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Israël et Moyen-Orient: Revue des Médias français et israéliens- 18  septembre 2014

 

Le Likoud n’est plus le 1er parti d’Israël annoncent les médias israéliens à la Une.  Après la démission surprise du Ministre de l’Intérieur, Gideon Saar, pour des motifs personnels, le parti de Yair Lapid, Yesh Atid devient le premier parti d’Israel avec 19 députés à la Knesset contre 18 pour le Likoud.

 (צילום: מוטי קמחי)

Israel en FranceL’actualité israélienne a presque disparu des médias français depuis la mobilisation internationale contre l’organisation terroriste Daesh et les multiples rebondissements de la vie politique française. Pourtant l’actualité internationale est souvent à la Une en France, à travers le sort des chrétiens d’Irak, les massacres de l’Etat islamique contre les Irakiens et les otages occidentaux,  la lutte contre l’embrigadement de jeunes djihadistes français en Syrie ou le conflit Ukraine / Russie.

Israel relégué aux pages Opinions. L’actualité israélienne n’est traitée cette semaine qu’au travers des pages Opinions (Figaro, la Croix, Libération) souvent très critiques à l’égard du gouvernement israélien et à la médiatisation du nouveau livre de l’ex-ambassadeur d’Israel en France, Elie Barnavi (France info, Europe 1, Le Monde, Figaro). L’auteur développe dix thèses sur la guerre, notamment celle contestable que le conflit israélo-palestinien serait devenue aujourd’hui une guerre de religion entre le judaïsme et l’islam.

"Bras de fer sur le budget israélien de la Défense". Seule Nathalie Hamou des Echos accorde cette semaine un véritable article aux vives discussions qui opposent le 1er ministre Netanyahou et son ministre des Finances, Yair Lapid.

"Il n’y a aucun dirigeant responsable qui face aux menaces autour de nous n’exigerait pas une augmentation significative du Budget de la Défense", a déclaré Benyamin Netanyahou. "Nous avons besoin d’une sécurité économique afin d’investir dans Dôme de fer et pour affronter l’Etat islamique à l’est, le Hezbollah et Al Qaida au nord ainsi que le Hamas au sud » a tenu à souligner le 1er Ministre israélien.

9 milliards de shekels ? "Le désaccord intervient sur fond de polémique autour du coût militaire de l’opération Bordure protectrice qui s’est achevée par le cessez-le-feu du 26 août. Pour le Trésor, en effet, elle n’aurait coûté « que » 6,5 milliards de shekels. Alors que le ministre de la Défense a présenté pour sa part une facture de 9 milliards de shekels."

A Noter. Israel reconnait officiellement la nationalité araméenne (Brève Direct matin). Selon le ministre de l’intérieur démissionnaire Gideon Saar, "les Chrétiens qui le désirent pourront se définir comme araméen et l’inscrire sur leurs documents officiels.

Dossier nucléaire iranien.

Les deux articles relatant le bilan des négociations en cours sur nucléaire iranien légitiment les inquiétudes d’Israel. Les spécialistes doutent d’un accord avant le 24 nov. Car les rendez-vous dit de "transparence " n’ont pas été respectés par l’Iran qui n’a pas fourni à l’AIEA les informations nécessaires (Isabelle Lasserre, le Figaro).

Les Iraniens auraient répondu non à toutes nos propositions, confie au Figaro une source proche du dossier. Car ils se sentent en position de force compte tenu de la situation géopolitique et l’éclosion d’une mobilisation internationale contre l’EI en  Irak et en Syrie.

Téhéran n’a toujours pas convaincu l’AIEA de sa volonté d’abandonner l’idée d’acquérir  la bombe atomique, en poursuivant notamment ses travaux d’enrichissement à Parchin,  confirme Elisabeth Guédel pour l’Opinion.

L’Iran posséderait 19 000  centrifugeuses, mais seulement 10 000 environ en activité, et les occidentaux demanderait à l’Iran d’en garder  4000.  Contrairement aux demandes israéliennes, la communauté internationale souhaiterait en effet laisser à l’Iran un nombre de centrifugeuses en activité mais dont le seuil pourrait donner un délai d’un an pour réagir en cas de non-respect par l’Iran.

Si aucun accord n’est trouvé, Obama et Rohani se trouveront affaiblis sur le plan intérieur. Selon l’analyse américain interrogé par l’Opinion, Jon Wolsthal, "le défi ne réside pas dans le choix des termes de l’accord que dans les capacités des différentes parties, les USA et l’Iran notamment,  à faire accepter un accord par leur gouvernements et parlements respectifs."

Sans transition.

Lutte contre l’antisémitisme. Portrait du jeune président de l‘UEJF Sacha Reingewirtz, en 4ème de couv de Libération, Cordelia Bonal.

Contexte Proche et Moyen –Orient.

Le Likoud n’est plus le 1er parti d’Israël. Après l’annonce de la démission surprise du Ministre de l’Intérieur, Gideon Saar, pour des motifs personnels, le parti de Yair Lapid, Yesh Atid devient le premier parti d’Israel avec 19 députés à la Knesset contre 18 pour le Likoud.

