut aimer vraiment plus de cinq ou six personnes. Sur ce sujet, Jésus en demande trop !"

Il y a encore un silence amusé. Amos Oz poursuit intérieurement le fil de sa pensée. "Encore une fois, Jésus ne dit pas : soyez justes les uns envers les autres. Ou : soyez respectueux les uns des autres. Il dit : aimez-vous les uns les autres. Or je n’ai pas besoin d’aimer mon ennemi. Ce que je veux, c’est vivre en paix avec lui, c’est tout. Vous souvenez-vous du vieux slogan des années 1960, "Faites l’amour, pas la guerre" ? Eh bien, j’en ai inventé un autre : "Faites la paix, pas l’amour"."

"LÉGÈRE DÉCEPTION"

La paix. La paix maintenant. N’est-ce pas le nom du mouvement en faveur de deux Etats – palestinien et israélien – qu’Amos Oz a justement contribué à fonder en 1978 ? Quel bilan en fait-il ? Est-il déçu ? "Forcément." Mais il croit encore en une paix possible. "Contrairement à l’amour universel, la paix, elle, reste un objectif accessible. Il faut juste un peu de patience…"

Quant à Israël, c’est pour lui un autre sujet de "légère déception". Parce qu’Israël, dit-il, est "l’aboutissement d’un rêve. Et que tous les rêves devenus réalité sont, par essence, décevants. Il en va de même dans tous les domaines, un voyage à l’étranger, un roman ou même, pourquoi pas, un fantasme sexuel. La seule manière de garder un rêve intact, ce serait de ne jamais essayer de le réaliser…". On voudrait savoir comment il voit l’avenir. Mais il met fin, très courtoisement, à la parenthèse politique. C’est manifestement le Oz sensible qui veut s’exprimer ce jour-là. "On revient à la littérature ?"

On revient à la littérature. A lui. Aux souvenirs. A nouveau, la conversation roule sur l’enfance. Sur son père, qui avait quitté la Lituanie en 1933 et parlait 11 langues. Sur sa mère qui, dans les années 1940, refusait que son fils apprenne une autre langue que l’hébreu - "parce que, disait-elle, si j’apprenais une langue européenne, je serais attiré par l’Europe et pris dans les rets de ce continent mortifère".

"UN EXERCICE TRÈS DRÔLE"

Sur lui enfin, le petit Amos, l’enfant unique, souvent contraint de suivre ses parents sans broncher dans d’innombrables cafés de Jérusalem. S’il était patient, on lui promettait une glace. "Pendant qu’ils parlaient entre adultes, pour ne pas mourir d’ennui, j’avais développé une stratégie", se souvient-ilA nouveau son œil brille."J’étudiais les expressions, le langage du corps, les vêtements, et même les chaussures de ces grandes personnes. Surtout les chaussures, d’ailleurs… C’est fou ce qu’elles nous disent sur leur propriétaire. S’il est frimeur ou discret, pauvre ou m’as-tu-vu… Sérieusement, je vous recommande ce petit jeu, dit-il. C’est un exercice très drôle, très instructif, et qui peut vous rapporter une glace ! Encore aujourd’hui, plutôt que de lire un mauvais journal, je le pratique chez le dentiste ou dans les aéroports. Bref, à force de tout observer, j’ai fini par me muer en un véritable petit espion. C’est comme ça, voyez-vous, que je suis devenu écrivain !"

De la chaussure à l’écriture, n’y aurait-il donc qu’un pas ? On jette un coup d’oeil discret à ses souliers noirs…. Hélas, ce jour-là, les mocassins d’Oz restent désespérément muets.

Entre Amis, d’Amos Oz, traduit de l’hébreu par Sylvie Cohen, Gallimard, 160 p., 17,50 €

Signalons, du même auteur, la parution en poche de La Troisième Sphère, Folio , 432 p., 7,50 €

Florence Noiville

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