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L’UE s’apprête à inscrire le Hezbollah sur la liste des organisations terroristes
LE MONDE | 24.05.2013
Par Jean Pierre Stroobants
Bruxelles, bureau européen. Les Vingt-Sept pourraient, d’ici à quelques semaines, inscrire l’aile militaire du Hezbollah libanais sur la liste des organisations terroristes de l’Union européenne. La demande formulée, mardi 21 mai, par le Royaume-Uni, a reçu un accueil favorable de la France et de l’Allemagne, auparavant hostiles à une telle décision. L’implication du mouvement chiite pro-iranien en Syrie, aux côtés des forces du régime, explique ce revirement. L’Observatoire syrien des droits de l’homme estime que 104 combattants du Hezbollah sont morts en Syrie en l’espace de huit mois, un chiffre démenti par un responsable de l’organisation.

Selon le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, "plusieurs milliers de combattants" chiites libanais seraient présents en Syrie. Les Occidentaux estiment que des centaines d’entre eux seraient notamment à Qousseir, près de la frontière libanaise. Une offensive a été lancée, dimanche 19 mai, contre cette place forte des rebelles, essentielle pour les opposants puisqu’elle permet l’acheminement d’armes venues du Liban, mais aussi pour le régime, car la ville est située le long du corridor reliant Damas et les régions à majorité alaouite, favorables à Bachar Al-Assad.
La France estime qu’en s’impliquant massivement en Syrie, le Hezbollah a rompu l’accord inclus dans la déclaration de Baabda, en juin 2012. Ce texte visait à préserver le Liban des conséquences de la guerre en Syrie."Importer la guerre au Liban est dangereux pour sa stabilité, comme l’indique la montée des tensions dans le pays", a expliqué, jeudi 23 mai, un porte-parole du Quai d’Orsay.
EMBARGO SUR LES ARMES
Paris semble, comme Berlin, avoir délaissé son attitude prudente, qui visait aussi à ne pas mettre en danger les soldats de la Finul, la Force intérimaire des Nations unies au Liban. Près de 900 soldats français en font partie. Les troupes allemandes patrouillent, elles, le long des côtes, pour faire respecter un embargo sur les armes.
D’autres éléments à charge contre le Hezbollah sont retenus par les Européens. Parmi ceux-ci, la possible implication du mouvement dans un attentat qui a fait 6 morts, dont 5 Israéliens, à Bourgas, en Bulgarie, en juillet 2012. Ou la condamnation à Chypre, en mars dernier, d’un militant du mouvement qui avait planifié des attaques anti-israéliennes. Deux Etats européens, le Royaume-Uni et les Pays-Bas, ont déjà inscrit le Hezbollah sur leur liste antiterroriste nationale. Comme les Etats-Unis, Israël, le Canada et l’Australie.
Les Vingt-Sept devraient adopter une décision à l’unanimité sur des sanctions. Elles viseraient à geler les activités et les avoirs du mouvement en Europe et à empêcher les voyages des membres de sa branche armée. Avec une difficulté : certains d’entre eux ont aussi des activités dans la branche politique du parti.
Le Hezbollah dévoilé par le conflit syrien
Paru dans Le Figaro, le 24 Mai 2013
Par Adrien Jaulmes

En attendant celle de Bachar el-Assad, la guerre civile syrienne a déjà entraîné la chute de son piédestal de l’une des principales figures du Moyen-Orient, celle d’Hassan Nasrallah. Cette chute n’est que symbolique. Le secrétaire général du Hezbollah conserve son poste à la tête d’un mouvement puissant doté d’une branche militaire clandestine redoutable, et continue de peser sur la politique libanaise. Mais il a perdu définitivement ces derniers mois son aura de héros de la résistance arabe à Israël. En apportant son soutien militaire à la répression menée par le régime de Damas contre les insurgés syriens, il a levé toutes les ambiguïtés sur l’identité et les objectifs de son parti, et a répondu à toutes les interrogations qui subsistaient sur sa véritable nature.
Depuis la fin de la guerre civile libanaise, le Hezbollah avait joué astucieusement de ses multiples visages. Mouvement clandestin de lutte armée contre Israël en même temps que principal parti politique chiite libanais, allié régional de la Syrie et émanation de la Révolution islamique iranienne, le Hezbollah échappait à toute classification, avançant en même temps sur tous les terrains.