Fausse alerte dans le Sud d’Israel. Tsahal a indiqué que la sirène code rouge avait retenti jeudi soir et ce matin dans les régions du Sud d’Israël sans que des tirs de roquettes aient été détectés. Il s’agirait selon les médias israéliens, d’une fausse alerte déclenchée par des tirs d’armes à feu à Gaza. Mardi le cessez le feu avait été bel et bien été rompu par le tir d’une roquette d’activistes depuis Gaza. Israel a maintenu malgré tout le cessez le feu.

Dossier nucléaire iranien

Pas d’accord vaut mieux qu’un mauvais accord", a déclaré le Ministre des Affaires stratégiques Y. Steinitz devant la presse à Jérusalem. "Israël est profondément inquiet", a confié le ministre qui a dénoncé à "l’entêtement" des Iraniens qui "ont fait des gestes cosmétiques sur des questions secondaires mais n’ont fait aucune concession significative sur les questions centrales": le renoncement aux centrifugeuses servant à enrichir l’uranium et le réacteur à eau lourde d’Arak.

Agenda diplomatique. Une femme bientôt à la tête de l’ambassade d’Israel en France. Pour la première fois, une femme, Aliza Bin-Noun  représentera Israël au poste d’ambassadeur en France. Le mandat de l’actuel ambassadeur Yossi Gal s’achèvera dans le courant de l’année prochaine. Il est à noter que l’ancienne Consul de Marseille, Simona Frankel a été nommé ambassadrice à Bruxelles.

Aliza Bin-Noun

 

David Banoun – Responsable de l’Analyse des Médias.

Israël et Moyen-Orient: Revue des Médias français et israéliens- 9 Septembre 2014

 

Lapid : la menace islamiste est l’occasion de renforcer nos liens avec les pays arabes. Selon le Ministre des Finances Yair Lapid, "Le monde est en mutation rapide. De nouvelles coalitions basées sur des intérêts communs se forment autour de nous, et nous devons en tirer parti. « Le Hamas est isolé, le Président Abdel-Fattah el-Sissi en Égypte a des intérêts qui sont semblables aux nôtres, les États arabes modérés ont peur de la montée des extrémistes de l’Islam et l’EIIL a réveillé les Etats-Unis et l’Europe. » (Times of israël)

Israel en France. Depuis le 26 août dernier et le respect de la trêve par le Hamas, l’attention des médias français a fortement chuté. Mis à part le Monde qui met régulièrement en accusation Israel sur sa gestion militaire et politique du conflit, les médias français ont aussi mis en avant la lassitude des gazaouïs à l’égard du conflit et du jusqu’auboutisme du Hamas.

"Je suis très en colère contre la stupidité du Hamas," je ne me sens pas victorieux du tout, témoigne un palestinien devant sa maison dévastée. Le journaliste Sébastien Monin met en garde : "Il est très dangereux de tenir de tels propos, d’autant que 18 personnes ont été exécutés la semaine dernière par le Hamas  pour avoir collaboré avec Israel. (France inter, 28 août).

Le mode opératoire des  exécutions sommaires de collaborateurs palestiniens par le Hamas semble avoir vivement choqué les médias français. Les similitudes avec les récents assassinats commis par l’EIIL ont été remarquées et vivement dénoncées par la presse quotidienne nationale, de Libération au Figaro. C’est ainsi que Marc Henry écrivait le 26 août dernier dans le Figaro : " certaines images ont de quoi susciter le trouble. Les hommes de mains du Hamas, auteurs des exécutions avaient le visage masqué  et portaient un uniforme noir, en tout point semblable à la tenue adoptée par le bourreau de l’État islamique qui a supplicié jamais Foley".

Vers la fin de l’alliance Fatah/ Hamas ? Depuis le début de la semaine, les médias français rendent compte brièvement des vives tensions entre le Fatah et le Hamas. M. Abbas menace en effet de mettre fin au gouvernement d’union nationale accusant le Hamas d’avoir mis en place un gouvernement parallèle à Gaza. "Nous n’accepterons pas de partenariat si la situation reste ainsi à Gaza, où un gouvernement parallèle de 27 membres gouverne le territoire. " (Direct matin)

A Noter. "Le blues des Kibboutz". Cyrille Louis du Figaro se fait aujourd’hui l’écho de la parole des habitants des kibboutz près de Gaza. Si beaucoup d’entre eux se sentent délaissés par les autorités, tous racontent leur vie impossible sous le feu du Hamas et des 2248 roquettes qui ont visé cette zone d’Israel durant le conflit.  "Bien que l’efficacité des systèmes d’interception israélien ait limité le nombre de victimes civiles, tous décrivent un déluge de feu inédit".

A Noter aussi.  Alyah sans précédent des Juifs de France. Jamais autant de Juifs n’ont quitté la France pour gagner Israël, constate aujourd’hui  l’envoyée spéciale de France info à Jérusalem, Flore Sitruk. Des familles aisées, des jeunes, des personnes sans emploi décident de s’installer en Israël, compte tenu d’un antisémitisme récurrent depuis le massacre de l’école juive d’Ozar Hatorah mais aussi du dynamisme économique d’Israel et des Israéliens. (Journal de 7h30)

Lutte contre le terrorisme islamiste de l’EIIL.  Depuis le massacre de Kurdes, de Chrétiens et d’autres minorités irakiennes, la lutte contre les djihadistes de l’Etat islamique est quotidiennement à la Une des médias français. Un traitement médiatique très important qui rappelle l’après 11 septembre,  au niveau du vocabulaire employé par les dirigeants, de l’ampleur de la mobilisation internationale, de la guerre des images et de l’importance du traitement médiatique.

