L’UE favorable à l’embargo pétrolier contre l’Iran
Paru sur ynetnews, le 5 Janvier 2012
http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-4171389,00.html

Des diplomates européens ont fait savoir mercredi que les gouvernements européens de l’Union ont conclu un accord préliminaire visant à interdire les importations de brut iranien vers l’UE mais n’ont pas encore décidé à quel moment un tel embargo serait mis en place.
L’accord est intervenu à la suite des discussions de la fin décembre et à la suite de nouvelles augmentations du prix du pétrole brut. Toujours selon les diplomates, ceux défavorables à l’embargo par mi lesquels la Grèce ont changé de position au cours des discussions.
"Beaucoup de progrès ont été réalisés», a déclaré un diplomate européen, parlant sous anonymat. «Le principe d’un embargo sur le pétrole est acquis. Ce n’est plus l’objet de débats supplémentaires".
Une interdiction européenne sur le brut iranien ferait partie d’une action concertée des occidentaux pour faire pression sur Téhéran pour qu’il abandonne son programme nucléaire. Les gouvernements sont très inquiets du risque de production d’une bombe atomique. Téhéran soutient que ses objectifs sont pacifiques.
Les Etats-Unis ont imposé de nouvelles sanctions la veille du nouvel an pour bloquer les fonds des institutions financières qui travaillent avec la Banque centrale de l’Iran hors du système financier américain, bloquant ainsi la principale ressource de paiements du brut.
Les Etats-Unis ont salué la décision de l’UE, affirmant qu’il s’agissait d’un mouvement qui « allait resserrer l’étau économique sur Téhéran."
La Porte-parole du département d’Etat américain, Mme Victoria Nuland a qualifié l’avancée de l’UE comme "le genre de mesures que nous aimerions voir non seulement de nos proches alliés en Europe mais aussi dans d’autres pays à travers le monde. Nous croyons que cela est compatible avec un resserrement de l’étau sur l’Iran économiquement ».
Suite à la décision de l’UE, les Etats-Unis ont exhorté les principaux importateurs de pétrole iranien à «considérablement» réduire leurs achats. L’administration Obama espère que par la coordination d’une réponse stratégique internationale, ce mouvement ne déstabilisera pas les marchés mondiaux du pétrole.
Selon des diplomates, il y avait encore un débat entre les capitales européennes sur l’opportunité de faire respecter un embargo sur le brut immédiatement ou bien convenir d’attendre quelques mois. Certains Etats membres de l’UE sont préoccupés par l’impact économique d’un embargo à un moment où l’Europe est aux prises avec des problèmes d’endettement massif.
L’Iran fournit un total d’environ 450 000 barils par jour aux états membres de l’UE ce qui place le bloc européen au deuxième rang des marchés pour le pétrole iranien après la Chine.
Le Commissaire à l’Energie Günther Oettinger a déclaré que s’il y avait un embargo sur les importations iraniennes, des fournitures pouvaient être achetées ailleurs, notamment en Arabie Saoudite, membre éminent de l’OPEP.