L’argument de la «Résistance» à Israël était brandi dès que l’on questionnait d’un peu trop près l’existence de son armée clandestine, sa création d’un État dans l’État sur le sol libanais et son allégeance aveugle à l’Iran. Cette politique a été incarnée pendant vingt ans par la personnalité hors normes d’Hassan Nasrallah. Orateur de talent, maniant l’humour et le sarcasme en même temps que la menace, Nasrallah était devenu le nouveau héros charismatique du monde arabe. Tranchant avec la langue de bois et la verbosité en usage dans la région, n’hésitant pas à faire parfois son mea culpa, il avait renouvelé le langage politique, faisant ce qu’il disait, et disant ce qu’il faisait.
Son triomphe avait été le retrait israélien du Sud-Liban en 2000. Le discours victorieux prononcé alors par Nasrallah sur la frontière israélienne avait résonné dans tout le Moyen-Orient, vantant la première libération d’un territoire arabe occupé par Israël et vengeant des décennies d’humiliations et de compromissions. Très habilement, Nasrallah avait mis en sourdine la composante iranienne et purement sectaire de son organisation pour mettre en avant son identité libanaise et panarabe. Traitant avec mansuétude les chrétiens du Sud-Liban, il était parvenu à résister au printemps du Cèdre qui contraint l’armée syrienne à sortir du Liban en 2005. Il avait clamé à nouveau victoire dans son conflit imprudent contre Israël en 2006, avant de passer une alliance avec les chrétiens de Michel Aoun. N’hésitant pas à faire usage de la force chaque fois que ses intérêts étaient menacés, Nasrallah apparaissait comme le maître de la manœuvre politique sur la scène libanaise et régionale.
Sa position a été ébranlée par les Révolutions arabes du printemps 2011. Malgré tout son talent, Nasrallah a eu du mal à soutenir les soulèvements du Caire, de Tunisie et de Bahreïn, tout en condamnant ceux de Syrie ou d’Iran comme d’infâmes complots de la CIA et d’Israël. Son engagement militaire total aux côtés de Bachar el-Assad a levé les derniers doutes sur la nature de son parti. En envoyant ses miliciens participer aux combats contre les insurgés syriens, Nasrallah a démontré que la lutte contre Israël et la défense des intérêts de la communauté chiite libanaise ne pesaient rien en regard de son allégeance à Téhéran. Si son arsenal de missiles demeure un atout stratégique majeur pour l’Iran face à Israël, le Hezbollah a perdu l’essentiel de son crédit politique dans la région. L’ancien héros panarabe n’apparaît plus que comme un instrument docile de la politique régionale de Téhéran.
La mosaïque romaine de Lod déploie son incroyable bestiaire au Louvre
Publié le 23/05/2013
Par CultureBox, FRANCE TV

La mosaïque a été découverte sous deux mètres de terre lors de fouilles conservatoires à l’occasion de la construction d’une autoroute entre Jérusalem et Tel Aviv. Elle décorait le sol d’une demeure de la ville antique romaine de Lydda, sans doute dans une salle de réception.
Mesurant 7,84 mètres sur 4,26 et est composée de petits cubes de pierre (marbre et calcaire). L’ensemble a été très bien conservé, seule une petite partie manquante ayant été comblée lors de la restauration. Il daterait environ de 300 après Jésus-Christ.
La mosaïque est divisée en trois zones : une partie centrale presque carrée et deux panneaux rectangulaires en haut et en bas. Le monde animal y est représenté avec précision, de façon réaliste : poissons, oiseaux, quadrupèdes bien identifiables, si ce n’est, au centre, un monstre marin. On y trouve y compris des animaux exotiques, éléphant, girafe, tigre, rhinocéros.
La mosaïque de Lod est exposée dans la cour du Sphinx du Louvre, qui était fermée au public depuis plusieurs années. En voyage depuis 2010, elle a été exposée notamment aux Etats-Unis. Après cette étape parisienne, elle rejoindra Lod où un musée est en construction pour l’abriter.