Le terrorisme français. Une réalité inquiétante et continue. Presque tous les jours, les médias révèlent un nouveau cas de djihadisme français. Après des jeunes hommes et femmes, des mineurs, c’est au tour d’une famille entière d’avoir organisée son départ en Syrie.

"Le jihad de l’image". Selon le juge antiterroriste Trevidic interrogé dans L’Opinion le 4 septembre dernier, l’embrigadement ne se fait plus aujourd’hui par la religion mais par l’image : "On fait appel à leur émotion, pas à leur raison. C’est une explosion due à internet". "Ils sont surexcités mais pas radicalisés intellectuellement".

Moyen – Orient.

Les médias israéliens commentent aujourd’hui encore les conséquences politiques de l’opération "Bordure Protectrice". La Lutte contre l’Etat islamique et les projets d’attentat en France du terroriste responsable de la tuerie du Musée juif de Bruxelles qui a couté la vie à deux Israéliens font aussi l’objet d’une attention particulière

Benyamin Netanyahou affaibli par le conflit dans la bande de Gaza. Selon les derniers sondages,  une partie de l’opinion publique israélienne estime que la guerre contre le Hamas a été perdue. 54 % des Israéliens se déclaraient opposés au cessez le feu le 29 août dernier.  Seuls 38 % des Israéliens seraient aujourd’hui satisfaits de la manière dont a été menée la guerre, contre 82 % au début de l’offensive.

" Après 50 jours, nous étions en droit d’attendre bien plus que l’annonce d’un cessez le feu", écrivait Shimon Schiffer dans un éditorial du Yediot à la fin du mois dernier.  "Le dilemme identitaire de Netanyahou". B. Netanyahou est-il capable de se réinventer, s’interrogeait Ari Shavit dans un éditorial du Haaretz la semaine dernière.  "S’il ne se redéfinit pas, son aile droite nouvelle et agressive, risque de le dévorer. "       

Yaalon dénonce le soutien de la Turquie au terrorisme. Selon le ministre israélien de la Défense Moshe Yaalon, "la Turquie finance le terrorisme."

Michal Cizek (AFP/Archives)

La Turquie soutient le Hamas.  S’exprimant à l’occasion de la conférence annuelle sur la lutte antiterroriste à Herzilya, Moshe Yaalon a déclaré que "Le centre international de l’organisation terroriste palestinienne est situé à Istanbul et Salah Aruri siège là-bas". Selon i24 News, Salah Aruri est le chef de la branche du Hamas en Cisjordanie et l’instigateur présumé du complot visant à renverser le président de l’Autorité palestinienne déjoué par les services de renseignement israélien juste avant le début de la guerre à Gaza.

Lapid : la menace islamiste est l’occasion de renforcer des liens avec les pays arabes. Le Ministre des Finances Yair Lapid estime qu’il faut tirer profit  des alliances contre l’extrémisme. "Le monde est en mutation rapide. De nouvelles coalitions basées sur des intérêts communs se forment autour de nous, et nous devons en tirer parti. « Le Hamas est isolé, le Président Abdel-Fattah el-Sissi en Égypte a des intérêts qui sont semblables aux nôtres, les États arabes modérés ont peur de la montée des extrémistes de l’Islam et l’EIIL a réveillé les Etats-Unis et l’Europe. » (Times of israël)

Israël dans l’alliance contre l’EIIL ? Selon un diplomate occidental cité par Ynet, Israël aurait fourni des images satellitaires et autres renseignements à l’appui de la campagne aérienne menée par les Etats-Unis contre un Etat islamique en Irak. Une fois « nettoyée » des preuves de son origine israélienne, l’information aurait été partagée par Washington avec les alliés arabes et turques, a déclaré le diplomate.

Computerized model of Israeli satellite Ofek 10 in orbit. (Photo: Defense Ministry)

Un soldat israélien blessé à la frontière syrienne. Des échanges de feu entre rebelles et forces du régime Assad auraient accidentellement blessé légèrement un soldat de Tsahal en patrouille sur le plateau du Golan.

Agenda diplomatique. Le ministre actuel de la communication Gilad Erdan pourrait devenir le prochain ambassadeur d’Israel à l’ONU, selon la chaine 2 israélienne. Il remplacerait Ron Prosor, parvenu au terme de son mandat dans 3 mois.

David Banoun – Responsable de l’Analyse des Médias.

L’Ambassadeur d’Israël en France: “LE HAMAS TENTE PAR TOUS LES MOYENS DE S’IMPOSER COMME UN INTERLOCUTEUR”

Paris Match, le 14 Aout 2014

Paris Match

 

Alors que la trêve conclue le 8 août a failli voler en éclats et que des pourparlers entre Israël et le Hamas sont en cours au Caire, l’ambassadeur d’Israël en France, Yossi Gal, répond aux questions de Paris Match.

