Israël et Moyen-Orient dans les Médias français: Analyse quotidienne- 10 Octobre 2011

International. Les conséquences financières et sociales des crises économique, budgétaire et bancaire,notamment l’action franco- allemande pour l’Europe, sont largement traitées. Les dérives islamistes violentes du printemps arabe occupent aujourd’hui une place médiatique moyenne dans les médias français.
Printemps arabe. Les causes de la mort de nombreux manifestants coptes en Egypte après des affrontements avec les forces de l’ordre font l’objet de nombreuses interrogations. Une minorité chrétienne qui « s’estime discriminée dans une société à majorité musulmane », comme l’indique Direct matin.
Les manifestations d’islamistes radicaux en Tunisie, protestant contre la diffusion du film Persépolis, jugé selon eux blasphématoire pour l’Islam, sont aussi très commentées, parfois de manière contradictoire. Si Arte rappelle les appels au meurtre lancés par les Intégristes, « Les islamistes ont été mal compris » titre ainsi 20 minutes, qui donne largement la parole aux membres du parti Ennahda. « Des islamistes modérés » selon le Parisien qui, comme les autres médias français ne rappellent pas leur volonté d’interdire dans la nouvelle constitution tunisienne, toute relation avec Israel.
A Noter. La Croix, une fois encore s’inquiète du sort des minorités dans le printemps arabe. Après la place des chrétiens, celle réservée aux femmes, « qui veulent toujours croire au printemps arabe » fait la Une du quotidien catholique.
Contexte Proche et Moyen-Orient. Les médias israéliens rendent compte de l’arrestation de deux suspects impliqués dans les profanations de tombes musulmanes et chrétiennes. Les condamnations officielles sont unanimes en Israel et largement reprises. Comme les médias français, les médias israéliens s’inquiètent aussi des derniers événements de la rue égyptienne et de la répression violente des forces de l’ordre.
Politique intérieure. Tandis que le rapport Trajtenberg vient d’être adopté par la majorité du gouvernement, y compris par le parti Israel Beitenou, les médias israéliens s’alarment des conséquences des grèves du personnel soignant dans les hôpitaux publics.
Israël en France. Le traitement médiatique de l’actualité israélienne en France est aujourd’hui comme ce week- end trop faible pour être significatif d’un point de vue éditorial. Pourtant, tous les responsables politiques israéliens s’alarment des actes anti-arabes qui se multiplient en Israel . Shimon Peres, Benjamin Netanyahou ou Ehud Barak, tous dénoncent avec vigueur leur danger. La police israélienne a même crée une unité spéciale, chargée de lutter contre ces extrémistes et de protéger les lieux de culte musulmans. Mais cette information est seulement mentionnée dans le Figaro.
Le traitement de l’information israélo-palestinienne en France a connu la semaine dernière une accumulation de sujets au traitement insidieux et partisan. Ce n’est pas remettre en cause la liberté d’expression des journalistes que de les exposer aujourd’hui à la critique. C’est seulement rappeler que l’information est un fait dont l’interprétation ne devrait pas dépendre de l’avis du journaliste, ni du public cible du média qui la diffuse.
Les médias sociaux et traditionnels rendent compte des vifs débats que suscitent la diffusion de reportages polémiques dans les médias français. Le Parisien du week-end évoque ainsi la prochaine rencontre entre l’Ambassadeur Yossi Gal et le Président de France télévisions Rémy Pflimlin suite à la diffusion d’un reportage controversé dans l’émission « Un œil sur la planète »
Un œil sur la planète » qui, selon le porte Parole d’Israel en France, Y. Gamburg, cité par Alain Pirot, constitue « travail de propagande et de désinformation pur et simple ».
Il n’est qu’à voir la 1 ère page Google pour appréhender la force des débats et du dépit de ceux qui refusent avec force que le journaliste se transforme en partisan, voir en militant. Dernier exemple en date, Benjamin Barthe du Monde, lors de l’émission « Internationales » sur TV5 dimanche 9 octobre. Non seulement celui-ci empêche les invités de s’exprimer mais assène des contre vérités. Emission en présence de Leila Shahid et du numéro deux de l’ambassade d’Israel en France, Sammy Ravel.
A Noter aussi. Le sketch des Guignols diffusé sur Canal plus le mercredi 5 octobre, commentant l’attribution du prix Nobel de chimie à l’Israëlien Daniel Shechtman suscite aussi interrogations et colère dans les médias sociaux et les commentaires des forums des sites d’informations : verbatim « voyons l’expérience qui lui a valu ce prix : Et sa marionnette de dire : « j’ai réussi à faire entrer la Palestine dans ce sac poubelle »
Les sujets non traités dans les médias français
Profanations. Arrestation d’un second suspect par la police israélienne. Le premier suspect serait un étudiant de Yeshiva, âgé de18 ans, originaire d’Yitzar dans le nord de la Cisjordanie. Il serait sous le coup d’une interdiction de séjour en Cisjordanie, ordonnée par Israël.
Déclarations du Premier ministre Benjamin Netanyahou : « Nous ne tolérerons aucun vandalisme notamment celui qui vise des sensibilités religieuses. Nous agirons avec la plus grande fermeté" contre les responsables de ces profanations »
Reforme sociale. Adoption des propositions Trajtenberg par le gouvernement israélien.
Le cabinet, qui avait bloqué ces propositions la semaine dernière, les a approuvées par 21 voix contre 8. Le ministre de la Défense Ehud Barak a voté contre. Les réformes devant être en partie financées par des coupes dans le budget de la Défense.
David Banoun – Responsable de l’Analyse des Médias