Entre terre et mer, L’extraordinaire bestiaire de la mosaïque romaine de Lod, Musée du Louvre, Aile Denon, rez-de-chaussée, cour du Sphinx (salle 31)
Tous les jours sauf le mardi, 9h-17h30, les mercredis et vendredis jusqu’à 20h30
Accès avec le billet d’entrée au musée (11€, gratuit pour les moins de 18 ans, les moins de 26 ans résidents de l’UE, enseignants titulaires du pass éducation, chômeurs, et pour tous le premier dimanche du mois)
Iran : de la République islamique à la dictature d’un clan
LE MONDE | 23.05.2013
Editorial du "Monde"

Dans l’histoire de la République islamique d’Iran, le 21 mai 2013 restera comme une date importante : ce jour-là, elle est devenue un régime dictatorial comme les autres – monolithique. Un seul clan veut détenir tout le pouvoir. C’est une mauvaise nouvelle, notamment pour l’avenir du dossier nucléaire.
Une des multiples institutions chargée de préparer l’élection présidentielle du 14 juin, le Conseil des gardiens de la Constitution, devait sélectionner une dizaine de candidats sur quelque 600 postulants. Il a rendu son verdict mardi. Il a éliminé les deux seuls candidats qui pouvaient contester la ligne du Guide de la révolution, l’ayatollah Ali Khamenei. Sauf surprise de dernière minute – toujours possible en Iran –, l’élection est verrouillée : ne restent en lice que des personnages connus pour leur soumission totale au Guide.
Le conseil a rayé la candidature d’un des pères de la révolution de 1979 – qui renversa le régime du chah –, l’ancien président Hachémi Rafsandjani. Richissime, disposant de réseaux dans tout le pays, Rafsandjani est la quintessence de l’homme du sérail. Il a été proche du Guide, il a cautionné une campagne d’assassinats d’intellectuels démocrates, mais il s’est aussi posé, ces dernières années, en opposant de l’intérieur.
Les "réformateurs", tout ce que l’Iran compte de classes urbaines modernes, éduquées, une partie des militants du "mouvement vert" écrasé dans le sang lors de la précédente élection présidentielle, en 2009, ceux-là s’étaient rangés derrière la candidature de Rafsandjani.
L’autre prétendant qui défiait la ligne du Guide, Esfandiar Rahim Mashaie, est le bras droit du président Mahmoud Ahmadinejad. Après deux mandats, ce dernier ne peut se représenter. En conflit de plus en plus ouvert avec M. Khamenei, qui parraina pourtant sa carrière politique, le président sortant a défendu avec acharnement la candidature de M. Mashaie – lui aussi éliminé mardi.
Dans le jeu savant et complexe des institutions de la République islamique, la présidence a presque toujours été un contre-pouvoir à celui du Guide. Celui-ci incarne l’autorité religieuse, qui a le monopole de la décision en dernier recours, et ne se mêle pas de la politique au jour le jour.
Déjà bousculé en 2009, cet équilibre n’est plus. L’Iran est aux mains d’un homme, Khamenei, et de son clan, un groupe formé d’une minorité de dignitaires religieux et des chefs des Gardiens de la révolution, le bras armé du régime. Pour la première fois depuis 1979, une seule faction veut disposer de tous les leviers de pouvoir. Sa ligne est celle du Guide.
Intransigeance sur le nucléaire – Téhéran accélère son programme de centrifugeuses –, soutien indéfectible à la Syrie de Bachar Al-Assad, au Hezbollah libanais et refus d’un dialogue avec les Occidentaux : grand admirateur de la Corée du Nord, le Guide "bétonne" ses positions. Mais, en voulant exercer lui-même la réalité du pouvoir exécutif, il change de rôle. Il se met en première ligne. Il devient comptable de la situation économique et stratégique de l’Iran. Tout ce qui va mal doit lui être imputé, dans un pays qu’il transforme en dictature personnelle.
Alata
IRAN : Accélération du programme nucléaire
Paru dans Les Echos, le 23 Mai 2013

L’Iran a accéléré l’installation de centrifugeuses plus modernes sur un site d’enrichissement d’uranium, selon un rapport de l’Agence international de l’énergie atomique (AIEA) diffusé hier. Téhéran a installé 700 centrifugeuses IR-2m sur son site de Natanz, contre 180 en février. Les Occidentaux et Israël soupçonnent l’Iran de vouloir développer l’arme atomique.
Nicolas Sarkozy à l’honneur en Israël
Paru dans Le Figaro, le 23 Mai 2013
Par Adrien Jaulmes

Nicolas Sarkozy est arrivé mercredi en Israël pour une visite privée de deux jours, au cours de laquelle il s’est vu remettre un diplôme honorifique du Collège académique de Netanya et rencontrera les responsables politiques israéliens.