 

Paris Match. Une nouvelle trêve de trois jours a été acceptée le 11 août au matin, la 8ème depuis le début de l’opération, croyez-vous que celle-ci puisse amener la paix ?
Yossi Gal. Israël avait répondu à nouveau favorablement à l’appel de l’Egypte, demandant de prolonger de 72 heures le cessez-le-feu que le Hamas et le Djihad islamique avaient refusé une première fois. En n’acceptant pas, à plusieurs reprises, l’instauration de la trêve, le Hamas a révélé une fois de plus son identité terroriste et son irresponsabilité politique. Le Hamas tente par tous les moyens de s’imposer comme un interlocuteur politique, ne se souciant guère du sort des Palestiniens et ignorant les conditions posées par la communauté internationale : la reconnaissance d’Israël, la renonciation à la violence et la reconnaissance des accords conclus dans le passé entre Israël et l’OLP. Israël veut la paix et veut mettre un terme à ce cycle de violence initié par le Hamas.  A nos yeux le bien-être de la population de Gaza est intimement lié à la sécurité d’Israël. Aujourd’hui la communauté internationale a pris conscience que pour assurer la reconstruction de la bande de Gaza et son développement, il est impératif de désarmer les organisations terroristes et de garantir que l’aide internationale soit utilisée d’une manière appropriée.

Vous vous êtes ému de l’emploi par notre magazine du terme de ville martyre se rapportant à Gaza, pourquoi ?
Parce que vous avez déformé le sens de ville martyre, un événement tragique dans l’imaginaire collectif français, et occulté les méthodes utilisées par le Hamas, une organisation terroriste et cynique. Ce n’est que lorsque les journalistes ont quitté la bande de Gaza, hors de portée de la menace du Hamas, que des preuves ont pu être présentées à l’opinion publique, révélant ainsi la façon dont le Hamas tire ses missiles depuis des zones résidentielles, à forte population, y compris à partir d’écoles, d’hôpitaux, de mosquées et de bâtiments des Nations-Unies. Les reportages diffusés sur  France 24 ou la chaine de télé indienne NDTV, exemples parmi d’autres, démontrent comment le Hamas assemble et lance des roquettes depuis des zones densément peuplées à Gaza.

Le Hamas, d’une manière délibérée, rend quasiment impossible la distinction entre terroristes et simples civils non impliqués dans les combats, comme en témoigne le photographe du journal “New York Times”, Tyler Hycks : “Les combattants ne portent pas d’uniformes. Si un blessé arrive à l’hôpital, il est impossible de savoir s’il s’agit d’un simple commerçant ou d’une personne qui vient juste de lancer des roquettes sur Israël.” A trois reprises, l’UNWRA a vivement dénoncé le stockage  de roquettes par le Hamas,  dans ses établissements scolaires.

 “LE NOMBRE D’HOMMES CIVILS TUÉS DANS LES COMBATS EST PLUS DE TROIS FOIS SUPÉRIEUR AU NOMBRE DE FEMMES”

Les médias internationaux ont soulevé de sérieuses interrogations concernant le nombre de victimes civiles palestiniennes publié par les Nations Unies. Le responsable des statistiques à la BBC, Anthony Reuben, se référant aux données du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Droits de l’Homme, a constaté que le nombre d’hommes civils tués dans les combats est plus de trois fois supérieur au nombre de femmes. “Si les attaques israéliennes ont été menées sans discernement … il est difficile de comprendre pourquoi plus d’hommes que de femmes civiles ont été tués,” note Reuben dans son article du 8 août. L’analyse du “New York Times” rejoint ce même raisonnement.

“L’EMPLOI DU TERME VILLE-MARTYRE EST DÉPLACÉ ET INDUIT À UNE COMPRÉHENSION ERRONÉE DES FAITS”

Il faut aussi savoir que le Hamas a piégé de nombreuses maisons palestiniennes provoquant la mort de Gazaouïs qui rentraient chez eux après avoir fui les zones de combat. En outre, plus de 100 roquettes tirées sur Israël se sont abattues accidentellement sur le sol palestinien, provoquant de nombreuses victimes. Voilà pourquoi je m’insurge contre l’emploi du terme ville-martyre. Cette association à la ville-martyre française, dont le récit horrible est ancré dans la mémoire collective, est déplacée et induit à une compréhension erronée des faits.

Pour lire la suite:

 http://www.parismatch.com/Actu/International/Le-Hamas-tente-par-tous-les-moyens-de-s-imposer-comme-un-interlocuteur-Yossi-Gal-580604

La France pourrait être confrontée, à son tour, aux épreuves de force qu’impose le Hamas à Israël

25 juillet 2014 1 commentaire

Opinion de Ivan Rioufol

 

Image 7

 

 

Après les violentes manifestations pro-palestiniennes qui ont eu lieu en France, Ivan Rioufol tire la sonnette d’alarme, et voit là un symbole de l’échec de l’intégration en France, imputable selon lui aux socialistes bien-pensants.