«Ce diplôme honorifique est une distinction que l’on accorde à des personnalités qui se sont distinguées dans un domaine particulier. Dans le cas du président Sarkozy, il salue l’amitié très forte pour Israël exprimée pendant son mandat, et sa contribution à la lutte contre l’antisémitisme en France», explique Nicole Farhi, coordinatrice du bureau francophone de l’Académie de Netanya. «Il a accepté l’invitation de notre campus, qui est l’un des principaux espaces francophones en Israël, et qui accueille chaque année des milliers d’étudiants francophones, et nous en sommes très honorés.»
Ce jeudi, Nicolas Sarkozy doit rencontrer le premier ministreBenyamin Nétanyahou et Shimon Pérès. Le président israélien veut remercier l’ancien chef de l’État français pour «son travail et sa contribution à l’État d’Israël pendant son mandat», selon son bureau.
Ce voyage de Nicolas Sarkozy s’inscrit dans le cadre des activités internationales de l’ancien président, qui a maintenu des contacts directs avec de nombreux chefs d’état et de gouvernement depuis son départ de l’Élysée. Israël a la particularité d’être un pays où Nicolas Sarkozy a toujours joui d’une importante popularité. Aux élections présidentielles de 2007 et de 2012, sa candidature a recueilli des scores de plébiscite, remportant près de 90 % des voix des électeurs français en Israël, dans leur majorité binationaux. Netanya, ville balnéaire au nord de Tel-Aviv, est l’une des agglomérations israéliennes qui compte la plus forte proportion de francophones.
Les relations personnelles entre Nicolas Sarkozy et Benyamin Nétanyahou se seraient aussi considérablement améliorées. Commencées de façon cordiales après l’élection de Nétanyahou en 2009, elles s’étaient très nettement tendues par la suite. Ces désaccords avaient culminé en novembre 2011 lorsqu’une conversation privée entre Barack Obama et Nicolas Sarkozy avait été surprise grâce à un micro resté branché en marge d’une conférence, et où l’on avait entendu le président français qualifier le premier ministre israélien de «menteur».
Nétanyahou et Sarkozy auraient depuis renoué avec des rapports plus cordiaux. Le premier ministre israélien lui aurait envoyé une lettre chaleureuse après sa défaite à la présidentielle, et les deux hommes se seraient parlé depuis directement au téléphone.
Une petite divergence demeure cependant: Benyamin Nétanyahou vient d’apporter son soutien à Meyer Habib, vice-président du Crif et candidat à la législative partielle dans la 8e circonscription des Français de l’étranger, organisée ce week-end après l’annulation du scrutin de juin. Meyer Habib est le candidat de l’UDI de Jean-Louis Borloo. Nicolas Sarkozy soutient quant à lui la candidate de l’UMP, Valérie Hoffenberg.
Syrie: le commandant de l’armée de l’air israélienne évoque le risque d’une guerre surprise
22 mai 2013 (AFP)

Le risque d’une guerre surprise dans laquelle Israël se verrait entraîné est accru par l’instabilité au Moyen-Orient, a indiqué mercredi le commandant de l’armée de l’air israélienne.
"Quand vous regardez autour de vous aujourd’hui, je pense qu’une guerre surprise peut naître dans de très nombreuses configurations", a estimé le général Amir Eshel, cité par la télévision et la radio, lors d’une conférence près de Tel-Aviv.
"Je ne vois pas tellement une guerre surprise dans le court terme, mais elle peut naître d’incidents isolés qui pourraient dégénérer très rapidement et nous forcer à agir", a-t-il dit, sans plus de détails.
Il a affirmé que la chute du président syrien Bachar al-Assad et de son important stock de missiles aux mains des rebelles, pourrait précipiter le conflit.
"Si la Syrie s’effondrait demain (…) l’énorme arsenal qui s’y trouve (…) sera disséminé partout et il faudra agir à très grande échelle", a-t-il souligné.
Il a affirmé que la commande par la Syrie de systèmes de défense aérienne russes sophistiqués S-300 était le dernier en date d’une longue série d’achats de missiles par Damas, qui a "acheté ces dernières années les meilleurs systèmes que les Russes ont produits".
Plus tôt, un haut responsable du ministère israélien de la Défense avait pourtant assuré que la "stabilité" sur le plateau du Golan occupé et la "force de dissuasion de l’armée israélienne" dans le secteur étaient intactes malgré la multiplication récente de tirs syriens.
"La bonne nouvelle c’est que la stabilité continue sur le plateau du Golan, la force de dissuasion de l’armée israélienne n’a pas été entamée et la vie quotidienne se poursuit comme d’habitude", a estimé le général Amos Gilad, chargé des affaires politico-militaires au ministère israélien de la Défense, dans une interview à la radio militaire.
Pour la première fois, l’armée syrienne a revendiqué mardi certains de ces tirs, poussant le chef d’état-major israélien, le général Benny Gantz, à s’adresser directement au président Bachar al-Assad dans un message d’une fermeté inhabituelle pour le chef de l’armée israélienne, en général peu prolixe.
"Nous ne permettrons pas que les hauteurs du Golan deviennent la zone de confort d’Assad. S’il sème le trouble sur le Golan, il devra en subir les conséquences", a-t-il averti lors d’un discours à l’Université de Haïfa (nord d’Israël).
Le général Gilad s’est voulu confiant, soulignant qu’il ne fallait pas "perdre de vue le tableau général de la situation" et "céder à une panique injustifiée", en allusion à la possibilité évoquée par les commentateurs d’un conflit ouvert entre Israël et la Syrie, deux pays officiellement en guerre.
"Bien entendu, la stabilité (sur le Golan, NDLR) est précaire car il faut vérifier tous les jours du point de vue des renseignements et du point de vue opérationnel que la situation n’a pas changé. Il faut être souple et conscient de la possibilité de changements", a-t-il cependant souligné.
Selon un décompte publié mardi dans le quotidien israélien Maariv, plus d’une dizaine d’incidents, la plupart des chutes d’obus, se sont produits depuis le début de l’année dans le Golan, avec une nette accélération en mai.
La semaine passée, des projectiles tirés de Syrie ont touché le mont Hermon, point culminant du Golan occupé, entraînant la fermeture de ce site touristique habituellement fréquenté.
La France veut inscrire la branche militaire du Hezbollah sur la liste des groupes terroristes (Fabius)
22 mai 2013 (AFP)

La France va proposer que la branche militaire du Hezbollah soit inscrite sur la liste des groupes terroristes de l’Union européenne en raison de son soutien au régime de Damas, a déclaré mercredi le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius en déplacement à Amman.
"Compte tenu des décisions qu’a prises le Hezbollah et le fait qu’il a combattu très durement la population syrienne, je confirme que la France proposera d’inscrire la branche militaire du Hezbollah sur la liste des organisations terroristes" de l’UE, a déclaré M. Fabius à des journalistes.
"Vous avez vu que le Hezbollah non seulement s’est engagé pleinement en Syrie mais qu’il a aussi revendiqué son engagement", a encore noté le ministre dans la capitale jordanienne.
"Comme il y a en plus d’autres éléments qui concernent ce qui c’est passé en Bulgarie et dans d’autres endroits, nous considérons que c’est un point qui devrait faire l’accord de l’ensemble des européens", a estimé M. Fabius.
Il faisait allusion à l’attentat anti-israélien du 18 juillet 2012 à Bourgas, en Bulgarie, qui avait fait sept morts – cinq Israéliens, l’auteur présumé de l’attentat et un Bulgare". Le gouvernement bulgare de l’époque avait imputé la responsabilité de l’attentat au Hezbollah.
A la question s’il avait informé le Liban de la position de la France sur ce point, M. Fabius a répondu: "c’est un point que le Liban connaît."
Mardi le chef de la diplomatie allemande, Guido Westerwelle avait lui aussi soutenu l’inscription de la branche armée du Hezbollah sur la liste dressée par l’Union européenne des organisations terroristes, selon une source diplomatique allemande.
"C’est depuis longtemps discuté au sein de l’UE et ce sujet a connu un nouveau développement après l’attentat de Bourgas en Bulgarie", avait précisé le porte-parole du ministère des Affaires Etrangères, Andreas Peschke
¨Pour en savoir plus
http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/syrie/la-france-et-la-syrie/evenements-4439
Le reportage Al –Doura sur France 2 : ses conséquences et ses implications
22 mai 2013
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22 mai 2013
L’affaire Al Doura ; Le reportage de France 2 – ses conséquences et ses implications
Rapport officiel de la commission de révision gouvernementale
Sommaire
L’affaire Al-Doura a pour origine un reportage diffusé pour la première fois sur la chaine publique française France 2, le 30 septembre 2000. Ce reportage montrait, un enfant palestinien, ultérieurement identifié comme étant Mouhamad Al-Doura, prétendument visé et touché mortellement par des balles, tirées par l’armée israélienne. On y voyait l’enfant mourant dans les bras de son père Jamal Al-Doura. Les médias internationaux s’empressèrent de diffuser ce reportage à travers le monde, reprenant la thèse du journaliste de France 2 qui avait commenté ce reportage. Ce dernier eut pour effet d’attiser les feux de la haine sur Israël, son impact fut immédiat et ses conséquences furent dévastatrices pour l’image d’Israël à travers le monde.