Le conflit israélo-palestinien a bon dos. À entendre François Hollande et Manuel Valls, les tensions communautaires qui fragilisent la France seraient dues à l’«importation» de cette guerre. L’explication relativiserait les «mort aux Juifs!» entendus le 13 juillet dans les rues de Paris à l’occasion d’une manifestation pro-palestinienne, ainsi que les tentatives d’intrusion dans deux synagogues à l’issue du défilé, majoritairement islamiste.

De semblables slogans antisémites, proférés en janvier lors du «jour de colère» par des groupuscules liés à l’extrême droite et à la mouvance de Dieudonné et d’Alain Soral, avaient été unanimement dénoncés. Cette fois, rares sont ceux qui se sont aventurés à disqualifier les participants. La gauche «humaniste» et ses clones ont appliqué un mutisme relayé par les médias.

Plus l’évidence du choc des cultures s’impose, plus les apôtres de l’universalisme se taisent, édulcorent, laissent faire.
Jusqu’où osera aller la désinformation officielle? Elle dissimule de plus en plus laborieusement les problèmes de cohabitation posés par l’islam radical, soutenu passivement par une partie de la communauté musulmane.

 

Pour lire la suite:

http://www.lepeuple.be/la-france-pourrait-etre-confrontee-a-son-tour-aux-epreuves-de-force-quimpose-le-hamas-a-israel/20663

 

Des milliers de personnes aux obsèques d’un soldat franco-israélien tué à Gaza

22 juillet 2014 (AFP)

 

גורדון

 

 

Plus de 6.000 personnes ont assisté mardi au cimetière d’Ashkelon (sud d’Israël) aux funérailles de Jordan Bensemoun, 22 ans, un soldat franco-israélien, tué lundi à Gaza, a constaté un journaliste de l’AFP.

"Le choix de vie de Jordan était une leçon de sionisme", a déclaré l’ancien ministre de la Défense Shaoul Mofaz qui a prononcé un éloge funèbre, en partie couvert par le bruit des drones qui survolent Gaza et celui des explosions au loin.

Le défunt, qui avait immigré de Lyon en Israël à l’âge de 16 ans, et qui faisait partie de l’unité d’élite Egoz, a été accompagné à sa dernière demeure par de nombreux franco-israéliens touchés par la nouvelle.

"Je ne le connaissais pas personnellement mais j’ai senti que je devais venir lui rendre hommage car je me sens proche de lui", confie à l’AFP, Laura, une jeune fille franco-israélienne habitant la ville voisine d’Ashdod.

Comme elle, des milliers de personnes venues de tout le pays, certains dans des bus organisés par des associations francophones se sont joints au cortège funéraire.

"Tu seras pour nous l’exemple de la force du lien qui unit les juifs de la diaspora à Israël", a ajouté M. Mofaz cédant en suite la parole au père de la victime, qui a récité la prière des morts de la liturgie juive.

Des soldats ont ensuite tiré trois salves comme c’est la tradition dans les enterrements militaires.

Avant que l’enterrement ne commence, un responsable de la Défense passive a rappelé les consignes de sécurité aux participants en cas de tir de roquette, Ashkélon étant quotidiennement ciblée par des tirs de projectiles palestiniens.

Deux autre soldats franco-israéliens ont été blessés dans les combats à Gaza et sont toujours hospitalisés. Neuf autres soldats israéliens tués dans la bande de Gaza ont été enterrés mardi en Israël.

 

REMETTONS LES PENDULES A L’HEURE!

Par : Betty HAREL

 

 

La population israélienne est   sous le feu permanent de milliers  de  roquettes du Hamas –  et pourtant  c’est Israël que l’on accuse  d’agresseur !

Des femmes et des enfants israéliens sont délibérément pris pour cibles par les terroristes du Hamas, dans des écoles, des habitations, des jardins d’enfants, des hôpitaux –   et pourtant c’est Israël que l’on traite  d’assassin !

Des  femmes et des enfants palestiniens sont utilisés par le Hamas comme boucliers humains,  alors que leurs  officiers se terrent, eux,  lâchement – et pourtant c’est Israël  que l’on  diabolise !

Des écoles des Nations Unies  servent à cacher roquettes et munitions –  et pourtant  c’est  Israël qui est sous le feu  de  critiques virulentes !

Israël défend, par les armes,  sa population,  alors que le Hamas défend ses armes en utilisant sa population –  et pourtant c’est Israël que l’on met au pilori !

Le Hamas engloutit des sommes pharamineuses  dans la construction de tunnels, véritables arsenaux d’armes, instrumentalisés à des fins uniquement terroristes,  plutôt que de construire des écoles et des  abris   pour sa population – et pourtant c’est Israël  que l’on fustige !

Israël accepte des  cessez-le-feu, des trêves humanitaires que le Hamas rejette ou viole grossièrement –  et pourtant c’est Israël qui est  systématiquement blâmé !

Israël met en place un hôpital pour porter secours aux malades et blessés palestiniens –  et pourtant c’est Israël que l’on stigmatise !

Israël n’a  d’autre choix pour se  défendre que de lancer une opération terrestre pour détruire les innombrables tunnels de la terreur et de  la mort –  et pourtant c’est sur l’Etat hébreu   que l’on jette l’anathème !