A partir de ce jour, le reportage de France 2 servit de support et de justificatif aux actes de terreur et d’antisémitisme perpétrés contre Israël. En outre ce reportage contribua grandement à délégitimer l’Etat d’Israël. Les retombées furent retentissantes et constituèrent une caisse de résonnance pour ce qui est des accusations incessantes proférées à l’encontre d’Israël. Il incita à un comportement hostile des médias et des journalistes occidentaux, les poussant à couvrir de manière extrêmement négative, les opérations d’Israël contre des organisations terroristes. Au même moment, était menée une enquête approfondie et exhaustive des faits rapportés dans le reportage de France 2. Elle concluait que des éléments clés de ce reportage s’avéraient être mensongers, et d’autres faits, extrêmement douteux et contestables.
Certains espéraient que l’affaire Al-Doura tomberait, avec le temps, dans les oubliettes de l’histoire et avec elle, les effets ravageurs du reportage l’accompagnant. On peut affirmer aujourd’hui que ces vœux restèrent pieux.
Compte tenu des conséquences désastreuses persistantes de l’affaire Al-Doura[1] le premier ministre Netanyahu enjoignit, en septembre 2012 au ministre des Affaires stratégiques et vice-Premier ministre de l’époque , M. Moshe Yaalon, de mettre sur pied une commission gouvernementale de révision. Cette commission avait pour but de procéder à un examen exhaustif des évènements relatifs à l’affaire Al-Doura et ce, tout en tenant compte des conséquences dévastatrices persistantes engendrées par cette affaire et de leur effet hautement nuisible à l’image d’Israël. En outre cette commission devait être chargée de l’élaboration de la position du gouvernement israélien sur cette affaire. Des représentants des divers ministères et des institutions officielles concernées, ont été invités à prendre part à cette commission, ainsi que des experts extérieurs qui furent appelés à titre de consultants [2].
A la lumière d’un réexamen minutieux des éléments relatifs à l’affaire, la commission a conclu que les affirmations et les accusations essentielles émanant du reportage de France 2, étaient dénuées de tout fondement. Contrairement aux commentaires qui accompagnaient le reportage de France 2, affirmant que le petit garçon avait été tué, le film projeté dans son intégralité, montrait clairement qu’à la fin des rushes, dans une séquence qui n’avait jamais été diffusée, l’enfant semblait bel et bien vivant. L’enquête menée par la commission, démontrait qu’il n’existait aucune preuve formelle établissant que Jamal (le père) ou son fils auraient été blessés comme l’affirmait le reportage de France 2. Par ailleurs le film ne montre à aucun moment que Jamal ait été gravement blessé. En revanche, nombreux sont les indices qui amènent à penser que Jamal et son fils n’auraient reçu aucune balle. De plus l’analyse balistique met en doute le fait que les impacts de balles retrouvés sur le mur, à proximité des Al Doura, provenaient de la position israélienne, ainsi que cela fut insinué dans le reportage. L’absence de preuves permettant d’étayer leurs principales allégations était manifeste et aurait dû sauter aux yeux des responsables de France 2, avant même la diffusion de ce reportage. Pourtant, le reportage fut quand même diffusé et commenté afin de faire croire de manière fallacieuse, que les allégations émises dans le reportage reposaient sur des preuves irréfutables et des vérifications. De nombreuses contradictions et autres incohérences ont cependant été relevées depuis la diffusion du reportage de France 2 et une foule d’interrogations sur de nombreux éléments du reportage a commencé à se poser. Les déclarations du cameraman local à Gaza de la chaine France 2, Talal Abu Rahma, se sont souvent révélées contradictoires et mensongères. Talal Abu Rahma est celui qui a filmé le reportage (Charles Enderlin étant, lui, resté à Jérusalem) ; il constitue donc la principale et en fait la seule source d’information de la chaine française. En dépit de ces nombreuses contradictions et incohérences, la chaine France 2 et son correspondant à Jérusalem Charles Enderlin qui commentait ledit reportage, refusèrent de reconnaitre leurs erreurs et de revenir sur leurs déclarations. Ils se sont au contraire retranchés dans leurs positions réaffirmant haut et fort leurs accusations initiales. Par ailleurs France 2 et Enderlin n’ont cessé de brandir l’argument que le Shabak (Bureau du Renseignement intérieur) ne possédait aucune information impliquant Talal Abu Rahma dans d’éventuels attentats terroristes, comme si cela pouvait constituer une preuve attestant de la bonne foi de Abu Rahma et de la véracité de ses déclarations.