Peu comprennent la complexité du conflit moyen-oriental, l’histoire de la région, le véritable caractère terroriste du Hamas – et pourtant  tout le poids de la condamnation est rejeté sur Israël

La guerre  a lieu dans les villes d’Israël et dans la bande de Gaza –  et pourtant, ce sont les rues de Barbès  et de Sarcelles  qui sont le théâtre d’une violente guérilla urbaine et d’un déferlement d’émeutes,   sous les vitupérations haineuses de  "mort aux juifs"

Des dizaines de milliers d’enfants syriens sont  tués, massacrés gazés,  et pourtant peu sont ceux qui descendent  dans les rues de Paris ou de France pour crier  leur indignation et leur hargne !

- Y-aurait-il donc une hiérarchie dans la valeur de la vie humaine ?

Oui Israël déplore infiniment  chaque victime civile palestinienne !

Les palestiniens sont, eux, si désolés des victimes civiles  israéliennes, qu’ils célèbrent dans la liesse, la mort de chacune d’entre-elles  avec force de bonbons et de you-you de joie !

Le conflit israélo-palestinien déchaine tant de passions que  beaucoup sont pris d’une cécité qui les empêche  de discerner le bien du mal,   les bourreaux  des victimes,  de distinguer dans quel camp se trouvent  les forces des ténèbres et celles de la lumière, celles qui glorifient la mort et celles qui sanctifient la vie !

Voilà donc semées les graines de l’incitation et de la haine.  Les commentaires souvent partiaux, ou les informations fréquemment  tronquées, en sont le terreau ; ne nous étonnons donc pas que les émules des assassins  Merah ou Nemmouche soient déjà en train de charger leurs  Kalachnikov  et préparer leurs ceintures d’explosifs !

Ouvrons vite les yeux, remettons d’urgence  nos  pendules à l’heure ! Le Hamas n’est qu’une organisation terroriste, je répète terroriste, amorale, barbare et prête à tout pour détruire Israël  et sa population, y compris sacrifier ses propres enfants  sur l’autel  de ses funestes desseins.

 

 

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72e anniversaire de la rafle du Vél’ d’Hiv – Discours du Premier ministre Manuel VALLS

Paris, dimanche 20 juillet 2014. Discours du Premier ministre pour la Cérémonie commémorative à la Mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l’Etat français (Vel d’Hiv)
Mesdames, messieurs les ministres,
Monsieur le président de l’Assemblée nationale,
Mesdames, messieurs les parlementaires,
Madame la maire de Paris,
Messieurs les présidents du CRIF et du Consistoire Central israélite de France,
Monsieur le Grand rabbin,
Mesdames, messieurs,L’honneur d’une nation, sa grandeur c’est de reconnaître ce qui, un jour, a fait son
déshonneur. Le déshonneur de la France, ce lieu en porte la cicatrice béante, c’est d’avoir
été complice de l’occupant, en envoyant vers une mort certaine des femmes, des hommes,
des enfants, parce qu’ils étaient juifs.

C’est cette horreur, ce déshonneur que nous regardons aujourd’hui en face, comme nous
le faisons depuis 1993 et l’instauration d’une journée nationale commémorative. Et c’est
l’honneur de la France d’assumer son histoire, de se rassembler dans le souvenir des
disparus pour transmettre la mémoire de la Shoah, cette destruction des Juifs qui porta
atteinte à l’essence même de ce qu’est l’humanité.

Et comment ici ne pas repenser aux larmes des enfants arrêtés, qui ne comprenaient pas
ce que leur voulaient les "grands" ? Comment ne pas imaginer la terreur des adultes
parqués, qui pressentaient le sort qui leur était réservé ? Lieu de larmes, de terreur, lieu
de départs vers la mort, tel fut le Vélodrome d’Hiver en ce mois de juillet 1942, il y a 72
ans.

Pendant longtemps, la réalité de l’extermination des Juifs de France a été tue, l’époque de
l’après-guerre était à l’indifférence. Sous une chape de plomb, on a remisé les mémoires.
On a voulu oublier les morts des camps. On a invité les survivants au silence. La France
ne voulait ni voir, ni savoir. Sans doute pensait-elle que pour se reconstruire, il fallait
tirer un trait sur le passé.

C’est seulement 30 ans plus tard, à l’initiative notamment de Serge et Béate KLARSFELD
– que le président de la République honorera cet après-midi – que les consciences ont
commencé à s’éveiller. La France a pu, pas à pas, prendre la juste mesure de ce qui s’était
passé. Et nous devons être profondément reconnaissants envers le président Jacques
CHIRAC qui, en 1995, a eu enfin le courage de nous libérer de nous-mêmes en établissant
la vérité. Oui, les 16 et 17 juillet 1942, la France s’est compromise. C’est elle, et elle seule,
ici, qui a commis l’irréparable. Le président François HOLLANDE, il y a deux ans, pour le
70ème anniversaire de la rafle du Vel d’Hiv, a su trouver, lui aussi, les mots justes et forts
pour lever les incompréhensions de notre passé. Ces mots, ceux de deux présidents de la
République devraient être écrits à la place de ceux qui sont inscrits sur cette stèle.

La rafle du Vel d’Hiv ne fut pas la première ni la dernière rafle, mais elle fut la plus
massive, la plus méthodique, par le nombre de personnes arrêtées, par le dispositif mis en
place et surtout par cette décision, pour la première fois, d’arrêter les femmes et les
enfants, tous les enfants, même les nourrissons.