Il est important de souligner que déjà depuis novembre 2000, des sources officielles israéliennes, avaient à maintes reprises, fait part de leur scepticisme et émis des doutes quant à l’authenticité du reportage de France 2.
Alors qu’ au tout début, un certain flou entourait cette affaire , quelques officiels israéliens avaient admis la possibilité que les forces de Tsahal aient pu commettre une bévue et tirer accidentellement sur l’enfant Al-Doura (il n’a cependant jamais été affirmé que les forces de Tsahal avaient intentionnellement pris pour cible le petit Mouhamad). De nombreuses déclarations officielles furent publiées bien plus tard, dans lesquelles Israël rejetait formellement, après avoir procédé à une enquête très approfondie, la thèse émise dans le reportage ou tout au moins il la considérait comme fort discutable.
L’affaire Al-Doura met en évidence le devoir qui incombe aux médias de faire appel aux standards éthiques les plus rigoureux surtout lorsqu’ils doivent couvrir des conflits asymétriques (c’est-à-dire opposant des forts à des faibles). Il est en outre indispensable que les médias internationaux évaluent de manière critique les informations qui leur sont fournies par leurs correspondants, particulièrement dans les théâtres d’opérations où ont été recensées des mises en scènes et des falsifications de faits et où ont été observées de multiples tentatives de manipulations des médias. Il est du devoir des médias de reconnaitre, s’il le faut, leurs erreurs et leurs inexactitudes et d’engager un dialogue avec le public pour débattre sur leurs reportages.
Compte tenu des preuves qui ont été établies, France 2 aurait dû revenir sur ses accusations initiales ou tout au moins émettre des réserves et faire montre de circonspection face aux affirmations catégoriques avancées par France 2 selon lesquelles l’enfant Al-Doura avait été la cible intentionnelle de tirs israéliens et qu’il était mort durant le reportage . Par ailleurs France 2 aurait du présenter ses excuses pour avoir filmé et monté, de manière trompeuse, les images de ce reportage, et avouer que pour l’effectuer, la station de télévision s’en était remise aveuglément et uniquement au cameraman en poste à Gaza. L’un des autres enseignements qu’il convient de tirer de l’affaire Al-Doura est que les pays qui agissent conformément aux lois des conflits armés ne doivent nullement faire montre d’indifférence et de passivité face à une couverture médiatique trompeuse ou fallacieuse du conflit. Les retombées d’une telle couverture médiatique risquent de s’avérer fatales. C’est pourquoi ces mêmes pays ne peuvent s’offrir le luxe d’espérer que les calomnies colportées à leur encontre, fondent comme neige au soleil et que la vérité éclate un jour ou l’autre. Ces pays doivent réagir rapidement voire instantanément et procéder à des investigations minutieuses en vue de démentir ces allégations mensongères et en publier les résultats publiquement.
[1] Il est à noter que Mérah, le terroriste franco-algérien qui a tué trois enfants juifs, un rabbin et trois soldats français à Toulouse en mars 2012, bien que ne faisant pas directement allusion à l’affaire Al-Doura, a informé la police qu’il avait commis ces assassinats afin de venger les enfants palestiniens tués par Israël. Al-Doura a fréquemment été présenté comme la victime emblématique (d’Israël), par tous ceux qui accusent Israël de prendre des enfants palestiniens pour cible.
[2] La commission incluait des représentants du bureau du Premier ministre, du ministère des Affaires étrangères, du ministère des Affaires stratégiques, du ministère de la Diplomatie publique et des Affaires de la Diaspora, le porte-parole de Tsahal et de la police.