Depuis la France, entre 1940 et 1944, à la demande des autorités nazies, 76 000 juifs
français ou étrangers dont 11.000 enfants ont été déportés. Sur ces 76 000, seuls 2 000
rentreront. Ce bilan effroyable met nos consciences face à un terrible gouffre, celui de ces
74 000 absents, et face à une terrible question : comment la France, terre d’accueil et de
refuge pour les Juifs, pays de leur émancipation qui fit d’eux de citoyens à part entière, a-t-elle pu devenir, en si peu de temps, ce territoire hostile ?

Pour en arriver là, il a fallu le déchainement de la haine. Il a fallu que les morsures de la
barbarie l’emportent sur les valeurs universelles. Il a fallu le naufrage d’une classe
politique qui crut trouver son salut dans la collaboration. Elle fut une déroute morale, un
reniement, une ignominie.

Oui, la France était à Vichy. Et elle était à Paris. Là, des gens, des personnages hargneux,
animés des pires préjugés théorisaient la supériorité de certains Hommes sur d’autres
Hommes, et appelaient à la "haine du juif". Ils croyaient en une patrie pure, purifiée,
fantasmée, en la prétendue nécessité de la régénérer et de chasser les ennemis qui se
cachaient en son sein. Mais, au milieu de l’horreur il y eut la dignité. Au milieu du
déshonneur, il y eut la grandeur.

Car la France elle était aussi à Londres incarnée par DE GAULLE. Elle était en Outre-Mer.
Elle s’était surtout abritée dans les coeurs des résistants, dans les coeurs des Justes, de ces femmes, de ces hommes qui, sans même hésiter – nous venons de l’entendre –, au péril de leur propre vie, s’exposèrent à tous les risques. Par leurs gestes anonymes, multipliés
dans chaque recoin de la France, leurs gestes tout à la fois simples et héroïques, des milliers de vies ont pu être sauvées.

Et ces gestes anonymes, il faut nous les représenter : l’image d’une main qui conduit un
juif vers une cache, l’image de ces femmes ou de ces hommes qui ne dénoncent pas leurs
protégés, même sous la menace d’un officier nazi, l’image de ces enfants confiés avec
déchirement à des familles, à des instituteurs, à des curés, à des bonnes soeurs pour qu’ils puissent survivre.

On trouve caché dans un joli livre de Pauline DE PANGE ces mots qui résument au fond
tout le sens de ce que nous faisons aujourd’hui, des mots qui devraient en permanence
nous inspirer. Pauline DE PANGE disait : "je dédie ces images à mes petits-enfants afin qu’ils se rendent compte de l’accélération de l’histoire, et qu’ils apprennent à mieux discerner dans les incertitudes actuelles ce qui se passe et ce qui est éternel".

Dans le flot des événements, dans ce monde où tout va désormais beaucoup trop vite et
où plus rien n’est remis en perspective, c’est au fond cela le message des Justes. Même si
les repères vacillent, nous devons toujours savoir distinguer ce qui passe de ce qui est
éternel ; et ce qui est éternel ce sont nos valeurs et nos principes.

C’est grâce aux Justes, aux résistants, aux combattants de la France libre, à ces
parlementaires trop peu nombreux qui refusèrent de saborder la République, mais aussi à
tous ces héros inconnus – il y en eut dans l’administration, la police ou la gendarmerie -
que notre idéal est resté intact, qu’il a pu renaître. Nous avons le devoir d’être à la
hauteur de leur combat, à la hauteur de leur sacrifice.

Et être à la hauteur, c’est d’abord veiller scrupuleusement à ce que la réalité historique de
la Shoah ne soit jamais contestée par ces professionnels du mensonge. C’est veiller
également à ce qu’elle ne soit pas relativisée ou livrée aux mains coupables de ceux qui la
caricaturent, la banalisent, en font le sujet de plaisanteries infâmes. Rire ainsi de la Shoah,
c’est insulter les morts, c’est insulter les survivants et c’est donc insulter la France. Et ne
rien faire face à ces insultes qui salissent les mémoires serait une faiblesse impardonnable.

Etre à la hauteur, c’est transmettre inlassablement – et en particulier aux jeunes
générations – le souvenir de ce que fut la barbarie nazie. Aux six millions de Juifs
assassinés s’ajoutent des millions d’autres victimes. En France, des résistants, des francs-maçons, des religieux, des Tziganes, des homosexuels ont été déportés. Cette vérité doit
être également dite, rappelée, martelée, sans cesse.

Dans un monde fait d’un trop plein d’images, la mémoire est souvent fragile et elle
réclame donc notre part de volontarisme, et je dirais même d’abnégation pour qu’elle vive
pleinement et soit mise au service de notre présent. Et c’est bien sûr, en premier lieu, à
l’école de la République de transmettre, d’enseigner, d’éveiller les consciences sans que
personne ne mette d’obstacle sur sa route. Jamais, dans aucune classe, la Shoah ne devrait et ne doit faire débat. Elle doit être enseignée comme toute vérité historique incontestable.

Nous avons pour cela des lieux : le Mémorial de la Shoah, le Mémorial de Drancy ou le
camp des Milles à Aix-en-Provence. Ces lieux appartiennent à chacun d’entre nous. Ils
sont ouverts sur notre époque. Avec pédagogie, exigence, vigilance, ils rappellent quelles
sont les valeurs de respect, de tolérance, de refus des fanatismes que nous devons
défendre et promouvoir.

Etre à la hauteur, c’est enfin lutter sans relâche contre l’antisémitisme sous toutes ses
formes. A l’antisémitisme « historique », « traditionnel », cette vieille maladie de l’Europe
qui, de siècle en siècle, a prospéré jusqu’à conduire à Sobibor, Treblinka, Belzec ou à
Auschwitz, s’ajoute un antisémitisme d’une forme nouvelle qu’il est hors de question de
nier ou de cacher, et qu’il faut regarder en face. Il se répand sur internet, sur les réseaux
sociaux, il se répand aussi dans nos quartiers populaires, auprès d’une jeunesse souvent
sans repères, sans conscience de l’histoire et qui cache sa "haine du Juif" derrière un
antisionisme de façade et derrière la haine de l’Etat d’Israël.

Cette confluence entre les antisémitismes nous commande d’agir sans la moindre
hésitation, car l’évidence est là sous nos yeux. Il n’y a pas à tergiverser, analyser, à
débattre. Il nous faut d’abord agir, éduquer, rappeler, partager mais aussi sévir et, si
nécessaire, interdire au nom même de l’ordre républicain, de l’autorité nécessaire pour
rappeler nos valeurs.

Ce qui s’est passé hier encore à Paris, des débordements inacceptables, justifie d’autant
plus le choix qui a été fait, avec courage, par le ministre de l’Intérieur, d’interdire une
manifestation. La France ne laissera pas les esprits provocateurs alimenter je ne sais quel
conflit entre les communautés. Ce n’est pas cela, la France. La France, c’est la République.

Et la France ce sont des valeurs, qui sont des valeurs plus que jamais universelles.

La lutte contre l’antisémitisme, ce n’est pas seulement le combat des Juifs, c’est le combat
de chacun d’entre nous, de toute une nation. Et aujourd’hui tout particulièrement, j’en
appelle à notre responsabilité collective, celle de tous les responsables politiques, mais
aussi celle de tous nos compatriotes. Et j’en appelle à un véritable sursaut de la société.
Oui, c’est une cause nationale.

Je sais, je sais les craintes, l’angoisse des Juifs de France, je connais leurs perplexités qui
sont devenues une douleur quotidienne. Après le meurtre d’Ilan HALIMI, après les
crimes de Toulouse, après les attaques, les profanations, les violences, les insultes, ils
regardent leur pays, leur propre pays, la France, en s’interrogeant. Ils se demandent si
l’Histoire n’est pas sur le point de se répéter, arrivant même, pour beaucoup, à nourrir le
projet de partir, et pour d’autres à le réaliser. Ils attendent alors de l’Etat, de ses plus
hautes autorités, d’être rassurés et protégés.

Ce qui s’est passé dimanche dernier, dans les rues de Paris, sont des faits d’une extrême
gravité. Rue des Tournelles, dans ce quartier qui fut le lieu des rafles et des arrestations, et rue de la Roquette, à deux pas du gymnase Japy, qui fut un premier lieu de rassemblement avant le Vél’ d’Hiv’, on a entendu : "Mort aux Juifs". Une fois de plus, une fois de trop ! On s’en est pris, à nouveau, à des synagogues, pas seulement avec des mots, mais avec des gestes, avec la volonté de s’attaquer à ce qu’est une synagogue, c’est-à- dire un lieu de paix, en voulant, au fond, au nom d’un conflit qui a lieu à des milliers de kilomètres, mettre de nouveau les Juifs hors de notre territoire national. Mais nos synagogues, comme nos églises, nos temples, nos mosquées, ce sont notre patrimoine commun, ce sont des parties indivisibles de la France, protégées par notre idéal de laïcité.

Du haut de cette tribune, dans ce lieu dont je mesure le poids qu’il donne à mes mots, et
dans ces circonstances lourdes, je veux inviter les Juifs de France à avoir confiance en leur
pays, en sa détermination à ne jamais céder. Ici, après le chaos, la communauté juive de
France a su se reconstruire, relever la tête, et aller de l’avant. Elle a su briller à nouveau,
au coeur de la diaspora. Les Juifs de France, les Français juifs, sont d’abord la France. Et
sans eux, la France ne serait plus elle-même.

Et la France, c’est la République, qui protège toutes les confessions, tous les citoyens,
quelle que soit leur origine ou leur croyance. Et c’est ce message qui doit plus que jamais
nous rassembler.

Dans ce lieu de souffrances, regardant notre histoire, ensemble, avec lucidité, nous
l’affirmons : s’en prendre à un Juif parce qu’il est juif, c’est s’attaquer à la France. Et parce
qu’elle sait le déshonneur de ne pas veiller sur ses enfants, parce qu’elle se souvient, la
France répondra avec la plus grande force, la plus grande intransigeance, en tous lieux, et
toujours.

Vive la République, et vive la France !

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